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Pourquoi la suspension de Trump par Twitter n’est pas une atteinte à la liberté d’expression

J’ai vu passer toutes sortes de tweets de la part d’élus français (François Ruffin, Aurore Bergé) affirmant que la suspension permanente du compte de Trump est une atteinte à la liberté d’expression ou/et à la démocratie.

Petit rappel : Twitter est une entreprise PRIVÉE et comme nous vivons dans une société capitaliste aux dernières nouvelles, cela signifie que l’entreprise peut faire ce qu’elle veut une fois que vous violez ses conditions de service. Le fait est : Twitter est libre de faire ce qu’il veut sur sa plateforme et quand il le veut.

PERSONNE ne lui interdit d’utiliser ses droits en tant que citoyen à Trump, mais il doit ACCEPTER les conditions de service qui le lient par un contrat.

Si vous enfreignez les règles d’un contrat, ledit accord nul et non avenu. Le droit à la liberté d’expression est PUBLIQUEMENT protégé, c’est-à-dire par le gouvernement. Donc que des élus radotent dessus vraiment.

Si Trump veut créer son propre site Web et publier des billets ou des vidéos, personne ne va l’arrêter c’est son droit. Cependant sur une plateforme PRIVÉE, c’est soit il suit leurs règles ou c’est le ban.

De plus tout ce blabla autour de Trump qui se fait bannir pour quoi faire. Vous savez combien de gens se font bannir des réseaux sociaux tous les jours ? Depuis 4 ans, il enfreignait allègrement les conditions d’utilisation de Twitter. Son poste de président l’avait protégé jusque là de toute sanction.

De plus, TRUMP A VOULU FAIRE UN COUP DETAT AVEC DES SOUTIENS NEONAZI.

Donc tout ça mis bout à bout, non le monsieur ne s’est pas fait «restreindre» dans sa liberté d’expression. Je ne doute pas que ces potes neonazi vont le retrouver déversant sa haine très bientôt sur sa propre plateforme.

Une histoire de fesses

Comme l’a rappelé une twittas le 1 janvier 2021 (Bonne Année en passant) ça fait une décennie qu’on nous a sorti l’une des plus (grosse) arnaques de la pop culture des années 2000. À savoir : les fesses de Pipa Middleton. Vous savez de quoi je parle. Après ce mariage on a plus parlé des fesses de Pippa Middelton que du couple royal lui-même.

Vous devez vous dire : c’est quoi cette histoire de fessier encore ? Si vous restez jusqu’au bout, vous allez comprendre où je veux en venir.

Cette arnaque du cul, il a aussi connu un boom avec des trendsetter pas comme les autres. Je déteste même l’idée de l’écrire parce que ce sont des cultures vulture, elles piochent allègrement dans la culture afro-américaine pour nourrir leurs tendances. Mais c’est ce qu’elles sont des trendsetter.

Vous savez ça m’énerve assez de les voir lancer des «tendances» comme avoir un gros cul et des lèvres pleines. Parce que justement les femmes Noires ont dû dès le début du commerce triangulaire avoir honte de leurs fessiers. Du moins les femmes Noires qui sont soumises au regard blanc.

Les femmes Noires n’ont certes pas inventé d’avoir un gros cul, mais c’est quelque chose qui nous a toujours été associé.

C’est un fait , les Blancs du XXe siècle avaient cette phobie imaginaire de la «grosse femme noire». Tout était bon pour dégrader le corps noir et discipliner les grosses femmes blanches, c’est resté dans l’imaginaire.

Tout ça pour dire : LA BEAUTÉ EST UNE CONSTRUCTION SOCIALE.

Les normes de beauté changent constamment et maintenant la roue tourne tourne. Les femmes Blanches des années 2020 n’ont qu’un rêve : avoir un fessier rebondi.

Si vous êtes assez vieux, vous vous souvenez que les femmes blanches étaient en fait terrifiées par l’idée d’avoir des fesses.

Maintenant on se retrouve avec des articles à la gloire de Kim Kardashian dévoilant enfin le secret de ses grosses fesses.

Y a même pas 10 ans on se retrouvait avec des dialogues dans les séries comme Degrassi à base de « oui ça rend mes fesses trop grosses là, faut cacher ça ».

Maintenant les Blanches qui ont un gros cul sont placées sur un piédestal tandis que les Noires sont encore très fétichisées.

Je me souviens de chaque film ou émission de télévision que j’ai vu en grandissant lorsqu’une femme Blanche disait avec terreur: « Est-ce que ce jeans me fait paraître gros? »

Vous vous souvenez tous de la scène de Mean Girls où Regina s’était énervée parce qu’on lui a dit qu’elle avait un gros cul et elle s’est offensée et tout le monde s’est moqué d’elle 🥴

Je me souviens de Queen Latifah dans Body Shop posant la question : « Est-ce que j’ai un gros cul » mais disant merci ou que c’est ce qu’elle cherchait quand la réponse était oui. C’était clairement une réappropration de la façon dont les femmes Noires avaient honte d’avoir de gros culs (qui n’étaient même pas «gros» pour commencer) et maintenant c’est une tendance…

C’était à la même époque que les créoles, les lèvres pulpeuses, les ongles longs, les tresses, les perruques étaient considérés comme ghetto … mais maintenant que les femmes Blanches les utilisent, c’est devenu un courant dominant.

Donc la prochaine fois que vous verrez un article dans les médias vantant les fesses rebondies d’une énième femme Blanche, pensez à l’arnaque que c’est. Des femmes Noires ont été déshumanisées pendant des siècles pour qu’aujourd’hui on vante les fesses en silicone de femmes blanches.

L’arnaque du siècle.

Cette obsession française du racisme mais seulement aux USA

Ça y est ! Biden est élu 46ème président des États-Unis, on sait pas trop encore ce que ça veut dire pour le monde mais on sait qu’on est débarrassé de l’autre et vu le ras-le-bol général on va dire qu’il était temps.

Il y a eu comme tous les quatre ans une grande couverture des élections américaines et c’est normal je vais pas vous faire un cours de géopolitique, je pense que si vous êtes sur ce blog, vous connaissez déjà les enjeux. Déjà juste pour l’Accord de Paris.

Mais un truc qui m’agace dans cette couverture médiatique c’est bien cet intérêt soudain pour le racisme… que quand ça ne concerne pas la France.

Quand on parle du racisme aux USA, bizarrement tout le monde en France reconnaît volontiers que la société américaine a un sérieux problème de racisme structurel. Pourtant quand il s’agit d’évoquer le même problème en France c’est la dissonance cognitive.

C’est Napilicaio qui en parlait le mieux au micro de Kiffe ta race :

« En France, il y a une dissonance cognitive sur ces sujets. Quand tu parles de racisme, la personne en face va te dire ‘Mais t’es malade, on est au pays des lumières !’ mais quelqu’un n’a pas dû payer la facture depuiiiiis. »

Le racisme est toujours dans un ailleurs…très lointain si possible.

Contrairement à ce que veut nous faire croire les médias français la France n’est pas une zone magique où le racisme n’existe pas. Nous avons également nos propres cas de violences policières, qui comme aux Usa touchent dans sa grande majorité des personnes racisées. Ces violences policières sont le fruit d’un système où le racisme est institutionnel, puisque la France est l’un des pays ayant colonisé et esclavagisé le plus dans le monde. Les seuls qui peuvent battre le pays des lumières c’est l’Angleterre et l’Espagne.

À l’heure où une proposition de loi « sécurité globale » veut bientôt interdire de filmer les policiers, ça ne vous rappelle rien ce genre de lois ?

Il devient donc vital d’arrêter de pointer les États-Unis quand on a déjà beaucoup à gérer en France.

L’histoire oubliée des noirs américains dans la culture biker

Mon mari est passionné de motos, ce qui nous a amené à prendre le bouquet Automoto pour faire passer le temps pendant le confinement partie II.

Nous avons regardé le documentaire Choppers, let’s ride qui est assez instructif. L’on apprend ainsi l’histoire oubliée de deux hommes noirs en pleine ségrégation aux USA. Pourtant si vous écrivez chopper, biker, moto aujourd’hui sur Google, devinez ce qui remonte en premier dans les choix désormais.

le documentaire Choppers, let’s ride. Et figurez-vous que comme d’habitude il y a toujours un Noir caché derrière l’histoire qui a inventé tout un mouvement. Pourtant si on écrit chopper aujourd’hui sur Google, devinez ce qui remonte en premier dans les choix désormais. Le chopper qui représente pour beaucoup de bikers le summum de la liberté à cause de la position de conduite où tu ne fais qu’un avec la moto a été inventé par un homme Noir. Pas étonnant quand on apprend dans le documentaire que le chopper : « C’était l’équivalent culturel du jazz, de l’expressionnisme abstrait et du rock & roll. C’était la quintessence de l’expression culturelle américaine. »

Aujourd’hui, les constructeurs de moto sont plutôt des entreprises blanches.

Il y a eu quelques groupes de filles blanches, une flopée de mecs blancs et un seul mec noir qui sont intervenus tout au long du docu qui nous fait comprendre que dans la pop culture, l’homme blanc cis domine la culture biker ! Comme d’habitude, par l’intervention d’un homme noir, Will Thomas III , producteur et propriétaire du trico store, qu’on apprendra enfin le nom de l’homme noir qui a été à l’origine de tout ça : Ben Hardy.

Benjamin F. Hardy était un constructeur de motos sur mesure afro-américain qui a fait les choppers Captain America et Billy pour le film de Peter Fonda Easy Rider de 1969.

Easy rider : le film

C’est l’une des motos les plus emblématiques jamais construites, qui a capturé l’esprit d’une génération et est devenu un symbole d’anti-conformisme .

En collaboration avec un autre constructeur de motos noir lui aussi nommé Cliff Vaughs, Hardy a construit deux motos Billy et trois Captain Americas, dont l’une a été détruite dans le tournage du film, le reste ayant été volé. Le Billy était typique des motos personnalisées que les motards noirs conduisaient à l’époque.

Cliff Vaughs à gauche, Ben Hardy à droite

Parlons de Cliff Vaughs parce que son histoire est merveilleuse ! Membre du comité de coordination non violent des étudiants, un black Panther donc qui a parcouru toute l’Amérique à moto pour rencontrer des motards noirs et les photographier. C’est lui qui a le mieux vécu l’expérience du biker qui de nos jours marque la pop culture. Il a traversé de Los Angeles à l’Alabama en 1963, en pleine période de tensions raciales seul avec son chopper. On apprendra pendant le documentaire qu’il se faisait tirer dessus par des groupes de blancs parce que « fucking hell » il est un noir sur une moto. Peut-on faire mieux en terme de représentation de la liberté ? Ce mec était un pionnier et une légende.

De nos jours, la seule mention de POC dans la culture biker c’est la marque Indian qui est ce que le capitalisme a fait de pire en terme d’appropriation culturelle.

L’emblème des moto Indian

Ça a pris 35 ans pour que Peter Fonda reconnaisse le rôle de Cliff dans son film qui a changé la culture du biker. Alors la prochaine fois que vous verrez une moto dans la pop culture, pensez à Benjamin F. Hardy et Cliff Vaughs.

Patriarcat internalisé : le cas Maïwenn

Est-ce qu’on peut en toute conscience en vouloir à Maiwenn d’avoir complètement internalisé le patriarcat et les pratiques éphébophiles de la société française ? C’est la question que je me pose depuis que j’ai lu son interview du 22 octobre 2020 dans Paris Match. Pour celleux qui n’ont pas suivi, en voilà un extrait :

Polanski a reçu un prix pour un film formidable, où est le problème? (…) Adèle Haenel doit avoir un gros bobo quelque part, pour être partie comme elle l’a fait. Le politiquement correct dans ce milieu exige de se déclarer pour elle. Eh bien moi je ne le suis pas..

Pour moi c’est typiquement un exemple de conditionnement social. Et c’est toujours les gens qui sont les plus grandes victimes du patriarcat qui vont succomber par réflexe à ce conditionnement.

À 15 ans Maiwenn épousait Luc Besson, un an plus tard elle a eu un enfant, à 16 ans. Si on prend tout ceci en compte, les pratiques ephebophiles représentent sa norme, c’est même ce qui l’a construit en tant que femme. Et personne n’a rien trouvé à redire à l’époque. Personne ne l’a protégé.

Par contre qu’elle ne puisse comprendre qu’Adèle Haenel a subi des attouchements de la part de Christophe Ruggia entre ses 12 et 15 ans. Parler de « bobo quelque part » quand il y’a eu tellement plus c’est d’une violence. Ne pas comprendre qu’il est donc logique qu’elle ne supporte pas de voir un pédophile récompensé. Qu’elle ne comprenne pas ça c’est une tout autre histoire.

Voyez-vous on a souvent deux réactions face au patriarcat. Celle Adèle Haenel ou de Maiwenn. Dans le cas de Maiwenn, elle a subi ce qui s’apparente clairement à un grooming, sa réaction est donc tout à fait…logique. Quelqu’un va donc enfin m’expliquer pourquoi on fait tous les choqués devant ses propos ?

Tu m’étonnes qu’elle est du côté de Polanski. Si c’était elle à la place de Samantha Geimer à 13 ans, elle aurait probablement épousé Polanski.

Tout ce qui ne va pas avec la couv de Télérama avec Lous & The Yakuza

Vous le savez déjà, mon blog sert à déconstruire la Pop Culture donc ce que je vais vous faire, c’est une critique de la couverture no 3693 de Télérama. Cela ne veut pas dire que je critique l’artiste. Merci de saisir la nuance !

Je vous vois déjà marmonner : « Qu’est-ce qui ne va pas avec cette couv, des années que tu nous bassine pour avoir une couverture en France avec une femme Noire et ça ne va toujours pas . »

La fameuse Couv

Et bah non ça ne va pas. Déjà c’est intéressant de souligner qu’une artiste afro-belge a plus de chance de décrocher une couv en France qu’une artiste afro-française. Oui je pense sincèrement à une Aya Nakamura mais on va pas se mentir elle n’est pas du genre de la maison. Une Aya qui est française ne va jamais intéresser les médias français dans tous les cas. Depuis Joséphine Baker, on nous a habitué à ça. Iels préfèrent donner de la force aux Noir.e.s qui ne sont pas français.e.s. Va savoir pourquoi (moi je dis des bails de colon).

Détrompez-vous, je suis contente pour Lous qu’elle puisse profiter de cette opportunité pour atteindre un plus grand public. La Sis a du talent donc il faut qu’elle soit reconnue pour. Mais le titre déjà nous perd. On a droit à un fade :

Lous and The Yakuza. Et en plus petit caractère (Meryl, Bonnie Banane,Tessae, Tessa B.) L’heure est aux rappeuses.

Déjà Meryl vient d’être nominée aux BET de cette année, elle mériterait une couv à elle toute seule si l’on veut vraiment parler de rap. Mais bon elle est une Noire de France qui rappe vraiment donc pas droit à la couv, en plus elle parle peut-être un peu trop de sujets qui fâchent.

La rappeuse Meryl

Ensuite l’une des premières choses que j’ai apprise sur Lous and The Yakuza puisque je suis en vrai une grande fan c’est que son nom Lous bah c’est juste soul à l’envers. Puis ces journalistes ont-iels eu l’opus ? Parce que Gore son premier album qui vient de sortir, c’est du rnb si vous voulez, un peu de soul et beaucoup de pop. Mais du rap ? Première fois que je la vois sur une étiquette de rappeuse.

Mais bon j’imagine que son aestethic a plu et qu’iels ont voulu faire un gros melting pot.

Si les deux premières sont des femmes Noires. Disons les choses les trois autres noms dans la liste sont des femmes Blanches qui font juste de l’appropriation culturelle.

Tout ceci traduit de l’importance d’avoir des journalistes Noires dans votre rédaction @ Télérama.

Parce que la photo également ça ne va pas DU TOUT comme si cela ne suffisait pas. Je suis désolé mais la lumière est un désastre. J’aime le style de Lous & The Yakuza et j’ai déjà vu des photos magnifiques d’elle donc je peux vous assurer qu’il y’a un truc qui cloche avec la luminosité de cette photo.

Voyez par vous-même pour la luminosité.

Donc Télérama pour cette couverture si je devais noter à l’américaine, je vous donnerai un E pour Effort.

Repose en paix Chadwick Boseman

Il y a de ses nouvelles que l’on refuse de digérer. Chadwick Boseman que le public connaît surtout pour son rôle de Black Panther (Marvel) est mort. La nouvelle a été annoncé par AFP à 4 : 07 ce matin.

« Chadwick Boseman meurt à 43 ans après 4 ans de lutte contre le cancer du côlon, a déclaré un représentant à AP. »

Étant moi-même malade, j’ai un syndrome de Sezary catégorisé comme un lymphome, je sais très bien ce que c’est de devoir cacher sa maladie aux yeux du monde. J’en parle un peu ici.

Quand j’ai abordé le sujet sur mon compte Twitter devant le malaise des gens j’ai préféré créer un autre compte pour parler juste de maladie. C’est à ce point que notre société ne veut pas parler de maladie au fait. Sur l’autre compte je suis suivi que par des malades et des amies proches.

Être malade, surtout avoir un cancer est une faiblesse qu’il faut cacher. Au début IRL également j’en parlais tout le temps mais face à la gêne des gens j’ai dû le cacher.

Et à Hollywood qui est une industrie tout dans le paraître cette règle de cacher ce qui nous ronge est puissance 1000. Vous avez remarqué les annonces de mort ou l’on apprend que notre star, réalisatrice préférée était malade depuis des années. Croyez-moi surtout depuis que je suis malade je le remarque tout le temps. C’est le risque de ne pas avoir de boulot qui les pousse au silence.

Comme le souligne Muruka sur Twitter :

Quelle société de merde quand même où on doit tout supporter en silence, cacher nos handicaps. S’il avait été ouvert au sujet de sa maladie, il n’aurait pas été en mesure de jouer ce rôle de Black Panther et cette vérité me brise le cœur. Chadwick Boseman a souffert en silence. Qu’il repose en paix

R.I.P 💖

La Kpop et l’appropriation culturelle

À la question « pourquoi les groupes de kpop finissent toujours par s’engager sur le chemin l’appropriation culturelle ? » la réponse est simple : parce que… (roulement de tambours) Iels s’en foutent de piller d’autres cultures.

Si vous êtes fan de Kpop et que vous ne voulez pas déconstruire votre vision de ce genre, passez votre chemin. Car ce que j’ai à dire est pénible à entendre pour les stans.

L’industrie de la Kpop s’en fout de faire de l’appropriation culturelle puisque… les groupes de kpop font volontairement semblant d’être ignorant en la matière, soyez certain que ce n’est pas une erreur de leur part. Pour les avoir vu se faire call out à chaque fois puis s’excuser mollement (parfois), on peut dire que le manque de considération est flagrant.

Ce qu’il y’a d’insidieux avec l’appropriation culturelle c’est qu’on va toujours te riposter que c’est par amour de la dite culture qu’on s’approprie, donc ce n’est rien de bien méchant. Sauf qu’au final on se retrouve dans le cas de la Kpop avec des groupes occupés à se faire de l’argent sur le dos d’autres cultures (afro américaine, desi, hawaïenne ) en mimant ce qui les amuse.

Il faut dire que se grimer régulièrement à coup de blackface et brownface c’est quand même le comble du mépris quand cela vient de gens qui sont de base à fond dans le whitewashing. La culture coréenne est réputée pour son utilisation des produits blanchissants. Pour être beau/belle il faut avoir la peau blanche.

Analysons maintenant le rapport de la Kpop à la danse, la plupart de leurs chorégraphies s’inspire en règle générale du breakdance sans jamais rendre hommage aux créateurs de cette danse ni même les mentionner à aucun moment.

À les voir se l’approprier on pourrait croire que la pop coréenne a inventé le breakdance. Sans jamais donner aucun crédit aux Noir.es qui l’ont rendu populaire.

Maintenant en ce qui concerne les fans : certain.es stans de Kpop sont négrophobe et iels ont toujours quelque chose à dire quand leurs favoris s’approprient d’autres cultures.

J’ai donc peu d’espoir d’une quelconque évolution dans cette industrie. Aujourd’hui la Kpop est devenue tellement incontournable et leur emprise grandissante ne change rien au fait qu’iels continuent à piller la danse, les tenues vestimentaires, les coiffures, ou encore mimer et se moquer d’autres cultures.

Bref iels veulent juste continuer à se déguiser en Noir.e le temps d’une chanson quoi.

Clap de fin pour le Cinéma ?

Un exploitant ciné a détruit à coups de batte un matériel promotionnel pour Mulan suite à l’annonce de Disney de le sortir directement sur Disney+. C’est dans ce contexte que j’écris cet article. Je suis avec intérêt ce qui se passe avec Mulan. Je m’interroge sur Twitter, est-ce le début de la fin du cinéma ? En tout cas tel qu’on le connaît maintenant.

Personnellement je ne suis pas en train de pleurer sur « la mort » du cinéma. Les changements font partie de la vie.

Il y’a plein de choses qui ne vont pas me manquer de toute façon. Netflix avait déjà révolutionné notre vision du cinéma. Exit les punaises de lit, les pop corn beaucoup trop cher et devoir se taper des gens malpolis (parfois). Ça ne veut pas dire que je n’en garderais pas de bons souvenirs.

Avec mon mari, nos premières sorties étaient Drive/cinéma. On était jeunes (19 ans) et on en a dépensé des sous parfois pour des films qui n’en valaient pas la peine.

Lorsque l’expression Netflix & Chill a été inventé c’est là que je me suis rendu compte du changement qui s’opérait. Les sorties au cinéma ont été remplacé par son canapé et la possibilité de se câliner sans déranger personne. On est d’ailleurs de fervents partisans de Netflix and chill. Mon mari étant un chef de cuisine, je vous assure que le pop corn est meilleur chez moi. Il en fait un à tomber par terre avec du caramel et de la cannelle.

Tout ça pour dire, maintenant on a Netflix, Hulu, Prime, Disney+ et bien d’autres. Et une pandémie est également passée par là.

Le monde change et il s’agirait de ne pas se morfondre mais plutôt se réjouir que les films soient désormais plus accessible à un plus grand nombre de gens. Même s’il y a encore un problème de prix avec les plateformes de streaming. (mais ce sera peut-être le sujet d’un autre article).

Mulan sera par exemple disponible au prix de 29,99$ ce qui me semble bien parti pour faire un bide. Il faudra voir ce que va donner ce système mais avec des prix abordables pour tous.

Disney be like

Car que l’on veuille se l’avouer ou non, c’était quand même un privilège d’aller au cinéma.

Est-ce que Black signifie vraiment King ?

J’ai vu Black is King de Beyoncé et visuellement elle a encore une fois fait le taff.

Elle ne nous a pas laissé tomber et le sens artistique est là, les sons qu’on connaissait déjà et qu’on peut donc chanter à tue-tête , les collaborations triées sur le volet, les costumes.

Je sais que je suis faible de succomber à cette vision rêvée et afro-americano centrée de l’Afrique mais on a tellement peu d’œuvres capable d’avoir ce genre d’impact. Certaines sur Twitter appellent ce genre « la wakandification de la pop culture africaine». Vous savez penser qu’on est tous et toutes (nous les Afro-descendant.es de lignée royale.

La blogueuse @Clumsy_Mummy rappelle d’ailleurs sur Twitter :

« chez les Soninkes tout le monde n’est pas roi ou reine ni chef de village … d’où les tensions dernièrement entre les castes des esclaves et les nobles.»

Dans mon pays d’origine (Haïti) on a également cette mentalité « Royale». Beaucoup de généraux disaient descendre de prince, royauté. C’est le cas de Toussaint Louverture qui est pour nous un Prince. Je ne sais toujours pas si on avait la preuve qu’il l’était vraiment… On raconte, au sujet de ses origines, qu’il aurait été le fils de Gahou Deguénon, un prince africain d’Allada (actuel Bénin). Cette rumeur circulait de son vivant et je pense qu’il n’a rien fait pour le démentir car on en avait besoin justement.

Peut-être que c’est normal qu’on veuille à tout prix être d’ascendance royale. On est juste toujours coincé dans cette phase où on est tellement pas traité comme des êtres humains depuis des siècles qu’on cherche à tout prix à se grandir. Et c’est ainsi qu’on se retrouve avec la réthorique Black is King de Beyoncé.

Pour bien appuyer ses dires, Beyoncé nous sort un film hauts en couleur et fort en symboles.

Brown skin girls est mon préféré 🤎
Oui le majordome est blanc et vous allez rien faire.

Mention spéciale pour tous les servants qui sont blancs. (Ce sont les seuls blancs dans le film.) J’ai éclaté de rire parce qu’elle est petty Bey il fallait le faire.

Celleux qui l’accusent de suprématie Noire et ne sont pas capable de voir que :

1. C’est de l’art ça sert également à faire passer des messages. Dans le cas présent le Noir étant le roi, le Blanc qui nous a esclavagisé nous sert. Oui on exprime notre rage à travers l’art : breaking news.

2. Qu’on vit dans une société tellement inégalitaire que ça n’arrivera jamais.

Je ne peux rien pour vous si vous êtes pas réceptifs chacun son truc, ainsi le monde est fait.

Concernant la production du film en lui même, d’un côté je suis un peu déçue que toutes ces jolies images soient la propriété de Disney mais en même temps c’est un peu hypocrite de ma part vu que je n’ai jamais été intéressée par Tidal. Donc who am I kidding ?

Pour conclure, non on est pas tous/toutes des fils/filles de Roi mais vous savez quoi ça change du trauma porn qu’on nous sert d’habitude. Mais y’a pas à dire Beyoncé elle est la Queen de la Pop Culture et elle nous le prouve encore une fois avec Black is King