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Tout ce qui ne va pas avec la couv de Télérama avec Lous & The Yakuza

Vous le savez déjà, mon blog sert à déconstruire la Pop Culture donc ce que je vais vous faire, c’est une critique de la couverture no 3693 de Télérama. Cela ne veut pas dire que je critique l’artiste. Merci de saisir la nuance !

Je vous vois déjà marmonner : « Qu’est-ce qui ne va pas avec cette couv, des années que tu nous bassine pour avoir une couverture en France avec une femme Noire et ça ne va toujours pas . »

La fameuse Couv

Et bah non ça ne va pas. Déjà c’est intéressant de souligner qu’une artiste afro-belge a plus de chance de décrocher une couv en France qu’une artiste afro-française. Oui je pense sincèrement à une Aya Nakamura mais on va pas se mentir elle n’est pas du genre de la maison. Une Aya qui est française ne va jamais intéresser les médias français dans tous les cas. Depuis Joséphine Baker, on nous a habitué à ça. Iels préfèrent donner de la force aux Noir.e.s qui ne sont pas français.e.s. Va savoir pourquoi (moi je dis des bails de colon).

Détrompez-vous, je suis contente pour Lous qu’elle puisse profiter de cette opportunité pour atteindre un plus grand public. La Sis a du talent donc il faut qu’elle soit reconnue pour. Mais le titre déjà nous perd. On a droit à un fade :

Lous and The Yakuza. Et en plus petit caractère (Meryl, Bonnie Banane,Tessae, Tessa B.) L’heure est aux rappeuses.

Déjà Meryl vient d’être nominée aux BET de cette année, elle mériterait une couv à elle toute seule si l’on veut vraiment parler de rap. Mais bon elle est une Noire de France qui rappe vraiment donc pas droit à la couv, en plus elle parle peut-être un peu trop de sujets qui fâchent.

La rappeuse Meryl

Ensuite l’une des premières choses que j’ai apprise sur Lous and The Yakuza puisque je suis en vrai une grande fan c’est que son nom Lous bah c’est juste soul à l’envers. Puis ces journalistes ont-iels eu l’opus ? Parce que Gore son premier album qui vient de sortir, c’est du rnb si vous voulez, un peu de soul et beaucoup de pop. Mais du rap ? Première fois que je la vois sur une étiquette de rappeuse.

Mais bon j’imagine que son aestethic a plu et qu’iels ont voulu faire un gros melting pot.

Si les deux premières sont des femmes Noires. Disons les choses les trois autres noms dans la liste sont des femmes Blanches qui font juste de l’appropriation culturelle.

Tout ceci traduit de l’importance d’avoir des journalistes Noires dans votre rédaction @ Télérama.

Parce que la photo également ça ne va pas DU TOUT comme si cela ne suffisait pas. Je suis désolé mais la lumière est un désastre. J’aime le style de Lous & The Yakuza et j’ai déjà vu des photos magnifiques d’elle donc je peux vous assurer qu’il y’a un truc qui cloche avec la luminosité de cette photo.

Voyez par vous-même pour la luminosité.

Donc Télérama pour cette couverture si je devais noter à l’américaine, je vous donnerai un E pour Effort.

Repose en paix Chadwick Boseman

Il y a de ses nouvelles que l’on refuse de digérer. Chadwick Boseman que le public connaît surtout pour son rôle de Black Panther (Marvel) est mort. La nouvelle a été annoncé par AFP à 4 : 07 ce matin.

« Chadwick Boseman meurt à 43 ans après 4 ans de lutte contre le cancer du côlon, a déclaré un représentant à AP. »

Étant moi-même malade, j’ai un syndrome de Sezary catégorisé comme un lymphome, je sais très bien ce que c’est de devoir cacher sa maladie aux yeux du monde. J’en parle un peu ici.

Quand j’ai abordé le sujet sur mon compte Twitter devant le malaise des gens j’ai préféré créer un autre compte pour parler juste de maladie. C’est à ce point que notre société ne veut pas parler de maladie au fait. Sur l’autre compte je suis suivi que par des malades et des amies proches.

Être malade, surtout avoir un cancer est une faiblesse qu’il faut cacher. Au début IRL également j’en parlais tout le temps mais face à la gêne des gens j’ai dû le cacher.

Et à Hollywood qui est une industrie tout dans le paraître cette règle de cacher ce qui nous ronge est puissance 1000. Vous avez remarqué les annonces de mort ou l’on apprend que notre star, réalisatrice préférée était malade depuis des années. Croyez-moi surtout depuis que je suis malade je le remarque tout le temps. C’est le risque de ne pas avoir de boulot qui les pousse au silence.

Comme le souligne Muruka sur Twitter :

Quelle société de merde quand même où on doit tout supporter en silence, cacher nos handicaps. S’il avait été ouvert au sujet de sa maladie, il n’aurait pas été en mesure de jouer ce rôle de Black Panther et cette vérité me brise le cœur. Chadwick Boseman a souffert en silence. Qu’il repose en paix

R.I.P 💖

La Kpop et l’appropriation culturelle

À la question « pourquoi les groupes de kpop finissent toujours par s’engager sur le chemin l’appropriation culturelle ? » la réponse est simple : parce que… (roulement de tambours) Iels s’en foutent de piller d’autres cultures.

Si vous êtes fan de Kpop et que vous ne voulez pas déconstruire votre vision de ce genre, passez votre chemin. Car ce que j’ai à dire est pénible à entendre pour les stans.

L’industrie de la Kpop s’en fout de faire de l’appropriation culturelle puisque… les groupes de kpop font volontairement semblant d’être ignorant en la matière, soyez certain que ce n’est pas une erreur de leur part. Pour les avoir vu se faire call out à chaque fois puis s’excuser mollement (parfois), on peut dire que le manque de considération est flagrant.

Ce qu’il y’a d’insidieux avec l’appropriation culturelle c’est qu’on va toujours te riposter que c’est par amour de la dite culture qu’on s’approprie, donc ce n’est rien de bien méchant. Sauf qu’au final on se retrouve dans le cas de la Kpop avec des groupes occupés à se faire de l’argent sur le dos d’autres cultures (afro américaine, desi, hawaïenne ) en mimant ce qui les amuse.

Il faut dire que se grimer régulièrement à coup de blackface et brownface c’est quand même le comble du mépris quand cela vient de gens qui sont de base à fond dans le whitewashing. La culture coréenne est réputée pour son utilisation des produits blanchissants. Pour être beau/belle il faut avoir la peau blanche.

Analysons maintenant le rapport de la Kpop à la danse, la plupart de leurs chorégraphies s’inspire en règle générale du breakdance sans jamais rendre hommage aux créateurs de cette danse ni même les mentionner à aucun moment.

À les voir se l’approprier on pourrait croire que la pop coréenne a inventé le breakdance. Sans jamais donner aucun crédit aux Noir.es qui l’ont rendu populaire.

Maintenant en ce qui concerne les fans : certain.es stans de Kpop sont négrophobe et iels ont toujours quelque chose à dire quand leurs favoris s’approprient d’autres cultures.

J’ai donc peu d’espoir d’une quelconque évolution dans cette industrie. Aujourd’hui la Kpop est devenue tellement incontournable et leur emprise grandissante ne change rien au fait qu’iels continuent à piller la danse, les tenues vestimentaires, les coiffures, ou encore mimer et se moquer d’autres cultures.

Bref iels veulent juste continuer à se déguiser en Noir.e le temps d’une chanson quoi.

Clap de fin pour le Cinéma ?

Un exploitant ciné a détruit à coups de batte un matériel promotionnel pour Mulan suite à l’annonce de Disney de le sortir directement sur Disney+. C’est dans ce contexte que j’écris cet article. Je suis avec intérêt ce qui se passe avec Mulan. Je m’interroge sur Twitter, est-ce le début de la fin du cinéma ? En tout cas tel qu’on le connaît maintenant.

Personnellement je ne suis pas en train de pleurer sur « la mort » du cinéma. Les changements font partie de la vie.

Il y’a plein de choses qui ne vont pas me manquer de toute façon. Netflix avait déjà révolutionné notre vision du cinéma. Exit les punaises de lit, les pop corn beaucoup trop cher et devoir se taper des gens malpolis (parfois). Ça ne veut pas dire que je n’en garderais pas de bons souvenirs.

Avec mon mari, nos premières sorties étaient Drive/cinéma. On était jeunes (19 ans) et on en a dépensé des sous parfois pour des films qui n’en valaient pas la peine.

Lorsque l’expression Netflix & Chill a été inventé c’est là que je me suis rendu compte du changement qui s’opérait. Les sorties au cinéma ont été remplacé par son canapé et la possibilité de se câliner sans déranger personne. On est d’ailleurs de fervents partisans de Netflix and chill. Mon mari étant un chef de cuisine, je vous assure que le pop corn est meilleur chez moi. Il en fait un à tomber par terre avec du caramel et de la cannelle.

Tout ça pour dire, maintenant on a Netflix, Hulu, Prime, Disney+ et bien d’autres. Et une pandémie est également passée par là.

Le monde change et il s’agirait de ne pas se morfondre mais plutôt se réjouir que les films soient désormais plus accessible à un plus grand nombre de gens. Même s’il y a encore un problème de prix avec les plateformes de streaming. (mais ce sera peut-être le sujet d’un autre article).

Mulan sera par exemple disponible au prix de 29,99$ ce qui me semble bien parti pour faire un bide. Il faudra voir ce que va donner ce système mais avec des prix abordables pour tous.

Disney be like

Car que l’on veuille se l’avouer ou non, c’était quand même un privilège d’aller au cinéma.

Est-ce que Black signifie vraiment King ?

J’ai vu Black is King de Beyoncé et visuellement elle a encore une fois fait le taff.

Elle ne nous a pas laissé tomber et le sens artistique est là, les sons qu’on connaissait déjà et qu’on peut donc chanter à tue-tête , les collaborations triées sur le volet, les costumes.

Je sais que je suis faible de succomber à cette vision rêvée et afro-americano centrée de l’Afrique mais on a tellement peu d’œuvres capable d’avoir ce genre d’impact. Certaines sur Twitter appellent ce genre « la wakandification de la pop culture africaine». Vous savez penser qu’on est tous et toutes (nous les Afro-descendant.es de lignée royale.

La blogueuse @Clumsy_Mummy rappelle d’ailleurs sur Twitter :

« chez les Soninkes tout le monde n’est pas roi ou reine ni chef de village … d’où les tensions dernièrement entre les castes des esclaves et les nobles.»

Dans mon pays d’origine (Haïti) on a également cette mentalité « Royale». Beaucoup de généraux disaient descendre de prince, royauté. C’est le cas de Toussaint Louverture qui est pour nous un Prince. Je ne sais toujours pas si on avait la preuve qu’il l’était vraiment… On raconte, au sujet de ses origines, qu’il aurait été le fils de Gahou Deguénon, un prince africain d’Allada (actuel Bénin). Cette rumeur circulait de son vivant et je pense qu’il n’a rien fait pour le démentir car on en avait besoin justement.

Peut-être que c’est normal qu’on veuille à tout prix être d’ascendance royale. On est juste toujours coincé dans cette phase où on est tellement pas traité comme des êtres humains depuis des siècles qu’on cherche à tout prix à se grandir. Et c’est ainsi qu’on se retrouve avec la réthorique Black is King de Beyoncé.

Pour bien appuyer ses dires, Beyoncé nous sort un film hauts en couleur et fort en symboles.

Brown skin girls est mon préféré 🤎
Oui le majordome est blanc et vous allez rien faire.

Mention spéciale pour tous les servants qui sont blancs. (Ce sont les seuls blancs dans le film.) J’ai éclaté de rire parce qu’elle est petty Bey il fallait le faire.

Celleux qui l’accusent de suprématie Noire et ne sont pas capable de voir que :

1. C’est de l’art ça sert également à faire passer des messages. Dans le cas présent le Noir étant le roi, le Blanc qui nous a esclavagisé nous sert. Oui on exprime notre rage à travers l’art : breaking news.

2. Qu’on vit dans une société tellement inégalitaire que ça n’arrivera jamais.

Je ne peux rien pour vous si vous êtes pas réceptifs chacun son truc, ainsi le monde est fait.

Concernant la production du film en lui même, d’un côté je suis un peu déçue que toutes ces jolies images soient la propriété de Disney mais en même temps c’est un peu hypocrite de ma part vu que je n’ai jamais été intéressée par Tidal. Donc who am I kidding ?

Pour conclure, non on est pas tous/toutes des fils/filles de Roi mais vous savez quoi ça change du trauma porn qu’on nous sert d’habitude. Mais y’a pas à dire Beyoncé elle est la Queen de la Pop Culture et elle nous le prouve encore une fois avec Black is King

Tout le monde s’en fout de la douleur des femmes noires : le cas Megan

Vous avez sûrement remarqué que plusieurs médias ont souhaité un bon anniversaire à Tory Lanez. Ça fait seulement deux semaines qu’il a agressé Megan en lui tirant dans les pieds à plusieurs reprises. Si son acte a été minimisée, je vous laisse imaginer ce que cela aurait donné si Tory Lanez avait tiré sur Kylie Jenner dans ses deux pieds, on est sûr à 100% que cette histoire aurait une médiatisation entièrement différente.

Parce que Megan est une femme noire, l’industrie du divertissement et les réseaux sociaux ont tourné la situation en dérision ou sont complètement silencieuses.

Ce traitement méprisant de la souffrance d’une chanteuse noire vient de ce mythe de la femme noire invincible, résistante à la douleur. Pourtant les femmes noires sont comme tout le monde, avec des émotions et ressentant de la douleur.

Sauf qu’en il s’agit de trauma porn, les tribulations et peines des femmes noires sont moquées ouvertement car ce qu’elles ressentent ne comptent pas, tout en bas dans l’échelle de valeur de la vie, elles doivent sauver tout le monde sauf elles-mêmes.

Pour toutes ces raisons, les médias ont laissé tomber cette femme. C’était déjà le cas à l’époque de Malcom X, et c’est toujours à l’ordre du jour. Les femmes noires sont les êtres les moins protégés du monde en général. Leurs larmes sont sujets de meme chez tout le monde, parfois même chez les hommes noirs.

Oui, les médias ont laissé tomber cette femme noire, tout comme la communauté noire, ma communauté en général. Il nous est devenu si courant de faire des blagues sur tout que nous oublions de protéger les femmes noires de la société. Si tout ça arrive à une femme qui avec le hot girl Summer a mis le feu à l’été 2019, imaginez donc ce que vivent les femmes noires grandes invisibles dans une société patriarcale et raciste.

J’ai envie de regarder Glee mais je ne vais pas le faire

J’ai cette envie de regarder Glee qui m’a pris depuis que j’ai su que Naya Rivera avait disparu. Surtout lorsque sa mort a été confirmé et que j’ai su qu’elle avait sauvé la vie de son fils de 4 ans au péril de la sienne. Mais je ne vais pas le faire. Non je ne vais pas regarder Glee.

J’ai tellement envie de revoir son visage. Il faut dire que je suis de la génération qui a grandi avec Naya Rivera. Donc c’est plus fort que moi, je scrute Twitter en étant émue devant le moindre gif, anecdote sur elle. Mais je ne vais quand même pas regarder Glee. Car entre 2009 (année de diffusion du 1er épisode) et aujourd’hui il y a eu : des scandales à foison (racisme et pedophilie) et lot de morts tragiques. Bref regarder même un épisode de Glee me parait insurmontable tant je ressens des émotions contradictoires (nostalgie vs dégoût) rien que d’y penser.

Mais je l’avoue la mort de Naya Rivera est celle qui m’a le plus touché. Elle a aidé toute une génération d’adolescents à embrasser leur sexualité, à apprendre à s’aimer et à se sentir bien dans leur peau. Elle a milité tant par son rôle dans Glee qu’au travers de ses apparitions publiques pour la représentation de la communauté lgbtq + et pour tout cela, elle nous manqueras beaucoup .

Ce petit texte s’adresse donc aux nombreux.ses fans/ ex fans de Glee. Pour vous rappeler qu’il est normal de se sentir bouleversé.e en apprenant sa mort ; votre chagrin est valide. Elle a joué un rôle important dans la vie de tant de gens.

À Naya Rivera peu importe ma confusion, mes sentiments partagés sur Glee ou tes scandales passés, tu vas nous manquer ! 💔

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Cancel culture n’existe pas : la preuve avec le cas JK Rowling

Si vous traînez sur Twitter et que vous êtes fan de la saga Harry Potter vous avez sûrement déjà vu les tweets gênants de sa créatrice JK Rowling.

Ayant toujours un avis sur tout, ce mois-ci JK Rowling s’en prend aux femmes trans en étalant sa vision moyenâgeuse de LA femme.

Extrait de son article de blog

Si on a vu l’émergence d’hastags comme #JKRowlingisoverparty et #CancelJkRowling je suis désolé de vous l’apprendre : cela ne veut rien dire.

La liste des stars qu’Internet a cancel est longue. De R Kelly en passant par 6ix9ine, tous styles confondus on les a cancel. Et même JKR on l’a annulé des centaines de fois.

Mais le fait est qu’elle est toujours millionnaire et qu’en plus on lui offre une jolie plateforme ! Elle se plaint dans une nouvelle tribune d’avoir été blessée pour avoir défendu à ses 14,3 millions de followers sur Twitter que l’existence même des personnes transgenres ne comptent pas. Si ce n’est pas la preuve que Cancel culture n’est pas ce que l’on croit… et qu’il est peut-être temps de prendre du recul.

La culture d’annulation est l’affirmation selon laquelle des personnes au hasard sont impactées simplement pour avoir exprimé leurs opinions. Pourtant, chaque fois que JK Rowling dit quelque chose de transphobe, des milliers de personnes lui apporte leur soutien publiquement et sans conséquences.

Si cancel culture était vraiment aussi efficace, on assisterait à la pauvreté soudaine et complète de JKR.

Hors ce n’est pas le cas. Pas pour une femme cis blanche riche en tout cas. Car être tenu responsable de sa bigoterie ne peut s’ apparenter à « cancel culture », surtout lorsque l’écrivaine conserve carrière et richesse.

Gaslighting du mouvement BLM en France

Tourner au ridicule un mouvement antiraciste en France est monnaie courante. Et BLM n’échappe pas à la règle.

Entre les médias qui veulent nous faire croire que le racisme s’arrête aux frontières des USA et les marques surfant sur la vague #BlackLivesMatter, on est vraiment pas gâté ! On demande que les choses changent et on se retrouve avec du gaslighting à tous les niveaux de la société.

Pourquoi on parle de gaslighting ?

Si vous vous dites « tout de suite les grands mots » sachez que c’est un phénomène assez courant dans notre société.

Là on se retrouve face à une déformation de ce que représente le mouvement Black lives matter. Tout se retrouve faussée afin de nous faire nous noir.es douter de notre perception de l’injustice, de nos convictions.

Oui cela commence à ressembler à du gaslighting quand des grandes sociétés font remettre en question la réalité des événements en fabriquant non seulement des fausses polémiques mais en ridiculisant les Noir.es. À la base l’idée c’était que la police soit tenue pour responsable lorsqu’elle assassine des gens.

Dans les grandes lignes le mouvement BLM s’attaque aux questions suivantes :

Abolition de la police, stop au racisme, #representationsmatter, engagez des Noirs, démanteler le racisme systématique. Et que propose les Blancs ayant le pouvoir de changer les choses en France ?

Au fond qu’une entreprise comme l’Oréal enlève les mots blanchissant et blanche de crèmes qui restent toujours avec des compositions hyper dangereuses pour la peau noire ça nous importe peu.

Car :

1. L’Oréal ne supprime pas les produits blanchissants donc contribue à créer les problèmes engendrés par le blanchiment.

2. La marque en profite pour se faire mousser. « Regardez #BLM on supprime le mot blanc partout ».

Sauf que… personne vous a rien demandé L’Oréal au mieux si la marque voulait vraiment changer les choses, recruter des Noir.es c’est déjà la base.

L’équipe dirigeante de l’Oréal 🤣

On se retrouve également avec des campagnes de communication tellement à côté de la plaque et frôlant l’irrespect. La déshumanisation d’hommes noirs qu’on appelle singe par exemple ne peut avoir comme réponse l’étalage des exploits sportifs.

Mais on le savait déjà que faire une action absurde et performative que personne n’a demandée cela ressemble à une sorte de merde antisociale que pondrait en sale de réunion des hommes blancs en haut de la pyramide pour garder leur statu quo et protéger leurs intérêts.

Eiffel : Illustration du male gaze au service du patriarcat

Avez-vous remarqué ce besoin dans le cinéma d’assoir la domination des hommes en romançant leurs relations avec des femmes à peine sortie de l’adolescence dont ils auraient pu être le père ? Il y’a d’ailleurs cette liste sur Sens Critique sur :

« Tous ces films où les vieux beaux finissent par se faire la jeunette et où la question de la différence d’âge ne se pose (presque) jamais … »

C’est ce à quoi on assiste avec le film Eiffel. Cette production française de Pathé qui a coûté la modique somme de 26 millions d’euros s’intéresse à l’histoire d’amour entre Gustave Eiffel et Adrienne Bourgès.

Sauf que… dans la vrai vie, le couple avait en réalité douze ans d’écart. Les acteurs Emma Mackey et Romain Duris qui interprètent leurs rôles ont vingt-deux ans d’écart soit un rajout de dix ans à l’écran.

Emma Mackey 24 ans, Romain Duris 46 ans.

On peut penser que c’est anodin mais ça ne l’est pas. Si le but était de respecter à la lettre la différence d’âge entre Eiffel et sa conjointe on aurait plutôt eu droit à une actrice trentenaire et non une Emma Mackey âgée de 24 ans face à un Romain Duris quand à lui âgé de 46 ans. Tout ce que cela nous prouve c’est qu’en 2020 on continue à banaliser ce genre de relation sans penser aux conséquences réelles dans un monde régi par le patriarcat.

Car, on est en pleine manifestation du male gaze. Dans ces films souvent dirigés par des hommes, la culture visuelle dominante impose au public d’adopter une perspective d’homme hétérosexuel.

Si maintenant je vous révèle que le film Eiffel est dirigé, réalisé par un homme êtes-vous étonné ?

Après peut-on s’étonner qu’un acteur connu ai commencé à fréquenter sa femme quand celle-ci était âgée d’à peine dix-sept ans.

Après peut-on également s’étonner de voir un pédophile comme Polanski récompensé aux Césars ?

Si on retrouve systématiquement des couples à l’écran avec une forte différence d’âge et toujours dans le même sens il ne faut s’étonner de rien.

Et la team « Romain Duris est trop beau🥺 » en vrai on s’en fout, suivez un peu. C’est bien enrobé mais ce qu’on vous sert avec ce film c’est un fantasme masculin. Bienvenue en patriarcat !

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