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Une histoire de fesses

Comme l’a rappelé une twittas le 1 janvier 2021 (Bonne Année en passant) ça fait une décennie qu’on nous a sorti l’une des plus (grosse) arnaques de la pop culture des années 2000. À savoir : les fesses de Pipa Middleton. Vous savez de quoi je parle. Après ce mariage on a plus parlé des fesses de Pippa Middelton que du couple royal lui-même.

Vous devez vous dire : c’est quoi cette histoire de fessier encore ? Si vous restez jusqu’au bout, vous allez comprendre où je veux en venir.

Cette arnaque du cul, il a aussi connu un boom avec des trendsetter pas comme les autres. Je déteste même l’idée de l’écrire parce que ce sont des cultures vulture, elles piochent allègrement dans la culture afro-américaine pour nourrir leurs tendances. Mais c’est ce qu’elles sont des trendsetter.

Vous savez ça m’énerve assez de les voir lancer des «tendances» comme avoir un gros cul et des lèvres pleines. Parce que justement les femmes Noires ont dû dès le début du commerce triangulaire avoir honte de leurs fessiers. Du moins les femmes Noires qui sont soumises au regard blanc.

Les femmes Noires n’ont certes pas inventé d’avoir un gros cul, mais c’est quelque chose qui nous a toujours été associé.

C’est un fait , les Blancs du XXe siècle avaient cette phobie imaginaire de la «grosse femme noire». Tout était bon pour dégrader le corps noir et discipliner les grosses femmes blanches, c’est resté dans l’imaginaire.

Tout ça pour dire : LA BEAUTÉ EST UNE CONSTRUCTION SOCIALE.

Les normes de beauté changent constamment et maintenant la roue tourne tourne. Les femmes Blanches des années 2020 n’ont qu’un rêve : avoir un fessier rebondi.

Si vous êtes assez vieux, vous vous souvenez que les femmes blanches étaient en fait terrifiées par l’idée d’avoir des fesses.

Maintenant on se retrouve avec des articles à la gloire de Kim Kardashian dévoilant enfin le secret de ses grosses fesses.

Y a même pas 10 ans on se retrouvait avec des dialogues dans les séries comme Degrassi à base de « oui ça rend mes fesses trop grosses là, faut cacher ça ».

Maintenant les Blanches qui ont un gros cul sont placées sur un piédestal tandis que les Noires sont encore très fétichisées.

Je me souviens de chaque film ou émission de télévision que j’ai vu en grandissant lorsqu’une femme Blanche disait avec terreur: « Est-ce que ce jeans me fait paraître gros? »

Vous vous souvenez tous de la scène de Mean Girls où Regina s’était énervée parce qu’on lui a dit qu’elle avait un gros cul et elle s’est offensée et tout le monde s’est moqué d’elle 🥴

Je me souviens de Queen Latifah dans Body Shop posant la question : « Est-ce que j’ai un gros cul » mais disant merci ou que c’est ce qu’elle cherchait quand la réponse était oui. C’était clairement une réappropration de la façon dont les femmes Noires avaient honte d’avoir de gros culs (qui n’étaient même pas «gros» pour commencer) et maintenant c’est une tendance…

C’était à la même époque que les créoles, les lèvres pulpeuses, les ongles longs, les tresses, les perruques étaient considérés comme ghetto … mais maintenant que les femmes Blanches les utilisent, c’est devenu un courant dominant.

Donc la prochaine fois que vous verrez un article dans les médias vantant les fesses rebondies d’une énième femme Blanche, pensez à l’arnaque que c’est. Des femmes Noires ont été déshumanisées pendant des siècles pour qu’aujourd’hui on vante les fesses en silicone de femmes blanches.

L’arnaque du siècle.

Ceci n’est pas une simple histoire de bronzage

La sortie de vidéo Thx U, Next est la raison pour laquelle j’écris ce billet. Il fait suite à un thread Twitter que j’ai fait sur le sujet après avoir visionné le clip.

Le mois dernier, certains internautes ont découvert que des influenceuses blanches se font passer pour noires sur Instagram depuis des années à coup d’auto bronzant et de contouring. Une façon de gagner des like auprès des comptes communautaires noir.e.s et augmenter leurs fans pour attirer les marques.

Dénoncer des jeunes femmes blanches qui modifient leur apparence, pour obtenir un gain financier en utilisant les traits par ailleurs moqués chez les femmes noires, c’est bien. Mais il ne faut surtout pas oublier qui a le plus contribué à faire évoluer le phénomène brownface/blackface.

À savoir : Kylie Jenner, la famille Kardashian, Ariana Grande pour ne citer qu’elles. Des stars qui pèsent beaucoup plus que les influenceuses trop facile pour le coup à condamner.

La meilleure chose à faire dans un monde idéal serait le boycott. Afin d’éviter d’offrir notre soutien et/ou notre argent à des stars qui n’en ont rien à faire de nous et nous utilise pour augmenter leur porte-feuille, Tyga a récemment admis dans un interview avoir conseillé à Kylie de s’approprier la culture noire afin d’augmenter sa popularité, et nous pouvons voir le résultat.

Sur ce sujet, Ariana Grande qui est LE sujet qui fâche avec une fan base qui la défend farouchement à chaque fois qu’on aborde la question. Elle symbolise pourtant tout ce qui ne va pas avec cette nouvelle mode.

Ce n’est pas qu’un simple question de bronzage.

Souvenez d’elle plus jeune. Son style a beaucoup changé depuis ces débuts. En plus du changement de teint, elle porte également des vêtements et des accessoires inspirés par une mode qui prend ses racines directement dans la culture afro-américaine.

Donc non, ce n’est pas qu’une simple histoire de bronzage. Il y’a de nombreux articles dans la presse américaine sur le sujet.

Alors interrogeons nous sur la manière dont les plus grandes figures de la Pop culture continue à s’inspirer directement des POC uniquement à des fins commerciales sans impact positif sur nos communautés.

Kylie Jenner challenge : les lèvres pulpeuses synonymes de beauté pour toutes (sauf les femmes noires)

Être une femme noire, on ne cessera de le dire, c’est avoir sans cesse l’impression de se faire spolier, déposséder de ce que l’on est, de ce que l’on représente surtout physiquement.

On nous voudrait transparentes, qu’on occupe moins de place. Nos cheveux, nos fesses, nos lèvres nous rendent trop visibles, sont moqués, ridiculisés quand beaucoup nous voudrait invisibles.

Et un beau jour, en 2015, on apprend que les lèvres pulpeuses, que l’on nous a donc longtemps appris à haïr en tant que femme noire devient donc un symbole de beauté, prisée par des centaines de jeunes filles pas noires (précision importante pour la suite) qui veulent à tout prix ressembler à leur idole :  Kylie Jenner.

Vous n’êtes surement pas passé à côté du Kylie Jenner Challenge. Challenge qui consiste à se gonfler par un système de succion les lèvres pour avoir une bouche pulpeuse est révélatrice d’un état d’esprit.

Les femmes noires subissent constamment de la société en général un rejet, et l’un des traits dont on devrait avoir honte est bien cette bouche pateuse avec ces lèvres trop grosses, beaucoup trop !

Épaisses sont nos lèvres.

Sauf que voilà, la dernière tendance à la mode est d’avoir une bouche pulpeuse. Le magazine Elle donne même à ces lectrices des conseils « pour rebondir sur cette grande tendance des lèvres pulpeuses, avec zoom sur 5 (bonnes) astuces pour avoir une bouche sexy sans passer par la case bistouri ! »

Pendant ce temps :

La pâtisserie Grasse continue à caricaturer entre autres les lèvres épaisses des négresses oups déesses PARDON

Les négr déesses de la pâtisserie Grasse Les négr déesses de la pâtisserie Grasse

Rappel : les mots sont importants. Et épaisses resteront nos lèvres.

Résultats de Google quand on cherche des images pour lèvres pulpeuses, mot à consonance positive.

Résultat Google lèvre pulpeuse Résultat Google lèvres pulpeuses

Résultats de Google quand on cherche lèvres épaisses, expression à connotation plus négative

Le mot clé lèvres épaisses correspond mieux à la femme noire Le mot clé lèvres épaisses correspond mieux à la femme noire

Je laisse Gazi conclure parce qu’il le fait beaucoup mieux que moi

http://godgazi.tumblr.com/post/113808997756/i-made-this-video-a-while-ago-thought-yall-will

La Presse Française a un vrai problème avec les cheveux crépus.

Quand on découvre trois articles méprisants en moins d’un mois sur les cheveux crépus peut-on se dire sans paranoïa que la Presse Française a tellement intégrée le racisme lié aux afros, la négrophobie qu’elle ne s’en rend plus compte ? Je pense que Oui !

Tout commence avec les dessous de bras de Solange Knowles

Solange coiffé comme un dessous de bras, rien que ça

 

Ceux qui sont noires et abonnées ou adeptes du magazine Public (pas moi) ont eu la mauvaise surprise de découvrir qu’un afro laché serai donc une coiffure de dessous de bras.

Quand on voit comment il est difficile d’accepter le crépu en entreprise, et dans la vie de tous les jours, ce n’est pas une remarque anodine. L’article a provoqué un véritable tollé sur les réseaux sociaux, et la réponse du magazine Public a été… Une bonne couche de mépris, puisque les femmes noires ne méritent pas une réponse, encore moins une excuse.

Pour ne pas changer, c’est encore Public qui a récidivé avec les cheveux de North West. On parle bien de North  l’enfant en bas âge là sur la photo. Chez Public, se foutre des cheveux crépus c’est un sport qui commence tôt. Leur slogan pourrait être : de 2 ans à 30 ans aidons la femme noire à déprécier sa chevelure.

On apprend donc que les gènes de Kim Kardashian d’origine arménienne sont les bonnes : cheveux de rêves. Kayne West  afro-américain lui a les mauvais gênes, cheveux très frisés et North West semble subir les cheveux afros.

Rien que ça. La question que je me pose étant : la rédaction de Public a-t-elle des noires dans son entourage ? Parce que les cheveux de noires ne sont ni des dessous de bras, ni des mauvais gênes. Le point commun des articles est quand même une bêtise cumulée à une méconnaissance du cheveu crépu.

Enfin puisque jamais deux sans trois, c’est au tour de Voici de nous faire part de son avis sur les cheveux crépus.

Pour Voici, une coiffure afro, frise le ridicule (appréciez le jeu de mots, bravo le titrage, il a fallu creuser pour trouver ça)

La coiffure terrifiante, boule à la Jackson Five. Les réferences y sont. Manque plus que la boule disco et on aura fait le tour.

L’utilisation de jeu de mots comme : terrifiant, mauvais, ne ressemble à rien, nous montre de quoi il s’agit. De négrophobie. Les cheveux noirs font peur, sont mauvais. Devrait être caché comme des dessous de bras.

Pour conclure, les magazines people ont un problème avec les cheveux crépus qui peut se résumer à  : Quand on sait pas de quoi on parle, mieux vaut se taire.

L’esclavage c’est so glamour !

La mode, la mode, la mode ! Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai vu passer des accessoires de mode, et des mise en scène de magazines de mode « glamourisant » l’esclavage. C’est simple, la mode n’a aucun scrupule à mettre en scène un pan de l’histoire de l’humain noir tout simplement parce qu’on ne compte pas.

Pour compter il faudrait déjà qu’on soit humanisé tout simplement. Comme pour Brett Bailey qui nous ressert un zoo humain avec l’argument imparable de : c’est de l’art ! On a droit au même refrain pour les photos de mode.

Excusez-moi de ne pas me vouer corps et âme au sacro saint art et Dieu de la mode. Et pour ma part je ne trouve absolument pas subversif d’utiliser le vécu de gens et le faire passer pour de l’art.

Amnaa Aqeel shooting
Amnaa Aqeel shooting

Analysons cette première photo, des motifs rappelant l’Afrique, un garçon portant un sac et courbant la tête, que faut-il de créativité pour imaginer une scène qui a réellement pu se produire ?  Rectification : qui s’est vraiment produit. Loin de moi l’idée de faire un point Goldwin par facilité mais : imaginez-vous la même scène revenant sur les heures les plus sombres de la Seconde Guerre. Non, hein ? Alors, pourquoi il n’y a aucun scrupule à mettre en scène des noirs comme les esclaves que certains ont été ? Ne méritons nous pas un statut d’humain ?

Prenons un second exemple avec ce shooting représentant une femme blanche assise sur une femme noire faisant office de  meuble, vraiment ?

 Buro 24/7,

Le problème des gens défendant ces shooting racistes, c’est de croire qu’on partage le même passé, ce qui n’est pas le cas. Devons-nous reparler, rappeler à chaque fois les siècles d’esclavages ? Du fait qu’on ai pas la même sensibilité ?

Quand je regarde ces photos, je me dis seulement que j’ai eu le privilège d’être née quelques siècles plus tard. Car en tant que descendante d’une nation d’ancien esclaves, je considère que ce n’est pas s’apitoyer sur notre sort que de demander un tant soi peu de considération pour ce que l’Histoire a été !

Mango

A chacun de prendre sa responsabilité. On ne peut pas nous reprocher sans cesse de « faire le jeu des extrémisss » de ce qu’on ne peut plus rien diiiiiire, quand ceux qui sont piétinés à chaque instant reste les mêmes.