Archives pour la catégorie Culture

Little Simz est dans la zone

Dans Grey Area son dernier album Little Simz fait son autocritique et nous parle mysoginie, thérapie et estime de soi.

Si la sortie en 2018 des single Offence et Boss nous ont donné un avant goût de ce qu’elle nous concoctait, on peut dire que Little Simz aka Simbi Ajikawo a encore une fois tapé dans le mille.

Grey area c’est 10 sons dont le premier Offence avec lequel la rappeuse pose tout de suite les bails en mode Nene Leakes

« Isaid it with my chest / and I don’t care who I offend”

S’ensuit Boss où elle donne un nouveau sens au mot

« I’m a boss in a fucking dress »

L’un de mes coups de cœur est vraiment Venom où Little Simz s’attaque aux misogynes qui sont légion dans le milieu du rap.

« They would never want to admit that I’m the best from the mere fact that I’ve got ovaries,”Pussy you sour/Never giving credit where it’s due ’cause you don’t like pussy in power/venom.”

L’un des morceaux les plus intéressants pour moi reste Theraphist car ce n’est pas tous les jours qu’on entend une jeune rappeuse noire nous parler de son rapport à la thérapie. À fleur de peau, Little Simz avoue :

« I don’t even know why I invest in the time comin’ to therapy

There’s nothin’ you can tell me that will help me

I do not believe that you’ve got it all figured out »

Pour les crédits de l’album, la plupart des sons sont crédités sous son nom : rafraîchissant ! Et pour celleux qui découvrent Little Simz, la rappeuse londonienne de 25 ans est considérée comme l’une des espoirs de la scène hip-hop britannique. Vous savez donc quel album écouter cette semaine 😉

Karl Lagerfeld était raciste, grossophobe et sexiste : deal with it

Avant de pleurer la mort de Karl Lagarfeld surtout si vous faites partie d’une quelconque minorité, sachez qu’il n’aimait probablement pas ce que vous représentez.

Il se passe en ce moment un truc merveilleux grâce aux réseaux sociaux, le boycott de Gucci et autres marques de mode par des célébrités entre autres pour cause de racisme et blackface. Ce n’est pas une surprise que le milieu de la mode est l’un des plus excluants qui soit, faisant régulièrement la une pour son lot d’attaques racistes, sexistes, grossophobes ou homophobes. Les marques de luxe semblent avoir fait du snobisme des minorités un sport. Et Karl Lagerfeld était l’un des plus dignes représentants de cette exclusion, ce qui n’est un secret pour personne. Sa grossophobie était légendaire et s’il a redoré le blason Chanel, les dommages collatéraux ne sont pas à prendre à la légère. En plein ère de body positivism, il refusait l’idée même de l’existence des mannequins grande taille.

Il y’a à peine deux ans, suite à ces propos racistes sur les migrants et les juifs chez Thierry Ardisson, de nombreux téléspectateurs et internautes avaient saisi le CSA. Sans surprise cela n’a servi à rien.

Karl Lagerfeld a fait la pluie et le beau temps pendant son règne chez Chanel et il serait dangereux de l’encenser en passant sous silence le pouvoir destructeur qu’il a également eu, en reproduisant les mêmes schémas d’une société sexiste, grossophobe et raciste. Non seulement il les reproduisait, mais sa position de force lui a permis par ses actions de continuer à mépriser les mannequins ne correspondant pas à ses critères.

Voilà un homme qui était déjà intouchable de son vivant, plusieurs associations ont demandé sa démission sans l’obtenir, et qui le deviendra encore plus devant un refus généralisé de traiter des questions qui fâchent.

En passant sous silence son pouvoir de nuisance, quel est le message envoyé aux futurs générations de créateur.es ? Que le talent excuse tout et donne le droit de traiter tout le monde avec mépris ?

Il est intéressant de voir comment la mort revêt de sainteté un homme qui ne nous aurait même pas donné l’heure de son vivant.

Ceci n’est pas une simple histoire de bronzage

La sortie de vidéo Thx U, Next est la raison pour laquelle j’écris ce billet. Il fait suite à un thread Twitter que j’ai fait sur le sujet après avoir visionné le clip.

Le mois dernier, certains internautes ont découvert que des influenceuses blanches se font passer pour noires sur Instagram depuis des années à coup d’auto bronzant et de contouring. Une façon de gagner des like auprès des comptes communautaires noir.e.s et augmenter leurs fans pour attirer les marques.

Dénoncer des jeunes femmes blanches qui modifient leur apparence, pour obtenir un gain financier en utilisant les traits par ailleurs moqués chez les femmes noires, c’est bien. Mais il ne faut surtout pas oublier qui a le plus contribué à faire évoluer le phénomène brownface/blackface.

À savoir : Kylie Jenner, la famille Kardashian, Ariana Grande pour ne citer qu’elles. Des stars qui pèsent beaucoup plus que les influenceuses trop facile pour le coup à condamner.

La meilleure chose à faire dans un monde idéal serait le boycott. Afin d’éviter d’offrir notre soutien et/ou notre argent à des stars qui n’en ont rien à faire de nous et nous utilise pour augmenter leur porte-feuille, Tyga a récemment admis dans un interview avoir conseillé à Kylie de s’approprier la culture noire afin d’augmenter sa popularité, et nous pouvons voir le résultat.

Sur ce sujet, Ariana Grande qui est LE sujet qui fâche avec une fan base qui la défend farouchement à chaque fois qu’on aborde la question. Elle symbolise pourtant tout ce qui ne va pas avec cette nouvelle mode.

Ce n’est pas qu’un simple question de bronzage.

Souvenez d’elle plus jeune. Son style a beaucoup changé depuis ces débuts. En plus du changement de teint, elle porte également des vêtements et des accessoires inspirés par une mode qui prend ses racines directement dans la culture afro-américaine.

Donc non, ce n’est pas qu’une simple histoire de bronzage. Il y’a de nombreux articles dans la presse américaine sur le sujet.

Alors interrogeons nous sur la manière dont les plus grandes figures de la Pop culture continue à s’inspirer directement des POC uniquement à des fins commerciales sans impact positif sur nos communautés.

À ne pas rater : #OAFFCINEWAX 1er festival en ligne dédié aux films africains

Depuis 2015, Cinewax fait la promotion des films africains en France. Du 15 novembre au 15 décembre, l’association organise en ligne un festival avec 30 cinéastes africain.e.s répartis en 5 catégories.

Ce festival est l’occasion pour Cinewax de toucher un plus large public et de faire découvrir plusieurs films africains.

Les 30 films africains du festival sont en ligne sur la plateforme Cinemax à laquelle vous pouvez avoir accès ici

Le public peut voter pour les films après visionnage ! Toute la programmation est disponible dans plus de 15 pays.

Europe

France, Belgique, Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas, Suède, Royaume-Uni

Afrique

Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, Kenya, Nigeria, Ghana, Afrique du Sud

Maroc, Algérie, Tunisie

Amérique

USA, Canada Colombie

Le tarif est de 8€ (pour l’Europe), d’autres tarifs sont indiqués pour les autres pays de mise en ligne.

Enjoy !

September Issue : les afro-américaines sont dans la place.

C’est du jamais vu pour une September Issue !

1 couverture par une afro-américaine originaire des Caraïbes.

1 couverture par une actrice africaine.

6 couvertures de magazine par des afro-américaines.

Quand on est une femme noire ne vivant pas aux États-Unis, peut-on vraiment profiter de la couverture médiatique des magazines de mode pour cette rentrée de septembre par des femmes afro-américaines ? Probablement pas.

Entendons-nous bien, je suis toujours de la team #Blackgirlismagic mais je tempère désormais mon enthousiasme, la rentrée de septembre est certes importante et voir autant de femmes noires en couv en 2018 fait toujours plaisir, mais je ne peux m’empêcher de penser que la femme noire en France reste aussi invisible qu’en 2014.

Car en effectuant une recherche rapide sur internet, tout ce que j’ai pu trouvé comme couvertures de femmes noires en France ce sont :

des stars afro-américaines,

des top model afro-américaines bref d’une couverture de Naomi Campbell à celui de Beyoncé en passant par Alicia Keys, in Joséphine Baker name, on sait l’amour que l’on porte ici aux stars noir.e.s. Cela nous a-t-il déjà profité ?

Je ne peux pas vous citer les magazines français ayant mis en couverture une afro-française ou afropolitaine, parce qu’à part Aissa Maiga j’ai du mal à trouver.

Si vous retrouvez des Une de magazines par des noires vivant en France je suis preneuse.

Qui sait ? C’est peut-être l’occasion d’ouvrir un débat.

Il était une fois Lil Uzi Vert, Lil Yatchy et la masculinité noire

Pas besoin de le préciser mais  : je ne suis pas critique musicale, mon billet ne va donc pas aborder cet aspect de la question, ni le fameux débat Lil Uzi Vert, Young Thug, Lil Yatchy ce ne sont pas des vrais rappeurs. Je ne suis pas là pour juger des sons de la nouvelle géneration de rappeurs tels que Lil Uzi Vert, Lil Yatchy. J’ai même quelques uns dans ma playlist donc ce serai un peu gonflé de ma part

Je vais plutôt m’intéresser à leur perception dans la pop culture par leur style vestimentaire et le message qu’ils véhiculent .

Avant toute chose je n’avais pas  l’intention de réagir à cette polémique que je jugeais bien américaine. J’ai naïvement sous estimé son impact ici jusqu’au détour de ses tweets.


J’ai appris à ne plus trouver rageant que ces remarques viennent de jeunes hommes noirs. Surtout après 8 ans sur Twitter. Cette situation m’attriste, ce qui me pousse à écrire ce billet. Si un seul de ceux (nombreux malheuresement) qui ont ce genre de pensées arrive à lire jusqu’à la fin, je me dis que c’est déjà une petite victoire. Je sais que vous êtes également nombreu.ses à pas savoir comment expliquer aux jeunes cousins/frères que sortir des propros dénigrants envers les minorités quand on est soit même une minorité ne fait au final du mal qu’à eux-mêmes.

J’ai pris cet exemple, mais n’allez surtout pas taper Lil Uzi Vert dans la barre de recherche de Twitter. Moi je voulais juste voir le t-shirt de la contreverse. Pas tomber en 2017 sur un tas de gens pertubés par un t-shirt troué et un collier clouté. On en est donc encore là…

Si t’es un homme noir qui trouve ce genre de remarques pertinents/déconnants. Sache que : Les hommes noirs (donc toi) sont les premiers à souffrir de l’image hyper masculinisé  et/ou politiquement « respectable » qui leur est imposé. Respectable entre guillements car les critères de cette dite respectabilité sont toujours flous et sans cesse repoussé. Dans un monde ou la valeur d’une vie noire est en dessous de zéro, les remarques incessantes homophobes/et autres joyeusetés concernant ces jeunes quand bien même c’est pour faire le buzz OSEF, ou encore ce qu’ils font c’est du déjà vu OSEF ceci est un non sujet sont d’un extra. EXTRA inutile.

Le sujet n’est pas non plus celui du ce serai peut être intelligent d’arrêter le selfhate. Non, le point est tout simplement de pouvoir s’exprimer, afficher sa différence. Qu’on le veuille ou non l’existence de ces artistes est un hymne à la différence. Cette différence que l’on prône sans cesse au sein de nos communautés ne peut pas être uniquement celle qui nous arrange. Leur musique est trash ? Personne t’obliges à l’écouter. Leur tenue te pique les yeux ? Est-ce même toi qui paie ?

Beaucoup d’internautes américains l’ont déjà souligné, MJ et Prince à leur époque avait fait face aux mêmes critiques et on connait la suite. Puis il en faut bien pour tous les gôuts.

Quand je vois cette belle pochette de Lil Yatchy qui mérite le prix la plus inclusive du rap game , Young Thug mannequin pour Calvin Cklein femme et le projet capillaire à lui tout seul d’Uzi 😜 j’ai envie de dire, lâchez leur un peu la grappe, et comme dirait les ricains lets just be black & prosper together !

Queen Sugar et la vulnérabilité de l’homme noir

C’est l’un de mes coup de cœur 2016, Queen Sugar créée et dirigée par le cinéaste Ava DuVernay à qui on doit Selma et I will Follow. Elle nous offre avec cette série une vision intimiste de la vie d’une famille afro-américaine en Louisiane. Je souhaite parler dès maintenant (avant visionnage des derniers épisodes) de Queen Sugar qui j’espère aura beaucoup de saisons, parce qu’elle est la preuve vivante de l’utilité du slogan #RepresentationMatters.

Le synopsis pour celleux qui ont pas encore vu : Suite au tragique décès de leur père, trois frère et sœurs doivent unir leurs forces pour reprendre les rennes de la ferme familiale de canne à sucre.

Les personnages ont été écrites par une afro-américaine et ça se voit. Jamais dans le cliché, et surtout sans fard, aucune fausse note jusqu’au choix du soundtrack musique qui est juste parfaite.
Queen Sugar c’est également une série qui tombe à pic en ces moments troubles de tension raciale aux USA. Là je précise aux États-Unis parce que cette série soulève des problématiques spécifiques aux afro-américains et aux afros vivant aux USA. Cela n’empêche en rien de trouver des similitudes avec la situation des Noirs en général, mais il ne faut surtout pas trop s’approprier l’histoire que veut nous raconter Ava DuVernay. Je sais que ma phrase peut sonner bizarrement, mais tous les détails sont «américano centré» du choix du décor (la plantation de canne pour la grande majorité des scènes), de la ville (Louisiane) et aussi de la narration. Pour ma part, je peux apprécier une série sans qu’elle me soit forcément destinée et ce qu’il y’a pour moi de plus percutant c’est le rôle de Ralph Angel interprété par le magnifique Kofi Siriboe.

COUCOU TOI
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Plus sérieusement ce rôle est en opposition directe avec les stéréotypes souvent associés à l’homme noir à la télé. Mais sans faire abstraction des préjugés lié à la condition d’homme noir. Le plus souvent on se retrouve avec la mère célibataire et le père absent, Ava DuVernay fait le contraire et montre plutôt la vie d’un père célibataire. Ces galères de père célibataire, ancien prisonnier qui essaie de combattre un système ou qu’importe le choix, le perdant sera toujours lui. Entouré de deux sœurs, il est celui ayant le moins réussi socialement et ce n’est pas anodin.

Je suis fan de séries pour des chef-d’œuvre de ce genre, dans une société américaine ou les hommes afros sont incarcérés en masse alors que les femmes afro-américaines sont de plus en plus diplômées ce qui ne les protège pas pour autant mais autre débat, réussir à nous montrer la vulnérabilité de l’homme noir, mais aussi le traitement sexe/race de la société américaine dans toutes ses sournoiseries relève tout simplement du génie.

 

 

Jessica Jones et le stress post-traumatique

Quand Netflix a annoncé la production d’une série avec cette-fois une femme en super-héroïne ; la question pour moi était surtout de savoir si Jessica Jones allait combler mes attentes ?

Si vous recherchez une héroïne en combinaison moulante, passez votre chemin. Je n’ai rien contre, mais que Jessica Jones cultive plutôt un look discret paraît un choix judicieux. La jeune justicière possédant son agence de détective privée se retrouve malgré elle happé par son passé traumatisant, autant vous dire que tout miser sur le costume aurai été une très mauvaise idée.

La série a coché la liste de choses à faire. En plus d’une perso principale sans clichés; Netflix ne rend pas son personnage Marvel solitaire. La justicière n’est jamais seul et a besoin de l’aide de ses proches ce qui lui permet d’être imparfait et vulnérable. Bon on comprend que c’est aussi un choix stratégique pour nous présenter en douceur des personnages comme Luke Cage héros de la série Netflix éponyme mais c’est ok pour moi.

Je ne sais toujours pas si Jessica Jones est un antihéros. Parce que d’aussi loin que je remonte; tous les héros à cape de mon enfance ont ce côté homme/femme brisé mais aussi parce qu’au finale péter un câble et l’assumer est en soi un acte héroïque.

Jessica Jones prend des mauvaises décisions, garde trop de secrets et peut être parfois irresponsable mais elle sauve quand même le monde. Puis c’est un tel plaisir de retrouver Krysten Ritter après Véronica Mars et Don’t Trust the Bitch in Apartment 23 qui joue tellement bien la justicière meurtrie et traumatisée. En tout cas, perso je suis convaincu !

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Pouvoir et contrôle de soi sont des thèmes récurrents de la série. Sans vouloir spoiler, Jessica se remet d’une série d’expériences qui a presque détruit sa foi dans sa capacité à définir son propre parcours et utiliser sa propre volonté. Ce qui permettra à la série de nous amener à réfléchir sur les pressions sociales touchant les femmes faisant face à des traumatismes. Attention, ne prenez-pas ma perception du perso pour un aveu de faiblesse de Jessica Jones. Jessica est tout sauf fragile mais la tristesse du personnage n’est jamais loin. Derrière son apparence froide, se cache une femme qui a appris à se méfier et qui est déterminé à obtenir une sorte de justice sommaire pour elle-même afin de surmonter ses traumas mais pour aider d’autres. Le prix à payer pour trouver la paix.

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Américan Horror Story et le vaudou

Il semblerait que le vaudou soit devenu tendance en pop culture. Que ce soit en musique, @Helkinn en parlait d’ailleurs récemment (je vous invite à lire son thread sur la question) ou encore au cinéma et le sujet s’invite même dans les séries.

Je regardais dernièrement le clip « Brujas » de @princessnokia… Et je me posais une question… https://t.co/8zRfTsiGqU

— Adama Anotho (@Helkinn) 15 novembre 2016

De Constantine en passant par American Horror Story, depuis deux ans le thème est vu et revu. La série addict que je suis est toujours blasée quand le trio gagnant : massacre de poulet, noir aux yeux terrifiants, pièce sombre fait son apparition. Il faut pas se mentir, on a tous ces exemples en tête, vous pouvez même vous amuser à me citer les références « vaudou chelou »que vous avez déjà vu en commentaire.

Mais ce qui m’intéresse aujourd’hui c’est American Horror Story : Coven parce que j’ai toujours promis sur Twitter de parler de la série sur mon blog. Le vaudou étant le thème central de cette saison 3. Parlons-en !

Tout d’abord l’histoire de la Nouvelle-Orléans et son rattachement au vaudou est bien respecté, on ne peut pas faire ce reproche à Ryan Murphy et Brad Falchuck les créateurs de la série. Quelques uns des mystères de cette ville mythique servent de toile de fond pour le synopsis de la saison 3.

Suffit de lire le pitch : plus de 300 après les procès des sorcières de Salem, des jeunes sorcières sont envoyées dans une école spéciale de La Nouvelle-Orléans où elles apprennent à se défendre. Une saison basée sur des faits réels donc, qui fait appel à des figures historiques de la ville comme la célèbre prêtresse vaudou de la Nouvelle Orléans, Marie Laveau et la meurtrière Delphine Lalaurie joué respectivement par Angela Bassett et Kathy Bates.

Alors qu’est-ce qui va pas avec cette saison 3  ?  Bah sans surprise, le traitement du vaudou bourré de clichés. Déjà  je ne comprend pas l’introduction de Papa Legba qui, est un membre important du panthéon Vaudou dans cette série. Inévitable vous me direz, la série prend beaucoup de libertés avec le vaudou. Et je devance, oui je sais que c’est une série, que c’est de la fiction.

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Dans une scène particulièrement Marie Laveau est réveillé par un Papa Legba aux yeux rouges, la peau sombre couvert de cendres, des ongles longs, un collier d’os d’animaux, et un chapeau haut avec un bandeau orné de crânes. Bref, le genre qui fait peur. Il annonce à Marie Laveau qu’il veut son prix, son sacrifice. Marie se précipite dans la nuit dans un hôpital de maternité, où elle s’empare d’un nouveau-né. Le bébé, une âme innocente est son offrande annuelle nécessaire pour Legba.

PAUSE

Dans le vaudou Papa Legba est le gardien du carrefour qui ouvre la porte entre l’humain et le monde des esprits. Il est généralement représenté comme un vieil homme noir solide et digne de porter un chapeau de paille. Pour l’anecdote une chanson en Haiti s’intéresse à son bon goût en matière de style (assez hilarant). Il est plutôt  comme sur la photo à droite dans mon montage. Le maquillage et les costumes du caractère Papa Legba dans AHS Coven (à gauche) ressemble plus à Baron Samedi, qui gouverne la mort, le cimetière, et le sexe.  capture

 

Dans le vaudou haïtien en tout cas, Papa Legba est surtout un vieux pépé couvert d’un chapeau de paille, fumant la pipe et tenant une canne. Et surtout aucune de ces divinités Vaudou n’aurai jamais besoin du sacrifice d’un bébé. Ce sacrifice de bébé reste du domaine d’un vaudou fantasmé.

Ce qui m’a aussi marqué avec cette saison d’ #AHS c’est qu’on est face à une série traitant de sorcellerie et vaudou ou l’on trouve quand même le moyen de faire passer les sorciers vaudou pour les méchants. On est en plein dans le cliché d’une magie blanche et pure porté par l’école de sorcières vs la face sombre de la sorcellerie : le vaudou.

Je comprends parfaitement le processus créatif et ses libertés, ce que je condamne ici c’est plutôt cette caricature systématique assez présente dans les séries TV sur le vaudou. Une caricature frôlant toujours la négrophobie si on prend en compte que cette religion prend ces sources dans une culture majoritairement noire. Américan Horror Story reste quand même  une très bonne série ce qui renforce mon agacement, je peux rien reprocher d’autre j’ai regardé une partie de la saison American Horror Hostel avec Lady Gaga : j’ai abandonné pour cause de  too much glauquitude. (Ah oui si vous aimez pas le trash, le gore et j’en passe n’y allez-pas).

Pour conclure sur la place du vaudou dans Américan Horror Story :  si les séries peuvent faire appel à des médium en consulting de nos jours, autant faire appel à des vaudouisants pour s’informer quitte à « surfer sur la tendance vaudou ».

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#Lemonade : hymne à la libération de la femme noire

Je dois avouer que je ne me rendais bien compte que j’avais arrêté d’écrire par manque total d’inspiration. Cela fait maintenant près de six mois que j’ai perdu l’envie mais un album comme #Lemonade vaut bien le coup que je sorte de mon apathie alors merci Beyoncé !

Par sa sensibilité, cet album m’a vraiment touché. Mon rapport avec Beyoncé a toujours été assez complexe. Pendant longtemps je lui ai reproché un son trop lisse, le mot « trop » toujours me venant à l’esprit. J’étais vraiment le genre de personne à lui reprocher son perfectionnisme.

Dès les premières notes, ce qui m’a surprise c’est de trouver un album aussi personnel. Il faut dire que BEYONCE en 2013 avait déjà fait une grande partie du travail. Mon enthousiasme pour cet album féministe ne tarira jamais.

Mais revenons à #Lemonade !

On ne peut pas passer à côté du fait que cet album parle de sa vie intime avec Jay-Z. J’ai vu passer plusieurs tweets rigolant du fait qu’on est peut être en train d’assister à un divorce en direct. On a l’habitude de voir Beyoncé parler de Jay-z mais plutôt à coup de Drunk in love et Crazy in love. Pas de Hold up et don’t hurt yourself… Mais au-delà de la dimension personnelle, aborder le thème de l’infidélité et du pardon en passant de la dureté à la douceur dans le même album. Quelle finesse !

En tant que femme noire j’ai appris à cacher ce que je ressens, qu’il s’agisse de la colère thème récurrent que l’on retrouve à plusieurs reprises, ou de combattre mes propres insécurités et je peux comprendre comment il est difficile de se dévoiler dans un monde qui ne nous pardonne rien.

Raison pour laquelle je dirais qu’avec #Lemonade on assiste à la libération de Beyoncé
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Et voir une Beyoncé libre de toute politique de respectabilité  est la plus belle chose qui me soit donnée de voir. Je me sens chanceuse de vivre l’émancipation en directe d’une telle chanteuse.

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On a aussi ce besoin de liberté.

Et cette soif de justice.

Je pense que ça doit être la raison pour laquelle j’ai pleuré à l’écoute de Freedom.

Dans Freedom Beyoncé fait un parallèle entre la situation des afro-américains à l’époque de l’esclavage et la situation à l’époque actuelle, référence directe au #BlackLivesMatter avec en fond un parterre d’invités de Michaela de Prince en passant par Zendaya. Freedom me parle plus qu’aucune autre chanson ne l’a jamais fait dans ma vie.

Lemonade c’est aussi :

Une chanson comme All Night célébrant L’AMOUR inclus black love et les couples mixtes c’est pas que non blanc/blanc *tousse*

Hot sauce qui n’est autre que la batte  de Beyonce et ça on s’y attendait pas
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