Archives pour la catégorie Culture

#OscarsSoWhite : Julie Delpy sait mieux que nous

C’est la polémique de la semaine :  pour la deuxième année consécutive, il n’y a aucun Noir dans la liste des nommés aux Oscars 2016. Ce qui ne me surprend pas du tout à dire vrai. Autant les USA ont l’habitude des débats sur leurs minorités, autant je suis perplexe devant l’ampleur de la polémique en France.

D’Omar Sy en passant par Julie Delpy, des acteurs français se sentent obligés de faire part de leur opinion dont se passerai les afro-américains.

Non vraiment les américains sont connus pour ça, ils s’en fichent de l’avis du MONDE ENTIER.

tumblr_ndto55SVt01qg5o2oo1_500.gif

Attention : je n’idéalise pas les afro-américains. Cependant, sur les questions de représentations de leurs communautés, les Noirs américains entendent plus se faire respecter que les Noirs en Europe. Autre contexte, et je ne blame pas la communauté afropéenne non plus. Ici on est élevé au biberon du « vivre-ensemble » qui se traduit le plus souvent par faire taire toute demande de représentation de nos communautés par un : « On est tous égaux, on ne voit pas les couleurs. Black, blanc, beur, France métissée. »

MAIS POURQUOI CE BILLET ?

Julie Delpy a donc déclaré en interview qu’Hollywood c’était pire pour les femmes. Et de rajouter qu’elle aurai préféré être afro-américain. Voir les acteurs européens commenter la polémique #Oscarsowhite alors que la question de représentation des Césars par exemple ne sera JAMAIS abordé en France, ça passe vraiment pas.

R2v3c6H.gif

Et mon ras-le-bol qui refait surface, c’est toujours la même chose.

Les Julie Delpy sont légions en France. Et je repense à ces innombrables débats IRL ou dans les médias en France sur comment c’est trop dur le plafond de verre, les inégalités homme/femme en France.

Tous ces moments ou en tant que femme noire je me suis dit : « Sympa pour moi, en tant femme et noire ou je me retrouve dans ta wish list ? »

Mais je ne demanderai pas à Julie Delpy de comprendre les afro-américains ou les femmes noires.

Maman noire et invisible de Diariatou Kebe

C’est avec un peu d’appréhension que je me suis lancé dans la lecture de maman noire et invisible. Pour cause, être enceinte en étant noire en France c’est l’une des questions que je ramène toujours à plus tard. On verra sur le moment je me dis. Mais c’est justement un sujet important (si on souhaites fonder une famille). Déjà que c’est éprouvant de se prendre la réalité de ce que c’est d’être une femme tout court dans cette société.

C’est la raison pour laquelle je suis heureuse de savoir que dans ma bibliothèque si un jour je venais à être enceinte, existe ce livre d’une femme noire ayant du faire face aux mêmes incertitudes que moi. Comme pour se rassurer sur le parcours à faire.

Petit exemple du quotidien, mes produits de soin du cheveu crépu sont aux huiles essentielles, d’ou l’on apprend par exemple dans maman noire et invisible qu’il faut bannir ces produits au premier trimestre d’une grossesse.

Ce livre c’est aussi un témoignage émouvant sur ce que c’est de vivre le racisme en étant mère et sur comment parler du racisme aux enfants. La troisième partie s’intitule « mon bébé noir » et rien que ce titre m’a ému. C’est le fait de se dire dès sa naissance que ce bébé sera « tu sais de la Noirie ».

Alors merci à Diariatou Kebe d’avoir écrit ce livre sur ce que cela fait d’être une maman noire dans un monde blanc.

100 % badass : la playslist féministe

Alors, je sais ce n’est pas la première ni la dernière playlist Girl Power qu’on peut retrouver sur les Internets mais celle que je vous ai concocté est différente (mais oui !). L’idée m’est venu après la découverte de la vidéo ci-dessus d’australiennes rappant contre le taxe sur les tampons car j’ai trouvé ça GENIAL

Il n’y a pas si longtemps je croyais que la musique ne pouvait pas servir à faire passer des messages forts. Pourtant il faut se rendre à l’évidence c’est le cas. Quand je vois Sofia Ashraf, une activiste et rappeuse indienne, rapper contre la multinationale Unilever qui a pollué au mercure une ville du sud de l’Inde et ses habitants. On peut penser que parfois dire les choses en chanson c’est le meilleur moyen de faire passer efficacement un message.

Pour l’histoire la chanson qui reprend l’air d’Anaconda de Nicki Minaj, a dépassé les deux millions de vues sur Youtube, poussant le patron d’Unilever à réagir sur Twitter. La classe !

Ma liste de 100 vidéos  est composée à majorité de chansons de chanteuses non-blanches et évidemment exclusivement que de femmes (parfois y’a des featuring). J’ai essayé de réduire au possible le nombre de femmes afro-américaines et ça a été pour moi l’occasion de découvrir un groupe de Kpop entre autres !

Si je reprend des chansons incontournables comme Respect d’Aretha Franklin ou I’m Every Woman de W. Houston vous allez pouvoir découvrir entre autres des chanteuses antillaises.

Vous allez remarquer que la qualité des vidéos n’est pas la même pour toutes, j’espère vraiment que cela ne vous découragera pas 🙂

Certaines chansons parlent d’histoire d’amour mais le traitement même du sujet et la présence de ces femmes suffit pour moi à ce qu’elles fassent partie de cette liste.

N’hésitez pas à laisser en commentaires des chanteuses que vous souhaiterez voir intégrer la liste.

Et bonne écoute !

AfroPunk Paris : il y’a un problème

Je suis obligé d’écrire cette note de blog, parce que j’ai fait tout un billet pour vous vanter les mérites du Festival AfroPunk donc ce serai très hypocrite de ma part de me défiler quand ça va pas.

J’ai assisté au Festival AfroPunk mais il y’a quelques points négatifs (deux mais très obvious) que je ne vais pas passer sous silence. Ce billet portera donc sur deux points :

  1. Les critères de beauté de la communauté afro qui ré-alimente le sentiment d’exclusion de la femme noire
  2.  Les afro-américains 

Tout d’abord, je suis la page Facebook d’Afro Punk Paris depuis longtemps et je m’en veux que cela ne m’ai jamais sauté aux yeux. Dans la communauté afro aussi, des critères de beauté sont mises à l’évidence plus que d’autres. Comme quoi il ne suffit pas de dire, je suis fière de ce que je suis pour que les frontières du body-shaming sautent.

Je me suis tout simplement rendu compte *et je ne suis pas la seule* qu’on a crée d’autres critères de beauté. AfroPunk nous disait tout au long de ses festivals et de son magazine, soyons fière de notre afro-descendance mais si possible : light skin ou dark skin aux trains fins, cheveux colorés, mince ou forme bouteille coca-cola (bombasse selon les critères d’aujourd’hui, t’as saisi le point ou pas ?) piercé, tatoué (ouais trop cool). Si t’es un mec colore ta barbe ou mets des fleurs dans tes cheveux.

Bref si tu es digne d’avoir ta page TUMBLR ou ton compte instagram Beautiful Afro en mode t’es si belle melanin tout ça.

Avant que vous ne mettez ce billet sur le compte de la jalousie (je vous connait Internet) j’ai moi-même fait l’objet de plusieurs sollicitations pour des photos, alors même qu’il y’avait plein de jeunes filles magnifiques qui auraient eu le mérite d’être mises en valeur, des filles qu’on ne voit pas tous les jours et qui célèbrent la « beauté noire ». C’est simple j’avais sorti la totale, piercings, rouge à lèvres, tenue de foufou pour le plaisir de recevoir en France un festival dont on m’avait vanté les mérites.

Donc vous avez saisi, AfroPunk n’a pas échappé à la règle du « sois belle », selon quel critère, je ne sais point ou plutôt je sais et ça me rend triste.

Pour un festival qui se targue de sa différence, c’est ballot mais à mesure que je parcourais les comptes Instagram, Facebook de la marque (c’est bien ce que c’est) j’ai eu un déclic. Ce festival est donc un temple du paraître, belle selon leurs critères si possible.

Défaisons le monde tel qu’il est pour refaire pareil derrière. Désolé mais me taire sur ce point me paraitrai impossible. JUSTE NON, faut pas déconner.

Deuxième point et là je vous vois sourire, les américains (afros ou pas) ne changent pas, ils restent très centrés sur eux-mêmes. Il y’a un billet que j’aime relire de temps en temps, celui de Ms Dreydful sur les afro-américains : Black american activists : you don’t have a case with the Diaspora. Ce billet résume pour  moi tout leur côté selfish qu’on ne peut jamais nier, impossible. Ils essaient même pas.

Et le Festival AfroPunk c’était ça. T’as donc un festival gratuit  de Brooklynn qui célèbre la culture noire qui débarque en France et devient un événement In pour bobos. N’ayons pas peur des mots svp.

Le côté ghetto devient artistique, ton petit rhum est à 8 euros et les alocos à 5 euros. Et là celui qui me dira les prix de Paris, je réponds, il y’a pas que Paris (la banlieue, les autres villes, tout ça).

Pas un Black lives Matter (rires), un public tendance, c’est simple à 25 euros la place la journée, t’inquiètes pas que t’as exactement le public que tu veux. Donc on en revient au même problème avec les américains, la pauvreté de la communauté afro s’arrête pour eux à la frontière US. L’esprit du « no racism » aussi.

A vrai dire on était là pour voir les Kravitz et autres stars. La culture noire quoi, oooh c’est Paris, OSEF.

Comment peut-on être à ce point pertinent sur les problèmes touchant les afro-descendants aux USA et se dire qu’en France tout va bien. Ne pas s’informer un minimum.

Bref, je le redis, j’ai passé un bon moment parce que j’étais avec mes copines mais il y’a un vrai problème avec AfroPunk Paris. Et encore je vais pas trop étaler, too much.

*Note à moi-même : éviter les évènements afro-américains allant d’Angela Davis qui pratique limite la non-mixité aux US mais la France s’allie à tout en passant par les festivals afro-tout ce que vous voulez. Je passe mon tour*

Dans AfroPunk il y a AFRO