Archives pour la catégorie Séries

J’ai envie de regarder Glee mais je ne vais pas le faire

J’ai cette envie de regarder Glee qui m’a pris depuis que j’ai su que Naya Rivera avait disparu. Surtout lorsque sa mort a été confirmé et que j’ai su qu’elle avait sauvé la vie de son fils de 4 ans au péril de la sienne. Mais je ne vais pas le faire. Non je ne vais pas regarder Glee.

J’ai tellement envie de revoir son visage. Il faut dire que je suis de la génération qui a grandi avec Naya Rivera. Donc c’est plus fort que moi, je scrute Twitter en étant émue devant le moindre gif, anecdote sur elle. Mais je ne vais quand même pas regarder Glee. Car entre 2009 (année de diffusion du 1er épisode) et aujourd’hui il y a eu : des scandales à foison (racisme et pedophilie) et lot de morts tragiques. Bref regarder même un épisode de Glee me parait insurmontable tant je ressens des émotions contradictoires (nostalgie vs dégoût) rien que d’y penser.

Mais je l’avoue la mort de Naya Rivera est celle qui m’a le plus touché. Elle a aidé toute une génération d’adolescents à embrasser leur sexualité, à apprendre à s’aimer et à se sentir bien dans leur peau. Elle a milité tant par son rôle dans Glee qu’au travers de ses apparitions publiques pour la représentation de la communauté lgbtq + et pour tout cela, elle nous manqueras beaucoup .

Ce petit texte s’adresse donc aux nombreux.ses fans/ ex fans de Glee. Pour vous rappeler qu’il est normal de se sentir bouleversé.e en apprenant sa mort ; votre chagrin est valide. Elle a joué un rôle important dans la vie de tant de gens.

À Naya Rivera peu importe ma confusion, mes sentiments partagés sur Glee ou tes scandales passés, tu vas nous manquer ! 💔

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Il faut qu’on parle de la série You

Quand deux sœurs regardent You (Netflix) ensemble ça donne quoi ?

Je ne sais pas si je vous ai déjà parlé de ma petite sœur, elle a 19 ans et vit avec moi. C’est une crème et avec ma maladie, elle est d’un grand secours.

On a pris l’habitude de regarder des séries ensemble. Vu qu’elle est en fac de droit et que c’est grève time en ce moment, elle a du temps donc on a regardé You saison 2.

Je tiens à préciser que je ne portais pas cette série dans mon cœur.

La saison 1 je l’ai bien critiqué sur Twitter ; je suis arrivée

à l’épisode 4 j’étais au bout de ma vie, j’ai arrêté les frais. J’ai fini par demander à mes mutuals qui regardait de me spolier la fin de la série. J’avais zéro temps dans ma tête à consacrer à une histoire ou le héros est un harceleur.

Jusqu’à cette saison 2 et l’entrée en scène de ma sis.

Pour la petite histoire, elle a regardé You non pas une mais deux fois. La première avec sa meilleure amie, la seconde avec moi. Elle adore cette série et ne s’en cache pas. On discute beaucoup quand on bingwatch ensemble et je dois dire qu’à la base dès le début on n’était pas d’accord sur Joe.

Pour moi c’est un harceleur et pour ma petite sœur non. Je sais que j’ai des raisons valides de cocher toutes les cases « stalker » mais je n’arrivais vraiment pas à la convaincre. Les débats passionnés entre membres d’une même famille ou personne ne tombe d’accord vous connaissez ?

On est là à se regarder comme ça jusqu’à lâcher l’affaire.

J’ai lu pour les besoins de l’article, un interview de l’acteur jouant le personnage principal, il disait qu’il faut comprendre que les gens tombent dans le panneau car

  1. Tout est fait pour.
  1. White privilege.

Et c’est vrai !

Oui la saison 2 est beaucoup mieux écrite et en passant n’allez pas juger ma petite sœur ce n’est pas du tout le but de ce billet, c’est plutôt de montrer pourquoi on a des points de vue différents.

Pour elle quelqu’un qui n’a pas le visage du harceleur de prime abord ne l’est pas. C’est peut être une perception erronée du harcèlement qui lui a été peinte par la société en 19 ans. J’ai sûrement moi aussi ma part de responsabilité et j’ai failli en tant que grande sœur à tirer la sonnette d’alarme sur les différents types de stalk.

Car à bien y réfléchir : est-ce qu’on sensibilise les plus jeunes sur le harcèlement ?

Non.

Ce travail a-t-il été fait pour nous ?

Non.

Je veux bien admettre que You peut être vu comme un portrait de notre temps, de comment les privilèges change notre vision de la société mais par pitié lorsque vous regardez You, gardez toujours à l’esprit que Joe reste et restera à jamais un harceleur et un tueur en série.

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Le colorisme dans les séries afro-américains

Et si on parlait du colorisme dans les séries afro US ?
Beaucoup en manque de représentations du côté de la France doivent se demander je veux en venir. Critiquer les seules séries où on pouvait voir des familles noires peut paraître de trop…
Sachez cependant que pour chacune des séries afro américaine les plus mythiques, il suffit de comparer le traitement du rôle féminin lightskin vs le rôle féminin darkskin pour se rendre compte que le colorisme finit toujours par se mêler de la partie .
Prenons par exemple la série Martin datant des années 90. Dans le sitcom, Pam est stéréotypée dès le début comme une angry black woman, Martin la comparant souvent à un animal. Au contraire de Gina rôle féminin principal (comme de par hasard à la peau plus claire) qui a « le bon rôle » de la femme sympathique et aimante.
Comme si cela ne suffisait pas, on ne compte plus les actrices darkskin qui se sont fait remplacer par des actrices lightskin au fil des ans.
La preuve : toujours dans les années 90, le succès de la série le Prince de Bel Air n’empêche pas le départ de Janet Hubert jouant le rôle de Vivian Banks. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais pour la remplacer iels auraient pu choisir une actrice ressemblant à Janet Hubert mais non , le choix se porte sur une lightskin et c’est la raison pour laquelle cette action parle d’elle-même.
Rebelote dans Ma famille d’abord datant des années 2000. On sait que l’actrice qui jouait Claire, la jeune fille du couple a dû quitter la série pour des raisons familiales. Mais pourquoi elle a été remplacée par une jeune fille la plus claire de peau possible ?
Parce que les femmes noires ressemblant à Zozibini Tunzi la nouvelle miss Univers sont peu mises en avant.
Je me pose donc la question : les hommes noirs sont-ils les seuls darkskin autorisés dans les sitcoms afro américains ?
Si à cela vous me répondez : « ses séries datent de 20 à 30 ans », désolé de vous le dire mais rien n’a vraiment changé. Et pour vous le prouver, une image valant mille mots, que direz-vous de non pas une, mais deux photos de cast récent de shows afro sur Netflix ?

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Vous allez adorer détester The Politician

Il y’a quelque chose de troublant dans The Politician. Plus que le côté irrévérencieux dont on s’habitue facilement avec Ryan Murphy (toutes ses œuvres ont à mon sens pour but de choquer), sa nouvelle série sur Netflix m’a pourtant touchée.

Et puis y’a Jessica Lange ! Et rien que ça…

Décomplexer le cancer et les discriminations je ne suis pas sûr que ce soit du goût de tout le monde. Mais en tant que meuf noire avec un lymphome, vous ne vous imaginez pas combien c’est rafraîchissant de pouvoir rire indirectement de la maladie.

Peu de séries s’y risquent. Le cancer c’est THE sujet touchy de notre époque. Il y’a toujours une telle lourdeur quand on aborde le sujet. Ce n’est pas le cas dans The Politician.

Vous pourrez croire que je suis fan de la série à me lire. J’ai plein de trucs négatifs à dire dessus en vrai. Mais elle va pour sûr devenir fournisseur de meme et ça je vis pour !

Pour cette première saison, ce que j’en dis, si vous avez un peu de temps à tuer, donnez une chance à la série, qui aborde sans langue de bois les questions politiques, cancer et co.

Qui sait ? Elle pourrait peut-être vous surprendre…

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Je suis une femme noire et je n’ai jamais regardé When They See Us

La victoire de l’acteur Jharrel Jerome aux Emmys me comble de joie, pourtant des mois après la sortie de la série When They see Us sur Netflix, elle me dérange toujours autant.

Oui je sais je suis assez contradictoire mais la vie est ainsi faite. Je n’ai que de l’amour pour Ava Duvernay qui a créé cette mini série.

Le pitch pour celleux qui n’ont pas suivi : Cinq adolescents noirs (c’est important de le souligner) se retrouvent au mauvais endroit et au mauvais moment, et vont être contraints d’avouer un crime qu’ils n’ont pas commis : le viol d’une joggeuse àCentral Park.

Ils seront condamnés et passeront de longues années en prison jusqu’au jour où les aveux du véritable violeur (blanc) permettront enfin de les innocenter.

J’ai décidé que je n’allais pas regarder la série car ça sera sans moi pour l’ère du trauma porn, j’ai déjà donné. Dix ans qu’on romance les violences policières tellement que ça devient de plus en plus de la fiction pour les gens. Tout ce matraquage médiatique autour d’une histoire aussi poignante m’a beaucoup gênée. J’en ai marre que la souffrance noire ne soit légitime que pour nourrir la société du spectacle de nos corps et de nos vies broyés par tout un système.

Voilà en tant que femme noire ce que j’en ai à dire. Ce qui me fait me poser encore la question, qui est vraiment la cible pour ce genre d’histoires ?

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Unbeilevable : État policier et traitement des victimes de viol

Avant lecture de ce billet je tiens à le préciser : TW violences policières et viol.

When they see us, Manhunt Unabomber, Mindhunter, 7 secondes : je crois qu’on l’a compris, Netflix veut révolutionner le genre policier.

Et pour cause, le géant californien n’hésite pas à se payer les meilleurs scénaristes ; Ava Duvernay, David Fincher pour ne citer qu’elleux.

Même si de mon point de vue, le trauma porn est omniprésent dans le traitement de leurs séries policières, iels ont au moins le mérite de ne pas idéaliser le système. Pour ça on a déjà les grands classiques : Law & Order, CSI, NCIS qui nous sert à longueur de temps la morale du bon flic prêt.e à risquer sa vie pour protéger et servir.

Dans Unbeleivable les flics sont humains et très souvent faillibles. Ce qui veut dire : chacun.e pour sa pomme ! On apprend d’ailleurs avec la série que plusieurs études montrent que 40 % des policiers auraient été violents avec leur conjointe.

Cette fiction nous mets face à une vérité criante ; non seulement le système est faillible mais en plus les victimes de viol sont les grandes oubliées du système judiciaire.

L’histoire suit une jeune femme accusée d’avoir menti au sujet d’un viol, et deux policières enquêtant sur une vague d’agressions similaires.

Portée par Toni Collette, Merritt Wever et Kaitlyn Dever, Unbelievable est adaptée d’une histoire vraie, qui a fait l’objet de l’article de T. Christian Miller et Ken Armstrong, An Unbelievable Story of Rape, récompensé par un prix Pulitzer.

Ce qui m’a le plus marquée ce n’est pas qu’une victime de viol ne soit pas prise au sérieux par des policiers, ce n’est pas une surprise, des histoires de ce genre on en voit passer plusieurs. Mais plutôt le fait (il faut le préciser car c’est un fait important) que la victime soit tout en bas de l’échelle. Ici elle est orpheline, et le traitement méprisant qu’elle subit par les policiers masculins et le fait que l’enquête sur le violeur en série piétinait jusqu’à ce que deux femmes policières s’en emparent parle de lui-même.

Si on laisse de côté tout le trauma porn, la série nous amène à dires : mais que fait la police ?

Love, death & robots : une vision hétéro blanche de l’animation

À la base ça partait d’une bonne intention, la nouvelle série d’animation de Netflix Love Death & Robots a tout pour plaire mais au fil des épisodes, on se rend compte que cette série a vraiment été écrite pour et par des hommes blancs.

À vrai dire : la plupart des épisodes ont un point de vue sexiste avec une pincée de racisme pour aller avec. Il y’a la femme objet de partout et même quand l’idée de base semble être de l’empowerment, au final les femmes semblent tout droit sortir d’hentaï.

Vous remarquerez par exemple que les deux personnages asiatiques sont à poil pendant la majorité des deux épisodes qui leur sont consacrées.

On a aussi la butch lesbienne qui se fait massacrer dès le premier épisode, on assiste à une scène d’une violence inouïe envers une femme racisée LGBT. Même si au final il y’a une morale à tout ça on se demande si c’est vraiment nécessaire.

Si vous faites le compte, tous les racisé.es semblent destiner à mourir. Donc niveau représentations, cette série pèche par ses clichés et préjugés.

ATTENTION SPOILERS

L’épisode pour moi symbolisant le plus la place qu’occupe les deux réalisateurs dans la société est vraiment celui sur Hitler. Parce que comment vous dire, il y’a qu’un homme blanc pour nous pondre 6 réalités alternatives avec un Hitler en jeune peintre qui meurt et que la morale de l’histoire reste que de toute façon les hommes sont cons donc Hitler vivant ou mort n’aurait rien changé à l’issue de la deuxième guerre mondiale. Violent

En bref des images léchées c’est ça qu’on aime mais pour une série futuriste on tombe dans les mêmes travers parce que le duo de scénaristes se concentre beaucoup trop sur leur vision du monde.

Le problème c’est pas que les hommes blancs que sont David Fincher et Tim Miller ne soient pas doués en animation c’est surtout qu’on se retrouve avec une série heteronormative et colonialiste, en bref de l’animation avec des bons morceaux de misogynie, une obsession aux relents sexistes à peine cachée.

Quand on vous dit que les représentations sont importantes !

Chilling Adventures of Sabrina : la méchante sorcière noire a encore frappé

Traiter dans une série de thèmes actuels comme la création d’une association féministe ou encore parler de transidentité c’est bien, mais tomber dans les mêmes travers et clichés sur qui doit être la bad witch de l’histoire c’est moins bien.

À croire que faire une bonne série sur la sorcellerie sans diaboliser les femmes noires la pratiquant est mission impossible.

Les séries US ont tendance à projeter une vision eurocentrique de la sorcellerie dans la pop culture : le côté obscur ou démoniaque du culte est toujours réservé aux minorités vaudou , santería & magie noire. Et ce n’est guère surprenant quand on voit que cette diabolisation a commencé avec les esclaves à l’époque de la colonisation.

Si vous croyez au pouvoir des représentations alors vous allez cringer devant le personnage de Prudence Night.

Prudence aka la méchante sorcière est la définition même de la sorcière pratiquant la magie noire.

Ce n’est pas comme si on y était pas habitué, la méchante sorcière noire on la retrouve dans : Salem, Vampire Dairies, AHS, et là Sabrina. Comment voulez-vous ne pas voir apparaître une vision binaire (magie noire vs magie blanche) après le traitement de la sorcellerie à la TV, couplée à la déshumanisation des sorciers afro descendants pour la foi en leurs traditions ancestrales, qui est pratiqué depuis des années ?

American Horror Story l’avait déjà fait avec une vision assez sombre de Marie Laveaux qui est pourtant une figure emblématique de la Nouvelle Orléans.

Et rebelote avec cette méchante Prudence, impardonnable pour une série qui se veut à la fois inclusive et grand public !

Car tout ce que ça donne à penser c’est que ces séries n’ont qu’un seul but : inciter la peur ou la curiosité dans l’imaginaire collectif. Il semblerait qu’il vaut mieux avoir recours aux mêmes modes de procédé avec une narration écrite d’avance.

Rien ne vaut une bonne dose de la méchante sorcière noire. Sur ce point la TV n’a pas beaucoup changé.

Quand à la série Sabrina, je ne l’ai pas terminé et je ne pense pas continuer. Il est probable que le succès qu’elle rencontre, amènera une seconde saison. Vous m’appellerez donc quand la sorcière noire ne sera pas là juste pour mettre en avant la gentille sorcière bien aimée blanche.

This is Us et l’adoption interraciale

C’est la série phénomène de la rentrée, la série cumule des scores d’audience impressionnants, ce qui a suffi à attiser ma curiosité.

Synopsis : Il y a en moyenne 18 millions d’êtres humains qui partagent le même jour d’anniversaire à travers le monde. Mais il existe une famille, répartie entre New York et Los Angeles, dont quatre des membres sont nés le même jour ! Voici leur histoire drôle et émouvante…

Sachez déjà que ce drame familial ne se résume vraiment pas à ces deux phrases. Si les personnages m’ont tous un peu séduit, je vais continuer à suivre cette série pour une seule raison : elle parle d’adoption interraciale ce qui est assez rare pour être souligné. On peut suivre en partie la double vie de l’un des personnages principaux : Randall adopté qui navigue entre deux identités. Cette notion de dédoublement est très présente et la série essaie de l’aborder avec franchise. Comme ce moment ou la mère de Randall avoue son désarroi face à cet enfant qui peut parfois lui être étranger .

 

La série ne parle pas de l’adoption en survolant uniquement la question des liens de sang comme c’est fait dans à peu près toutes les séries sur l’adoption mais s’évertue à montrer tout au long des épisodes, certes dans une ambiance assez grand public et romancée, toutes les difficultés de l’adoption interraciale.

Dans un interview pour USA TODAY, l’acteur qui campe Randall  (Sterling K. Brown) le souligne :

« L’adoption, en particulier l’adoption interraciale, n’est pas souvent explorée à la télévision, il sera intéressant de voir la socialisation de Randall, comment il interagit avec la communauté afro-américaine, comment sa femme (Susan Kelechi Watson) le justifie … les luttes de ses parents pour lui présenter sa culture, les choses qu’ils doivent apprendre »

Je ne veux pas vous spoiler mais il y’a des moments de friction assez… intéressant qui permette de soulever des questions « tabous » concernant l’adoption interraciale tout au long de la première saison. young-randall-and-jack-gif

Attention cependant, je le rappelle la série reste bon enfant, ce qui explique son succès en terme d’audiences puis il n’y a pas que Randall comme personnage principal à suivre. On est loin d’une parole déconstruite sur la question mais on est également loin du discours visant à sacraliser le sujet.

*Si le thème de l’adoption interraciale vous intéresse, n’hésitez pas à faire un tour sur la page d’Amandine Gay : Mon adoption, ma narrration.*

Queen Sugar et la vulnérabilité de l’homme noir

C’est l’un de mes coup de cœur 2016, Queen Sugar créée et dirigée par le cinéaste Ava DuVernay à qui on doit Selma et I will Follow. Elle nous offre avec cette série une vision intimiste de la vie d’une famille afro-américaine en Louisiane. Je souhaite parler dès maintenant (avant visionnage des derniers épisodes) de Queen Sugar qui j’espère aura beaucoup de saisons, parce qu’elle est la preuve vivante de l’utilité du slogan #RepresentationMatters.

Le synopsis pour celleux qui ont pas encore vu : Suite au tragique décès de leur père, trois frère et sœurs doivent unir leurs forces pour reprendre les rennes de la ferme familiale de canne à sucre.

Les personnages ont été écrites par une afro-américaine et ça se voit. Jamais dans le cliché, et surtout sans fard, aucune fausse note jusqu’au choix du soundtrack musique qui est juste parfaite.
Queen Sugar c’est également une série qui tombe à pic en ces moments troubles de tension raciale aux USA. Là je précise aux États-Unis parce que cette série soulève des problématiques spécifiques aux afro-américains et aux afros vivant aux USA. Cela n’empêche en rien de trouver des similitudes avec la situation des Noirs en général, mais il ne faut surtout pas trop s’approprier l’histoire que veut nous raconter Ava DuVernay. Je sais que ma phrase peut sonner bizarrement, mais tous les détails sont «américano centré» du choix du décor (la plantation de canne pour la grande majorité des scènes), de la ville (Louisiane) et aussi de la narration. Pour ma part, je peux apprécier une série sans qu’elle me soit forcément destinée et ce qu’il y’a pour moi de plus percutant c’est le rôle de Ralph Angel interprété par le magnifique Kofi Siriboe.

COUCOU TOI
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Plus sérieusement ce rôle est en opposition directe avec les stéréotypes souvent associés à l’homme noir à la télé. Mais sans faire abstraction des préjugés lié à la condition d’homme noir. Le plus souvent on se retrouve avec la mère célibataire et le père absent, Ava DuVernay fait le contraire et montre plutôt la vie d’un père célibataire. Ces galères de père célibataire, ancien prisonnier qui essaie de combattre un système ou qu’importe le choix, le perdant sera toujours lui. Entouré de deux sœurs, il est celui ayant le moins réussi socialement et ce n’est pas anodin.

Je suis fan de séries pour des chef-d’œuvre de ce genre, dans une société américaine ou les hommes afros sont incarcérés en masse alors que les femmes afro-américaines sont de plus en plus diplômées ce qui ne les protège pas pour autant mais autre débat, réussir à nous montrer la vulnérabilité de l’homme noir, mais aussi le traitement sexe/race de la société américaine dans toutes ses sournoiseries relève tout simplement du génie.