Archives pour la catégorie Societe

Britney Spears, les médias et la santé mentale des femmes

Suivez bien comment la santé mentale de Britney Spears est abordée dans les médias, si une star qui a autant marquée la Pop culture fait l’objet de moqueries dans les tabloïds alors qu’elle a clairement besoin d’aide, ça dit tout de la place qu’occupe la santé mentale des femmes dans ce monde.

Que Britney Spears ai réussi à se relever de 2007 relève déjà d’un miracle. Je n’oublierai jamais cette vidéo où elle est assise par terre, pleurant et câlinant son chien pendant que les paparazzi continuent à prendre photos sur photos malgré son état de détresse émotionnelle. Et toutes les Une avec la photo d’elle se rasant le crâne et spéculant sur « sa folie ».

Dans la lignée des histoires merdiques de femmes ayant bavé à cause de leur santé mentale nous avons également le traitement d’Amanda Bynes qui nous montre la cruauté des médias envers les femmes souffrant de dépression chronique.

Pourquoi préciser le traitement des femmes ? Parce que les médias ont toujours fait choux gras de ce genre de nouvelles lorsque ça concerne une femme tout en continuant à protéger les hommes quand le sujet n’est pas tout simplement tabou.

Un deux poids deux mesures qu’on peut voir avec le traitement de la dépression de Justin Bieber, l’icône pop est soit salué dans plusieurs articles pour avoir eu le courage de faire une thérapie et a pu même en parler en maîtrisant la narration dans un interview dans Vogue ! Soit, tout le contraire sa santé mentale est complètement passée sous silence.

Alors que bon nombre des femmes de la génération 00’s (Demi Lovato, Lindsay Lohan) se font régulièrement basher à cause de leurs thérapies, les commentaires sous les post où Justin Bieber s’épanche sur sa dépression (maîtrisant encore sa propre narration) sont nettement plus complaisantes.

Des be strong Justin pour Bieber quand Britney Spears a droit à des crazy ass bitch

Le Dr Sebi au centre d’une théorie improbable sur la mort de Nipsey Hussle

Est-ce impossible à croire que la mort d’un rappeur peut ne rien avoir avec une énième théorie conspiration ?

La mort du rappeur Nipsey Hussle tué par balles le 31 mars 2019 nous a fait découvrir que beaucoup d’américains ne connaissaient pas du tout le Dr Sebi et ses recherches sur le cancer et le sida. Car sans vouloir faire ma grande connaisseuse, je ne vois pas pourquoi un gouvernement tuerait pour un documentaire concernant une cure qu’on peut déjà trouver sur YouTube ou il y’a des dizaines de vidéos sur la question dont une d’1h du Dr Sebi où il explique tout ce qu’il faut savoir pour se soigner par les plantes. Il y’a également son site Internet où on peut acheter des capsules d’herbes à €800 pour traiter toute maladie en rapport avec les défenses immunitaires. Donc on ne peut pas vraiment dire que ses travaux soient un secret même si le rappeur allait probablement vulgariser auprès d’un public américain.

Au contraire de la mort de 2Pac mise en parallèle avec celle de Nipsey Hussle on a malheureusement bien la preuve avec la vidéo de sa mort que celle-ci a probablement zéro lien avec le documentaire en cours.

Pour des raisons socio-économiques dans un monde où l’on mange en majorité des aliments transformés, la cure du Dr Sebi est composé que de produits naturels ce qui le rend de toute façon impossible à suivre pour tous dans notre société actuelle avec ou sans documentaire.

Il faut savoir que l’artiste vivait une année formidable avec une nomination aux Grammys Awards et qu’il voulait commencer des pourparlers avec la police pour lutter contre la violence des gangs à LA et aider la communauté où il a grandi.

Je ne suis pas détective et je ne sais pas si son combat contre les gangs est la raison pour laquelle il a été tué mais Nipsey Hussle semblait s’attaquer à plusieurs problèmes au sein de sa communauté qui auraient tous plus ou moins eu un impact sur la société. Je ne pense donc pas trop m’avancer en disant que sa mort n’a probablement rien avoir avec le documentaire qu’il préparait sur le Docteur.

En vrai tout ce qu’il y’a à tirer de cette conspiration c’est que je suis contente de voir ces travaux mis en lumière, car on ne vantera jamais assez le pouvoir des plantes. Contente de voir que plus de gens découvrent le Dr Sebi même s’il est assez malheureux que ce soit dans ces circonstances.

Khloe Kardashian et les femmes noires

Il semblerait que je ne sois pas la seule à en avoir marre des Kardashian qui utilisent les noires pour gagner des clicks. Le dernier drame en date : Jeter Jordyn Woods, une jeune fille de 21 ans sous un bus pour un mec qui a clairement un problème d’addiction sexuelle et ne le cache pas. Car Tristan Thompson est un spécimen de choix du Men are trash et le prouve depuis le début : quitter sa fiancée enceinte pour se mettre avec Khloe Kardashian et la tromper enceinte comme il l’avait fait pour sa baby mamma.

Pour en revenir à Khloe, on a donc une femme de 34 ans qui il y’a quelques années se pavanait entouré de femmes noires en laisse, qui utilise également des femmes noires comme faire valoir qui veut détruire la réputation d’une jeune femme noire de 21 ans pour meubler sa télé réalité familiale.

Ne parlons même pas du sexisme sous-jacent d’incomber toutes les fautes à la femme alors qu’aux dernières nouvelles il faut être deux pour tromper. Et surtout le seul qui doit rendre des comptes à Khloe est le père de son enfant.

Cette fois, la famille Kardashian s’en est prise à la mauvaise personne car Jordyn Woods est affiliée à la famille Pinkett-Smith et peut donc se permettre de donner sa version de l’histoire et c’est ce qu’elle a fait lors du dernier épisode du talk-show de Jada Pinkett-Smith.

Jordyn Woods a d’ailleurs durant l’interview abordé le fait qu’elle soit une femme noire et l’impact sur la situation ; elle est décrite comme la vilaine avec des injures racistes à la pelle sur les réseaux sociaux vs Khloe la victime qui ne s’est pas gênée depuis le début d’alimenter la polémique en s’en prenant à Jordyn à coup de snap, favs de tweets de sa fan base s’en prenant à la jeune femme. Extrait table red talk Jordyn Woods

Pour conclure, j’espère que les femmes noires faisant partie de l’entourage des Kardashian Jenner se rendront compte qu’elles n’ont d’utilité pour cette famille que pour l’amour du clout !

#FrenchCinemaIsSoWhite

#FrenchCinemaIsSoWhite

Il semblerait que pour Vanity Fair le renouvellement du cinéma français soit un parterre de jeunes filles blanches en basket.

Elles sont bien mises en avant les paires de baskets, on peut clairement pas les rater. Iels ont dû se dire en choisissant cette couv : « si ça ce n’est pas être jeune cool et branché on ne sait plus ce que c’est ! »

Dans ce nouveau numéro de Vanity Fair on peut donc voir l’avenir du cinéma français (selon leur point de vue) et on a qu’une seule question ?

Le fait que le magazine n’ai même pas fait l’effort de chercher quelques actrices françaises noires et asiatiques (l’année même du succès fulgurant de Crazy rich Asians) nous dit tout ce qu’on a à savoir sur la nouvelle vague.

Ce n’est pas une surprise que le cinéma français soit toujours un milieu blanc et sa relève aussi. Rien d’étonnant quand on sait que lors de l’épisode #Oscarsowhite Julie Delpy avait déclaré en interview qu’Hollywood c’était pire pour les femmes. Et de rajouter qu’elle aurai préféré être afro-américain. Rien d’étonnant quand on prend conscience d’une culture anti représentations bien ancrée chez les cinéastes français. Après tout, on voit régulièrement ce que donne le refus systématique d’aborder le sujet des représentations en France. Il y’a un mépris assumé qui pousse à parler de racisé.es sous une seule forme : des comédies infantilisantes et paternalistes comme Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu. On ne peut donc même pas s’étonner que la couv ressemble à ça, Vanity Fair a raison, elles sont bien les révélations du cinéma français.

Stop le bashing de la cuisine des racisé.es

Trop épicée, trop odorante, la cuisine des racisé.e.s est sans cesse méprisée. Pourtant ça ne l’empêche pas de faire l’objet d’une gentrification qui ne connaît pas la honte, on se retrouve ainsi avec des recettes improbables dans les médias comme un couscous de choux-fleurs.

La cuisine permet de faire passer tant d’émotions que ce bashing volontaire ou involontaire de ce qu’on mange quand on est racisé.e a un réel impact sur la perception de nos cuisines.

Quand on fait partie d’une minorité en France, cuisiner c’est garder un lien avec ses origines.

Le thème du festival de Nikon cette année est « je suis le partage », ça m’a donné l’envie de réaliser ma première vidéo qui s’intéresse justement à ce bashing. Je n’arrive pas à croire que je n’avais jamais joué à la YT depuis le temps que je traîne sur le net ! Ce qui m’a fait sauter le pas c’est le format court qui m’a plu et le thème qui collait pour un mini documentaire sur la cuisine.

À l’ère de la vidéo de recettes instantanées, vous avez remarqué que les mains que l’on voit sur les vidéos de recettes sont souvent blanches ? C’est en partant de là (ça et le couscous de choux fleurs 😂) que j’ai voulu faire une séries de recettes vidéos avec des plats phares comme le riz rougail, les accras etc. Je vous annoncerai la date de sortie pour les recettes.

Je ne suis pas une réalisatrice, ce que j’aime c’est écrire et raconter une histoire. Et là mon histoire était toute trouvée. Quoi de mieux qu’un bon plat réconfortant et fait avec amour comme symbole de partage de la culture culinaire ?

En attendant, si la cuisine vous intéresse, c’est le moment de voir en vidéo « Je suis toutes les cuisines » sur ce que représente la cuisine pour plusieurs femmes racisées en France.

Pour soutenir, partager le film c’est ici !
https://www.festivalnikon.fr/embed/2018/1281

De plus c’est l’occasion de découvrir mon joli accent 😂 j’ai hésité à faire la voix off de cette vidéo car je sais bien que mon accent est tout sauf « neutre » mais je me suis dit quitte à jouer le jeu jusqu’au bout autant proposer une vidéo qui me ressemble vraiment.

Merci beaucoup de votre soutien qui m’aide à avancer !

#Representationmatters Pourquoi real Qai Qai est important dans la Pop culture

Connaissez-vous real Qai Qai ? Oui je parle bien de la poupée de la fille de Serena Williams. Je n’aurais jamais cru que je parlerais d’une poupée ici mais il y’a une première fois à tout.

Et tant qu’à faire, autant débuter avec real Qai Qai ! Si les aventures de cette poupée sur les réseaux sociaux avaient l’air d’un simple jeu à ses débuts, avec 10 000 abonnés sur Twitter et 60 000 sur Instagram, elle est en train de devenir une véritable star.

Pour être juste, les poupées noires ne sont pas une nouveauté contrairement à ce qu’on peut/veut penser. Personnellement j’avais une poupée noire à la fin des années 90 dans le même genre que real Qai Qai. Elle n’a pas fait long feu, et à ma décharge c’était le cas pour toutes mes poupées, j’étais encore plus mauvaise mère qu’Olympia (la fille de Serena Williams)

Real Qai Qai à la plage ne vivant pas sa meilleure vie hashtag mère indigne 🤷🏾‍♀️

Mais Serena Williams apporte une dimension quasi politique à la vie de baby doll de mon influenceuse préférée du moment, la rendant inspirante. Car la poupée a désormais un site de goodies à son effigie et 100% des ventes utilisés pour offrir des poupées noires à des petites filles noires.

On peut se dire que c’est une vaine cause de s’intéresser à la poupée avec laquelle joue un enfant noir. Pourtant je n’oublierai jamais l’expérience télévisuelle où il est demandé à des fillettes noires en bas âge de choisir la plus jolie des poupées entre une poupée blanche et une poupée noire. La blanche a le plus de succès quand la noire est décrite en termes peu flatteurs.

>>> Test black doll

Si ce test n’est pas la preuve que ce monde a besoin de plus de poupées non blanches, je ne sais pas ce qu’il nous faut pour admettre que nous devons réviser nos normes de beauté pour être inclusives.

Pour toutes ces raisons, et parce que Serena Williams est la première à avoir utilisée son influence en tant que personnalité publique pour mettre en avant une poupée noire pour sa petite fille noire, real Qai Qai est pour moi ce qu’il nous manquait dans la culture populaire.

Après #OuvrirlaVoix

Il est là ! Le documentaire #OuvrirlaVoix est en salles et affiche complet. C’est avec une fierté mêlée de joie que je suis la couverture médiatique et également l’engouement que suscite le film. Au prix de nombreux sacrifices pour Amandine, qui est vraiment la seule qui aurai pu porter ce projet . J’en profite pour la remercier encore une fois ; merci de m’avoir donné la chance de participer à ce documentaire. 
Je me suis également fait la réflexion que je n’avais jamais vraiment pris le temps de vous parler depuis longtemps. La plupart de mon audience provenant de Twitter je présume que vous avez remarqué que j’y suis moins présente. La raison de mon éloignement est avant tout profesionnelle, je suis désormais en freelance, avec des horaires décalés et si je commençais à passer mon temps dessus, je ne gagnerai tout simplement pas d’argent disons les choses pour ce qu’elles sont 😂 ! Il y a aussi que j’expérimente plutôt une phase « introspective ». Je suis en ce moment à un carrefour de ma vie pro : partir à l’étranger ou rester. Au quotidien, j’arrive à repousser l’échéance mais je sens venir le jour ou je vais bien devoir me lancer. Étant mariée, laisser définitivement la France n’impactera pas que moi, ce n’est donc pas une décision à prendre à la légère. Peu importe ce qui sortira de toutes ces incertitudes ce sera une décision mûrement réfléchi et probablement une étape importante dans ma vie d’adulte. Même si je décide au final de rester… Le cap des 28 ans que je m’apprête à franchir amène son lot de reflexions, je crois que vous avez saisi l’idée.

Mais j’en parle ici parce qu’au moment du tournage d‘#OuvrirlaVoix je ne me voyais pas quitter la France et maintenant cet idée ne me fait plus peur, bien au contraire ! L’année 2016 m’a fait grandir, et les bandes-annonces du film m’ont rendu nostalgique. Les tournages datent de presque deux ans et si je reconnais bien la Taïna combattive, j’ai sur elle un regard plus posé, plus mature. Est-ce que j’ai gagné en sagesse ? Je ne crois pas. Mais des problèmes de santé, une période de chômage, un deuil familial, un stress post-traumatique reveillé à cause des attentats et une dépression plus tard (merci 2016) je peux désormais pleinement assumer  que je veux deux choses plus que tout. Plus que le fait de combattre le racisme avec mon armure de libre penseuse et ma licorne magique. Je veux avant tout écrire et être en paix avec moi-même.

J’ai toujours aimé écrire et j’ai la chance de pouvoir excercer un métier qui me permet de jongler avec les mots. Journaliste, community manager ou rédactrice web en freelance, profesionnellement j’ai la casquette que le client veut bien me donner et cela ne me dérange même pas. Ce qui compte pour moi c’est surtout créer, écrire même un banal communiqué de presse.  Je crois au pouvoir des mots.

Écrire occupe même mes loisirs puisque je suis une blogueuse. Il était aussi temps que j’assume ce statut tant haï de blogueuse après 23 articles, 53 000 vues sur mon blog, des contributions ou vous m’avez encouragé pour des projets me portant à coeur. Mais aussi des idées décousues plein mon ordi, une tribune avortée pour le HuffPost (Blame on Hillary on lui demandait juste de gagner pour que je puisse vous donner mon avis éclairé d’afro féministe sur la première femme présidente du monde libre 😂🙃) 

J’ai souvent voulu vous écrire ce billet mais plutôt en version thread Twitter, dire ce qui n’allait pas, pour pouvoir passer à autre chose le coeur léger, mais ce n’était peut être pas encore le bon moment. Si je ne souhaites pas à fermer mon compte vous allez plus cependant me voir  RT des gifs de Rihanna, parler de Queen Sugar plus que débattre, ou étaler ma vie privée ou mes opinions politiques. Si je ne suis pas sûre de tout, je suis au moins sûre deux choses : 

1 – Pour être en paix avec moi-même il me faut ma quiétude et je dois cesser de culpabiliser d’en avoir besoin de cette paix. Hors sur Twitter on aborde souvent des sujets qui prennent aux tripes, choisir d’y être n’est pas vraiment ce qu’il est recommandé en cas de recherche du #selfcare.

2 – M’entourer d’énergie négative ne m’aidera pas à aller mieux. Et sur Twitter en tout cas l’usage que j’en ai fait depuis le début, la colère est le sentiment qui m’a le plus animé avec du recul.

Une fois ces deux vérités posées, c’était plus facile de se détacher car ce réseau est à la réflexion un endroit à eviter si on aspire à la paix. Surtout que je ne ressentais plus le besoin de combattre. La sortie du film coïncide aussi avec ma prise de conscience de cet evidence, ce qu’on a construit sur Twitter en devenant cette communauté fait des émules. Social justice warrior, afro féministe, grande défenseresse du pantone, lit de tous les extrêmes. On nous a donné, on m’a donné tous les noms mais ces moments que j’ai partagé sur Twitter on crée de vrais projets, parfois avortés parce que les histoires d’amour finnissent mal en géneral (shaaade). Plus sérieusement si de cet infini d’idées jaillit de l’espoir alors le jeu en vaut la chandelle. Je raccroche des débats le coeur léger, fière de la littétaire Mrs Roots, fière de la réalisatrice Amandine, et de tant d’autres. Mais aussi de Fania reine ultime de l’organisation créant des projets qui souvent divisent ce qui force beaucoup à se remettre en question. Il y aussi celles que je ne cite pas, nos moments partagés, que je garde par pudeur et elles savent la place qu’elles ont dans mon coeur. On était invisible et maintenant je nous sent invincible. 

De ce petit mouvement sur ce petit coin de la Twittosphère entre mes gifs de Rihanna et mes soupirs d’exaspération sur le dernier épisode de Walking Dead, je continuerais à tout suivre avec fierté et je peux me dire en me libérant de toute culpabilité devant mon peu de résistance face aux combats 😬 qu’il existe un endroit, pour une jeune femme noire en France soûlée par le sexisme, le racisme, l’homophobie, l’islamiphobie de cette société. Surtout en ces temps à venir de période électorale. Il suffit de se connecter à ce petit oiseau bleu, suivre le fil des tag #afrofeministe #sororité et si tu es une jeune femme noire un peu perdue tu pourras te découvrir, te ressourcer, te sentir moins invisible. Je ne te dis pas que ce sera sans embûches, c’est un chemin douloureux à entreprendre. Mais ce que tu y découvrira sera merveilleux, je t’en fais la promesse. Car de cette réalité virtuelle nous avons réussi à créer tout un nouveau monde. 

Voilà tout ce que je voulais partager avec vous aprés #OuvrirlaVoix.

Avec Amour 💞

Taïna 

This is Us et l’adoption interraciale

C’est la série phénomène de la rentrée, la série cumule des scores d’audience impressionnants, ce qui a suffi à attiser ma curiosité.

Synopsis : Il y a en moyenne 18 millions d’êtres humains qui partagent le même jour d’anniversaire à travers le monde. Mais il existe une famille, répartie entre New York et Los Angeles, dont quatre des membres sont nés le même jour ! Voici leur histoire drôle et émouvante…

Sachez déjà que ce drame familial ne se résume vraiment pas à ces deux phrases. Si les personnages m’ont tous un peu séduit, je vais continuer à suivre cette série pour une seule raison : elle parle d’adoption interraciale ce qui est assez rare pour être souligné. On peut suivre en partie la double vie de l’un des personnages principaux : Randall adopté qui navigue entre deux identités. Cette notion de dédoublement est très présente et la série essaie de l’aborder avec franchise. Comme ce moment ou la mère de Randall avoue son désarroi face à cet enfant qui peut parfois lui être étranger .

 

La série ne parle pas de l’adoption en survolant uniquement la question des liens de sang comme c’est fait dans à peu près toutes les séries sur l’adoption mais s’évertue à montrer tout au long des épisodes, certes dans une ambiance assez grand public et romancée, toutes les difficultés de l’adoption interraciale.

Dans un interview pour USA TODAY, l’acteur qui campe Randall  (Sterling K. Brown) le souligne :

« L’adoption, en particulier l’adoption interraciale, n’est pas souvent explorée à la télévision, il sera intéressant de voir la socialisation de Randall, comment il interagit avec la communauté afro-américaine, comment sa femme (Susan Kelechi Watson) le justifie … les luttes de ses parents pour lui présenter sa culture, les choses qu’ils doivent apprendre »

Je ne veux pas vous spoiler mais il y’a des moments de friction assez… intéressant qui permette de soulever des questions « tabous » concernant l’adoption interraciale tout au long de la première saison. young-randall-and-jack-gif

Attention cependant, je le rappelle la série reste bon enfant, ce qui explique son succès en terme d’audiences puis il n’y a pas que Randall comme personnage principal à suivre. On est loin d’une parole déconstruite sur la question mais on est également loin du discours visant à sacraliser le sujet.

*Si le thème de l’adoption interraciale vous intéresse, n’hésitez pas à faire un tour sur la page d’Amandine Gay : Mon adoption, ma narrration.*

Queen Sugar et la vulnérabilité de l’homme noir

C’est l’un de mes coup de cœur 2016, Queen Sugar créée et dirigée par le cinéaste Ava DuVernay à qui on doit Selma et I will Follow. Elle nous offre avec cette série une vision intimiste de la vie d’une famille afro-américaine en Louisiane. Je souhaite parler dès maintenant (avant visionnage des derniers épisodes) de Queen Sugar qui j’espère aura beaucoup de saisons, parce qu’elle est la preuve vivante de l’utilité du slogan #RepresentationMatters.

Le synopsis pour celleux qui ont pas encore vu : Suite au tragique décès de leur père, trois frère et sœurs doivent unir leurs forces pour reprendre les rennes de la ferme familiale de canne à sucre.

Les personnages ont été écrites par une afro-américaine et ça se voit. Jamais dans le cliché, et surtout sans fard, aucune fausse note jusqu’au choix du soundtrack musique qui est juste parfaite.
Queen Sugar c’est également une série qui tombe à pic en ces moments troubles de tension raciale aux USA. Là je précise aux États-Unis parce que cette série soulève des problématiques spécifiques aux afro-américains et aux afros vivant aux USA. Cela n’empêche en rien de trouver des similitudes avec la situation des Noirs en général, mais il ne faut surtout pas trop s’approprier l’histoire que veut nous raconter Ava DuVernay. Je sais que ma phrase peut sonner bizarrement, mais tous les détails sont «américano centré» du choix du décor (la plantation de canne pour la grande majorité des scènes), de la ville (Louisiane) et aussi de la narration. Pour ma part, je peux apprécier une série sans qu’elle me soit forcément destinée et ce qu’il y’a pour moi de plus percutant c’est le rôle de Ralph Angel interprété par le magnifique Kofi Siriboe.

COUCOU TOI
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Plus sérieusement ce rôle est en opposition directe avec les stéréotypes souvent associés à l’homme noir à la télé. Mais sans faire abstraction des préjugés lié à la condition d’homme noir. Le plus souvent on se retrouve avec la mère célibataire et le père absent, Ava DuVernay fait le contraire et montre plutôt la vie d’un père célibataire. Ces galères de père célibataire, ancien prisonnier qui essaie de combattre un système ou qu’importe le choix, le perdant sera toujours lui. Entouré de deux sœurs, il est celui ayant le moins réussi socialement et ce n’est pas anodin.

Je suis fan de séries pour des chef-d’œuvre de ce genre, dans une société américaine ou les hommes afros sont incarcérés en masse alors que les femmes afro-américaines sont de plus en plus diplômées ce qui ne les protège pas pour autant mais autre débat, réussir à nous montrer la vulnérabilité de l’homme noir, mais aussi le traitement sexe/race de la société américaine dans toutes ses sournoiseries relève tout simplement du génie.

 

 

Johnny super acteur brun ténébreux pub de parfum Depp

Bon, résumons l’histoire parce que vous l’avez déjà vu partout. En mai, Amber Heard  a demandé et obtenu une mesure d’éloignement contre Johnny Depp. La police a été appelée chez le couple. Elle n’a pas porté plainte, et accepte même d’abandonner toutes les poursuites pour violences conjugales contre l’acteur  en échange de 7 millions de dollars et le divorce. La somme est reversée dans son intégralité à des associations.

Mais à en croire la tendance actuelle, il s’agit de ne pas ternir le blason de Mr Depp. J’ai voulu parler de cet affaire parce que voilà la un exemple précis de comment les médias décident de qui ne peut jamais être le coupable selon leurs propres critères.

L’honnêteté m’oblige (coucou Emmanuel Macron) à vous avouer que ce billet a été directement motivé par la lecture d’un article du Figaro dont je ne vais absolument pas mettre le lien écrit par une journaliste qui ne cache même pas qu’elle a probablement été une fan du Johnny des années 21 Jump Street. Parce que dès la première phrase, les bases sont posées.

La sulfureuse Amber Heard n’a décidément pas fini de faire parler d’elle.

On a donc une femme à qui la police a accordé la mesure d’éloignement qu’elle avait demandé, une femme dont la photo avec un bleu à l’œil droit a fait le tour des médias et l’adjectif choisi pour la qualifier est… sulfureuse. Classe.

Le reste de l’article laisse pantois.

Ces versements sont donc à mettre au crédit de la jeune actrice et mannequin américain. Mais, c’est surtout la preuve qu’Amber Heard tient à son image. Or celle-ci est au plus bas, ce qui est mauvais signe pour le futur de sa carrière. À l’heure actuelle, elle va avoir du mal à signer des contrats de publicité avec des marques glamours et elle va avoir encore plus de mal à trouver des rôles significatifs à Hollywood. Aux États-Unis, ses détracteurs sont nombreux et il est évident que sa stratégie de dénigrement par médias interposés contre Johnny Depp a été un mauvais calcul

 

Outre le fait qu’Amber Heard n’a aucun compte à rendre sur ce qu’elle choisit de faire de cet argent, cimer le choix des mots. Car Johnny super acteur  brun ténébreux pub de parfum Depp n’est pas un homme violent. Les médias, sa famille, l’opinion publique n’arrêtent pas de nous le répéter.  À la décharge de cette journaliste du Figaro, elle ne fait que suivre la vague. Depuis le printemps on a eu le droit de la part de TMZ d’un démontage en règle. Les journalistes américains n’y vont pas de main morte et je vous laisse deviner leur camp.

Ce genre d’histoire hyper médiatisé qui ne fait qu’aggraver la situation en somme. Quel message envoyons-nous aux victimes de violences conjugales  ? C’est bien beau de soigner les campagnes de pubs incitant les victimes à porter plainte mais si on est silencieux  dans la vie de tous les jours face au traitement médiatique de celles qui osent aborder le sujet de ces mêmes violences. Avouez qu’on n’y croit pas…

Notre vision sexiste et raciste de la société qui nous rend insensible(s). Oui, raciste car je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle entre cet histoire et l’affaire Chris Brown/Rihanna. Attention, loin de moi l’idée de faire la pub de ce mec. Mais je remarque juste qu’il n’y avait pas d’articles au conditionnel à l’époque. Ce qui est tant mieux on est d’accord. Mais cette volonté de blanchir coûte que coûte Johnny super acteur brun ténébreux pub de parfum  Depp cessera quand ?