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Le colorisme dans les séries afro-américains

Et si on parlait du colorisme dans les séries afro US ?
Beaucoup en manque de représentations du côté de la France doivent se demander je veux en venir. Critiquer les seules séries où on pouvait voir des familles noires peut paraître de trop…
Sachez cependant que pour chacune des séries afro américaine les plus mythiques, il suffit de comparer le traitement du rôle féminin lightskin vs le rôle féminin darkskin pour se rendre compte que le colorisme finit toujours par se mêler de la partie .
Prenons par exemple la série Martin datant des années 90. Dans le sitcom, Pam est stéréotypée dès le début comme une angry black woman, Martin la comparant souvent à un animal. Au contraire de Gina rôle féminin principal (comme de par hasard à la peau plus claire) qui a « le bon rôle » de la femme sympathique et aimante.
Comme si cela ne suffisait pas, on ne compte plus les actrices darkskin qui se sont fait remplacer par des actrices lightskin au fil des ans.
La preuve : toujours dans les années 90, le succès de la série le Prince de Bel Air n’empêche pas le départ de Janet Hubert jouant le rôle de Vivian Banks. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais pour la remplacer iels auraient pu choisir une actrice ressemblant à Janet Hubert mais non , le choix se porte sur une lightskin et c’est la raison pour laquelle cette action parle d’elle-même.
Rebelote dans Ma famille d’abord datant des années 2000. On sait que l’actrice qui jouait Claire, la jeune fille du couple a dû quitter la série pour des raisons familiales. Mais pourquoi elle a été remplacée par une jeune fille la plus claire de peau possible ?
Parce que les femmes noires ressemblant à Zozibini Tunzi la nouvelle miss Univers sont peu mises en avant.
Je me pose donc la question : les hommes noirs sont-ils les seuls darkskin autorisés dans les sitcoms afro américains ?
Si à cela vous me répondez : « ses séries datent de 20 à 30 ans », désolé de vous le dire mais rien n’a vraiment changé. Et pour vous le prouver, une image valant mille mots, que direz-vous de non pas une, mais deux photos de cast récent de shows afro sur Netflix ?

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Queen Sugar et la vulnérabilité de l’homme noir

C’est l’un de mes coup de cœur 2016, Queen Sugar créée et dirigée par le cinéaste Ava DuVernay à qui on doit Selma et I will Follow. Elle nous offre avec cette série une vision intimiste de la vie d’une famille afro-américaine en Louisiane. Je souhaite parler dès maintenant (avant visionnage des derniers épisodes) de Queen Sugar qui j’espère aura beaucoup de saisons, parce qu’elle est la preuve vivante de l’utilité du slogan #RepresentationMatters.

Le synopsis pour celleux qui ont pas encore vu : Suite au tragique décès de leur père, trois frère et sœurs doivent unir leurs forces pour reprendre les rennes de la ferme familiale de canne à sucre.

Les personnages ont été écrites par une afro-américaine et ça se voit. Jamais dans le cliché, et surtout sans fard, aucune fausse note jusqu’au choix du soundtrack musique qui est juste parfaite.
Queen Sugar c’est également une série qui tombe à pic en ces moments troubles de tension raciale aux USA. Là je précise aux États-Unis parce que cette série soulève des problématiques spécifiques aux afro-américains et aux afros vivant aux USA. Cela n’empêche en rien de trouver des similitudes avec la situation des Noirs en général, mais il ne faut surtout pas trop s’approprier l’histoire que veut nous raconter Ava DuVernay. Je sais que ma phrase peut sonner bizarrement, mais tous les détails sont «américano centré» du choix du décor (la plantation de canne pour la grande majorité des scènes), de la ville (Louisiane) et aussi de la narration. Pour ma part, je peux apprécier une série sans qu’elle me soit forcément destinée et ce qu’il y’a pour moi de plus percutant c’est le rôle de Ralph Angel interprété par le magnifique Kofi Siriboe.

COUCOU TOI
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Plus sérieusement ce rôle est en opposition directe avec les stéréotypes souvent associés à l’homme noir à la télé. Mais sans faire abstraction des préjugés lié à la condition d’homme noir. Le plus souvent on se retrouve avec la mère célibataire et le père absent, Ava DuVernay fait le contraire et montre plutôt la vie d’un père célibataire. Ces galères de père célibataire, ancien prisonnier qui essaie de combattre un système ou qu’importe le choix, le perdant sera toujours lui. Entouré de deux sœurs, il est celui ayant le moins réussi socialement et ce n’est pas anodin.

Je suis fan de séries pour des chef-d’œuvre de ce genre, dans une société américaine ou les hommes afros sont incarcérés en masse alors que les femmes afro-américaines sont de plus en plus diplômées ce qui ne les protège pas pour autant mais autre débat, réussir à nous montrer la vulnérabilité de l’homme noir, mais aussi le traitement sexe/race de la société américaine dans toutes ses sournoiseries relève tout simplement du génie.