Archives du mot-clé Beyonce

Est-ce que Black signifie vraiment King ?

J’ai vu Black is King de Beyoncé et visuellement elle a encore une fois fait le taff.

Elle ne nous a pas laissé tomber et le sens artistique est là, les sons qu’on connaissait déjà et qu’on peut donc chanter à tue-tête , les collaborations triées sur le volet, les costumes.

Je sais que je suis faible de succomber à cette vision rêvée et afro-americano centrée de l’Afrique mais on a tellement peu d’œuvres capable d’avoir ce genre d’impact. Certaines sur Twitter appellent ce genre « la wakandification de la pop culture africaine». Vous savez penser qu’on est tous et toutes (nous les Afro-descendant.es de lignée royale.

La blogueuse @Clumsy_Mummy rappelle d’ailleurs sur Twitter :

« chez les Soninkes tout le monde n’est pas roi ou reine ni chef de village … d’où les tensions dernièrement entre les castes des esclaves et les nobles.»

Dans mon pays d’origine (Haïti) on a également cette mentalité « Royale». Beaucoup de généraux disaient descendre de prince, royauté. C’est le cas de Toussaint Louverture qui est pour nous un Prince. Je ne sais toujours pas si on avait la preuve qu’il l’était vraiment… On raconte, au sujet de ses origines, qu’il aurait été le fils de Gahou Deguénon, un prince africain d’Allada (actuel Bénin). Cette rumeur circulait de son vivant et je pense qu’il n’a rien fait pour le démentir car on en avait besoin justement.

Peut-être que c’est normal qu’on veuille à tout prix être d’ascendance royale. On est juste toujours coincé dans cette phase où on est tellement pas traité comme des êtres humains depuis des siècles qu’on cherche à tout prix à se grandir. Et c’est ainsi qu’on se retrouve avec la réthorique Black is King de Beyoncé.

Pour bien appuyer ses dires, Beyoncé nous sort un film hauts en couleur et fort en symboles.

Brown skin girls est mon préféré 🤎
Oui le majordome est blanc et vous allez rien faire.

Mention spéciale pour tous les servants qui sont blancs. (Ce sont les seuls blancs dans le film.) J’ai éclaté de rire parce qu’elle est petty Bey il fallait le faire.

Celleux qui l’accusent de suprématie Noire et ne sont pas capable de voir que :

1. C’est de l’art ça sert également à faire passer des messages. Dans le cas présent le Noir étant le roi, le Blanc qui nous a esclavagisé nous sert. Oui on exprime notre rage à travers l’art : breaking news.

2. Qu’on vit dans une société tellement inégalitaire que ça n’arrivera jamais.

Je ne peux rien pour vous si vous êtes pas réceptifs chacun son truc, ainsi le monde est fait.

Concernant la production du film en lui même, d’un côté je suis un peu déçue que toutes ces jolies images soient la propriété de Disney mais en même temps c’est un peu hypocrite de ma part vu que je n’ai jamais été intéressée par Tidal. Donc who am I kidding ?

Pour conclure, non on est pas tous/toutes des fils/filles de Roi mais vous savez quoi ça change du trauma porn qu’on nous sert d’habitude. Mais y’a pas à dire Beyoncé elle est la Queen de la Pop Culture et elle nous le prouve encore une fois avec Black is King

The Gift de Beyoncé C’est ce qu’on appelle un collab project

Ce billet fait suite à celui sur l’album collab project no.6 d’Ed Sheeran.

Je sais que certain.es auront du mal à comprendre mais la ligne est mince entre appréciation culturelle et appropriation culturel. Ma critique d’Ed Sheeran n’était pas gratuite et je n’ai rien contre les albums de collaboration. Mais celui-ci est le parfait exemple de ce qu’est l’esprit culture vulture au contraire de l’album de collaboration de Beyoncé : the Gift.

Ce project collab est vraiment un cadeau 🎁 et je vous explique en quoi il n’est pas comme les autres.

POURQUOI

Ici on a un thème : Africa Spirit en lien avec la sortie du roi Lion. C’est la voix de Nala qu’on entend, et non celle de Beyoncé.

Parce que oui faire un album méli-mélo sans aucun lien, sans qu’on sache le pourquoi du comment juste pour être dans les charts en tant qu’artiste en 2019 c’est simplement plus possible. Tellement que j’ai honte de comparer les deux projets !

COMMENT

On ressent artistiquement une envie de mettre en avant des sonorités africaines et de les faire découvrir aux novices de l’afro fusion, afrobeat …

Ses choix vestimentaires également ne sont pas à prendre à la légère ; un serre tête qui est une création de la styliste ivoirienne Lafalaise Dion.

Lafalaise Dion

Ses tenues provenant encore de stylistes du continent telle que cette pièce de Tongoro Studio nous révèle également cette appréciation d’une culture africaine plurielle.

Tongoro Studio

Sur certains sons comme JA ARA E de Burna Boy, Keys to the Kingdom de Tiwa Savage & Mr Eazi, Beyoncé s’efface pour nous laisser apprécier et découvrir. Ce que n’a pas du tout fait Ed Sheeran.

Une image vaut milles mots.

Ceci est gênant

Ceci est un hommage

I mean, si vous êtes pas capable après ce billet de voir la différence entre appropriation et appréciation : je peux plus rien pour vous !

September Issue : les afro-américaines sont dans la place.

C’est du jamais vu pour une September Issue !

1 couverture par une afro-américaine originaire des Caraïbes.

1 couverture par une actrice africaine.

6 couvertures de magazine par des afro-américaines.

Quand on est une femme noire ne vivant pas aux États-Unis, peut-on vraiment profiter de la couverture médiatique des magazines de mode pour cette rentrée de septembre par des femmes afro-américaines ? Probablement pas.

Entendons-nous bien, je suis toujours de la team #Blackgirlismagic mais je tempère désormais mon enthousiasme, la rentrée de septembre est certes importante et voir autant de femmes noires en couv en 2018 fait toujours plaisir, mais je ne peux m’empêcher de penser que la femme noire en France reste aussi invisible qu’en 2014.

Car en effectuant une recherche rapide sur internet, tout ce que j’ai pu trouvé comme couvertures de femmes noires en France ce sont :

des stars afro-américaines,

des top model afro-américaines bref d’une couverture de Naomi Campbell à celui de Beyoncé en passant par Alicia Keys, in Joséphine Baker name, on sait l’amour que l’on porte ici aux stars noir.e.s. Cela nous a-t-il déjà profité ?

Je ne peux pas vous citer les magazines français ayant mis en couverture une afro-française ou afropolitaine, parce qu’à part Aissa Maiga j’ai du mal à trouver.

Si vous retrouvez des Une de magazines par des noires vivant en France je suis preneuse.

Qui sait ? C’est peut-être l’occasion d’ouvrir un débat.

#Lemonade : hymne à la libération de la femme noire

Je dois avouer que je ne me rendais bien compte que j’avais arrêté d’écrire par manque total d’inspiration. Cela fait maintenant près de six mois que j’ai perdu l’envie mais un album comme #Lemonade vaut bien le coup que je sorte de mon apathie alors merci Beyoncé !

Par sa sensibilité, cet album m’a vraiment touché. Mon rapport avec Beyoncé a toujours été assez complexe. Pendant longtemps je lui ai reproché un son trop lisse, le mot « trop » toujours me venant à l’esprit. J’étais vraiment le genre de personne à lui reprocher son perfectionnisme.

Dès les premières notes, ce qui m’a surprise c’est de trouver un album aussi personnel. Il faut dire que BEYONCE en 2013 avait déjà fait une grande partie du travail. Mon enthousiasme pour cet album féministe ne tarira jamais.

Mais revenons à #Lemonade !

On ne peut pas passer à côté du fait que cet album parle de sa vie intime avec Jay-Z. J’ai vu passer plusieurs tweets rigolant du fait qu’on est peut être en train d’assister à un divorce en direct. On a l’habitude de voir Beyoncé parler de Jay-z mais plutôt à coup de Drunk in love et Crazy in love. Pas de Hold up et don’t hurt yourself… Mais au-delà de la dimension personnelle, aborder le thème de l’infidélité et du pardon en passant de la dureté à la douceur dans le même album. Quelle finesse !

En tant que femme noire j’ai appris à cacher ce que je ressens, qu’il s’agisse de la colère thème récurrent que l’on retrouve à plusieurs reprises, ou de combattre mes propres insécurités et je peux comprendre comment il est difficile de se dévoiler dans un monde qui ne nous pardonne rien.

Raison pour laquelle je dirais qu’avec #Lemonade on assiste à la libération de Beyoncé
//giphy.com/embed/26AHJGQPw92E2p4zu

via GIPHY

 

Et voir une Beyoncé libre de toute politique de respectabilité  est la plus belle chose qui me soit donnée de voir. Je me sens chanceuse de vivre l’émancipation en directe d’une telle chanteuse.

bey

On a aussi ce besoin de liberté.

Et cette soif de justice.

Je pense que ça doit être la raison pour laquelle j’ai pleuré à l’écoute de Freedom.

Dans Freedom Beyoncé fait un parallèle entre la situation des afro-américains à l’époque de l’esclavage et la situation à l’époque actuelle, référence directe au #BlackLivesMatter avec en fond un parterre d’invités de Michaela de Prince en passant par Zendaya. Freedom me parle plus qu’aucune autre chanson ne l’a jamais fait dans ma vie.

Lemonade c’est aussi :

Une chanson comme All Night célébrant L’AMOUR inclus black love et les couples mixtes c’est pas que non blanc/blanc *tousse*

Hot sauce qui n’est autre que la batte  de Beyonce et ça on s’y attendait pas
//giphy.com/embed/3o6ozBUuLfzTCngAFi

via GIPHY