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September Issue : les afro-américaines sont dans la place.

C’est du jamais vu pour une September Issue !

1 couverture par une afro-américaine originaire des Caraïbes.

1 couverture par une actrice africaine.

6 couvertures de magazine par des afro-américaines.

Quand on est une femme noire ne vivant pas aux États-Unis, peut-on vraiment profiter de la couverture médiatique des magazines de mode pour cette rentrée de septembre par des femmes afro-américaines ? Probablement pas.

Entendons-nous bien, je suis toujours de la team #Blackgirlismagic mais je tempère désormais mon enthousiasme, la rentrée de septembre est certes importante et voir autant de femmes noires en couv en 2018 fait toujours plaisir, mais je ne peux m’empêcher de penser que la femme noire en France reste aussi invisible qu’en 2014.

Car en effectuant une recherche rapide sur internet, tout ce que j’ai pu trouvé comme couvertures de femmes noires en France ce sont :

des stars afro-américaines,

des top model afro-américaines bref d’une couverture de Naomi Campbell à celui de Beyoncé en passant par Alicia Keys, in Joséphine Baker name, on sait l’amour que l’on porte ici aux stars noir.e.s. Cela nous a-t-il déjà profité ?

Je ne peux pas vous citer les magazines français ayant mis en couverture une afro-française ou afropolitaine, parce qu’à part Aissa Maiga j’ai du mal à trouver.

Si vous retrouvez des Une de magazines par des noires vivant en France je suis preneuse.

Qui sait ? C’est peut-être l’occasion d’ouvrir un débat.

Nèg mawon : l’esclavage et le marronnage

Pour ce billet je parlerai uniquement du marronnage en Haiti. J’utiliserai aussi le terme nèg marron (en créole qui signifie nègre marron)

Parler de l’histoire en Haïti sans mentionner la révolution et l’esclavage est tout simplement inconcevable, comme on ne dissocie pas l’esclavage du marronnage. Il y a une telle fierté d’avoir gagné la liberté par le sang, dans la douleur, et sans concessions aucune. La photo qui illustre ce billet représente le monument au Marron inconnu, un nèg mawon qui est la figure même de l’esclave qui refusait de se soumettre. Cette statue se trouvant en face du Palais national, cela montre la place centrale qu’occupe le nèg mawon dans la révolution Haïtienne. Ici le nèg mawon a une chaîne brisée au pied et tient une machette de coupeur de cannes à la main tout en soufflant pour appeler à la révolte. Sur l’île en cours d’histoire dès le collège on apprend encore aujourd’hui les dates liées au marronnage mais aussi les grands noms de nèg mawon.

On apprend par exemple que le mouvement marron débute à Saint-Domingue avec Padre Jean, première figure connue de nèg mawon qui remonte au XVIIème siècle.

Que contrairement à ce qu’on peut croire, c’est un mouvement parfaitement orchestré. Que les esclaves ont tenté par tous les moyens d’échapper à leur condition par le marronnage, le suicide, l’avortement ou encore l’empoisonnement. Qu’un nèg mawon qui était retrouvé était mutilé : le tendon d’Achille entaillé pour empêcher une autre fuite, l’oreille coupé pour le marquer.

Le fait que le marronnage ai pu jouer un rôle aussi important sur cette île doit beaucoup au relief montagneux qui permettait aux esclaves de fuir plus facilement et se cacher plus longtemps. Les nèg mawon réussirent à vivre en groupes dans les forêts. Réussirent à pratiquer le vaudou et surtout à se réunir.

La cérémonie du Bois-Caïman qui est l’une des plus importantes réunions de nèg mawon eu lieu dans la nuit du 14 août 1791 et est considérée aujourd’hui en Haïti comme étant le mouvement ayant permis la révolution et la guerre d’indépendance. Le fait est qu’il est facile de douter de l’organisation stratégique des nèg mawon, de plus l’histoire fait peu cas d’eux.

J’ai eu la chance d’aller à l’école en Haïti ce qui explique que je m’y connaisse un peu, sur l’esclavage, les nèg mawon et encore, que pour une île. Bon nombre de fois, en discutant avec mes amis racisés ayant vécu toute leur scolarité en France (métropolitaine ou DOM TOM) ce qui revient souvent c’est que les cours d’histoire sur la colonisation et l’esclavage, s’apparentent pour les profs à faire passer la pilule la plus rapidement possible. 

Aujourd’hui je suis fière d’être une descendante de ces esclaves, de ce qu’ils ont pu accomplir ces nèg mawon pour renverser tout un système. Et heureuse qu’ils ne soient pas tombés dans l’oubli. Que quelque part sur un petit bout de terre, subsiste ce devoir de mémoire.

#CANADA Michaëlle Jean , première femme noire gouverneur général au Canada

Michaëlle Jean est née en Haiti en 1957. Elle immigra dès son plus jeune âge au Canada avec sa famille. Ses parents ont en effet fui la dictature de Duvalier en 1968 pour vivre à Thetford Mines, au Québec. En 1983, elle obtient son bachelor en Italien et Études Hispanophones auprès de l’Université de Montréal. Et en 1986, un Master en Littérature comparée. Grâce à ces études, elle parle couramment cinq langues : le français, l’anglais, l’italien, l’espagnol et le créole haïtien.

Bien que Michaëlle Jean soit surtout connu comme étant la première noire gouverneur général du Canada : poste qu’elle occupa de 2005 à 2010, il me semble important de souligner le travail d’activiste social qu’elle a mené pour les femmes et les enfants à risque, tout au long de son parcours.

De 1979 à 1987, elle a travaillé avec Québec refuges pour femmes battues et aidé à établir un réseau de refuges d’urgence au Québec. Elle a aussi coordonné une étude sur les femmes en tant que victimes dans des relations abusive qui a été publié en 1987.Michaëlle Jean a également travaillé avec des organisations d’aide aux femmes et aux familles immigrantes.

Cependant en Amérique du Nord, elle est plutôt connu, avant sa charge de gouverneur général pour sa brillante carrière de journaliste comme présentatrice et d’animatrice d’émissions d’information à la télévision publique canadienne, au réseau français à Radio-Canada et au réseau anglais CBC Newsworld.
Côté vie privée, elle est mariée au cinéaste français Jean Daniel Lafond et a d’ailleurs participé à un certain nombre de films
documentaires signés par lui, notamment La
Manière nègre ou Aimé Césaire chemin faisant, Haïti dans tous nos rêves, L’heure de Cuba.

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@ Unesco

Depuis la fin de sa charge de Gouverneur général, Michaëlle Jean a été nommé en 2011 envoyée spéciale de l’ UNESCO en Haïti dans le but d’obtenir des fonds pour la reconstruction du patrimoine haïtien et favoriser l’éducation. Elle a aussi mis en place la fondation Michaëlle Jean visant à aider les jeunes en milieu défavorisé et à promouvoir les Arts. Elle est également depuis 2012 chancelière de l’université d’Ottawa.