Archives du mot-clé femme noire

Misogynoir à l’action : le traitement médiatique de Naomi Osaka

Le traitement de Naomi Osaka par les médias est profondément négrophobe et rien ne me fera changer d’avis sur le sujet. Prenez l’Equipe par exemple. Pour eux, la jeune femme est :

dépassée par la polémique qu’elle a initiée en décidant de boycotter les médias pour ‘préserver sa santé mentale’.

Petite mention pour les guillemets

Le choix des mots est important et dans un monde où Benoît Paire après son craquage médiatique était perçu comme « en détresse psychologique » pour reprendre les mots de RMC Sport, il est important de souligner le mauvais traitement des femmes racisées par les mêmes médias si compatissants envers les hommes. 

Ma principale préoccupation est le bien-être de Naomi Osaka mais nous devons avoir une conversation sur le biais misogynoir dans cette situation… 

Ce n’est pas une première, les femmes athlètes noires sont TOUJOURS mal perçues. Une tendance très claire se dégageant à chaque fois : le biais raciste et sexiste toujours présent. 

La journaliste Douce Dibondo le rappelle d’ailleurs sur Twitter. Cette fois le discours misogynoir est « un zeste coloriste. Osaka est qualifiée de «princesse», «capricieuse», «étoile vacillante » quand Williams était caricaturée en muffle, énervée, caractérielle. L’une incarne une féminité à corriger et renforcer, l’autre… est dénié de féminité parce que noire foncée».

On voit donc que tous les moyens sont bon pour dire à ses femmes de « rester à leur place ». Celle qu’on veut bien leur assigner. Et si elles ont le malheur de ne pas correspondre à l’image que le monde attend d’elles, c’est une descente en flammes.

Serena Williams le comprends d’ailleurs trop bien, « J’aimerais la prendre dans mes bras parce que je suis passée par là aussi », explique -t-elle lorsqu’on lui apprend que sa jeune consœur déclare forfait.

Car elle sait comment les femmes noires sont traitées lorsqu’elles donnent la priorité à leur santé mentale. Ce qui ne change pas avec une société misogynoir c’est que la souffrance des femmes noires (ou perçues comme telles) compte pour du beurre. Toujours minimisée, déshumanisée, telle est la place de la femme noire dans les médias.

Une histoire de fesses

Comme l’a rappelé une twittas le 1 janvier 2021 (Bonne Année en passant) ça fait une décennie qu’on nous a sorti l’une des plus (grosse) arnaques de la pop culture des années 2000. À savoir : les fesses de Pipa Middleton. Vous savez de quoi je parle. Après ce mariage on a plus parlé des fesses de Pippa Middelton que du couple royal lui-même.

Vous devez vous dire : c’est quoi cette histoire de fessier encore ? Si vous restez jusqu’au bout, vous allez comprendre où je veux en venir.

Cette arnaque du cul, il a aussi connu un boom avec des trendsetter pas comme les autres. Je déteste même l’idée de l’écrire parce que ce sont des cultures vulture, elles piochent allègrement dans la culture afro-américaine pour nourrir leurs tendances. Mais c’est ce qu’elles sont des trendsetter.

Vous savez ça m’énerve assez de les voir lancer des «tendances» comme avoir un gros cul et des lèvres pleines. Parce que justement les femmes Noires ont dû dès le début du commerce triangulaire avoir honte de leurs fessiers. Du moins les femmes Noires qui sont soumises au regard blanc.

Les femmes Noires n’ont certes pas inventé d’avoir un gros cul, mais c’est quelque chose qui nous a toujours été associé.

C’est un fait , les Blancs du XXe siècle avaient cette phobie imaginaire de la «grosse femme noire». Tout était bon pour dégrader le corps noir et discipliner les grosses femmes blanches, c’est resté dans l’imaginaire.

Tout ça pour dire : LA BEAUTÉ EST UNE CONSTRUCTION SOCIALE.

Les normes de beauté changent constamment et maintenant la roue tourne tourne. Les femmes Blanches des années 2020 n’ont qu’un rêve : avoir un fessier rebondi.

Si vous êtes assez vieux, vous vous souvenez que les femmes blanches étaient en fait terrifiées par l’idée d’avoir des fesses.

Maintenant on se retrouve avec des articles à la gloire de Kim Kardashian dévoilant enfin le secret de ses grosses fesses.

Y a même pas 10 ans on se retrouvait avec des dialogues dans les séries comme Degrassi à base de « oui ça rend mes fesses trop grosses là, faut cacher ça ».

Maintenant les Blanches qui ont un gros cul sont placées sur un piédestal tandis que les Noires sont encore très fétichisées.

Je me souviens de chaque film ou émission de télévision que j’ai vu en grandissant lorsqu’une femme Blanche disait avec terreur: « Est-ce que ce jeans me fait paraître gros? »

Vous vous souvenez tous de la scène de Mean Girls où Regina s’était énervée parce qu’on lui a dit qu’elle avait un gros cul et elle s’est offensée et tout le monde s’est moqué d’elle 🥴

Je me souviens de Queen Latifah dans Body Shop posant la question : « Est-ce que j’ai un gros cul » mais disant merci ou que c’est ce qu’elle cherchait quand la réponse était oui. C’était clairement une réappropration de la façon dont les femmes Noires avaient honte d’avoir de gros culs (qui n’étaient même pas «gros» pour commencer) et maintenant c’est une tendance…

C’était à la même époque que les créoles, les lèvres pulpeuses, les ongles longs, les tresses, les perruques étaient considérés comme ghetto … mais maintenant que les femmes Blanches les utilisent, c’est devenu un courant dominant.

Donc la prochaine fois que vous verrez un article dans les médias vantant les fesses rebondies d’une énième femme Blanche, pensez à l’arnaque que c’est. Des femmes Noires ont été déshumanisées pendant des siècles pour qu’aujourd’hui on vante les fesses en silicone de femmes blanches.

L’arnaque du siècle.

Tout ce qui ne va pas avec la couv de Télérama avec Lous & The Yakuza

Vous le savez déjà, mon blog sert à déconstruire la Pop Culture donc ce que je vais vous faire, c’est une critique de la couverture no 3693 de Télérama. Cela ne veut pas dire que je critique l’artiste. Merci de saisir la nuance !

Je vous vois déjà marmonner : « Qu’est-ce qui ne va pas avec cette couv, des années que tu nous bassine pour avoir une couverture en France avec une femme Noire et ça ne va toujours pas . »

La fameuse Couv

Et bah non ça ne va pas. Déjà c’est intéressant de souligner qu’une artiste afro-belge a plus de chance de décrocher une couv en France qu’une artiste afro-française. Oui je pense sincèrement à une Aya Nakamura mais on va pas se mentir elle n’est pas du genre de la maison. Une Aya qui est française ne va jamais intéresser les médias français dans tous les cas. Depuis Joséphine Baker, on nous a habitué à ça. Iels préfèrent donner de la force aux Noir.e.s qui ne sont pas français.e.s. Va savoir pourquoi (moi je dis des bails de colon).

Détrompez-vous, je suis contente pour Lous qu’elle puisse profiter de cette opportunité pour atteindre un plus grand public. La Sis a du talent donc il faut qu’elle soit reconnue pour. Mais le titre déjà nous perd. On a droit à un fade :

Lous and The Yakuza. Et en plus petit caractère (Meryl, Bonnie Banane,Tessae, Tessa B.) L’heure est aux rappeuses.

Déjà Meryl vient d’être nominée aux BET de cette année, elle mériterait une couv à elle toute seule si l’on veut vraiment parler de rap. Mais bon elle est une Noire de France qui rappe vraiment donc pas droit à la couv, en plus elle parle peut-être un peu trop de sujets qui fâchent.

La rappeuse Meryl

Ensuite l’une des premières choses que j’ai apprise sur Lous and The Yakuza puisque je suis en vrai une grande fan c’est que son nom Lous bah c’est juste soul à l’envers. Puis ces journalistes ont-iels eu l’opus ? Parce que Gore son premier album qui vient de sortir, c’est du rnb si vous voulez, un peu de soul et beaucoup de pop. Mais du rap ? Première fois que je la vois sur une étiquette de rappeuse.

Mais bon j’imagine que son aestethic a plu et qu’iels ont voulu faire un gros melting pot.

Si les deux premières sont des femmes Noires. Disons les choses les trois autres noms dans la liste sont des femmes Blanches qui font juste de l’appropriation culturelle.

Tout ceci traduit de l’importance d’avoir des journalistes Noires dans votre rédaction @ Télérama.

Parce que la photo également ça ne va pas DU TOUT comme si cela ne suffisait pas. Je suis désolé mais la lumière est un désastre. J’aime le style de Lous & The Yakuza et j’ai déjà vu des photos magnifiques d’elle donc je peux vous assurer qu’il y’a un truc qui cloche avec la luminosité de cette photo.

Voyez par vous-même pour la luminosité.

Donc Télérama pour cette couverture si je devais noter à l’américaine, je vous donnerai un E pour Effort.

Tout le monde s’en fout de la douleur des femmes noires : le cas Megan

Vous avez sûrement remarqué que plusieurs médias ont souhaité un bon anniversaire à Tory Lanez. Ça fait seulement deux semaines qu’il a agressé Megan en lui tirant dans les pieds à plusieurs reprises. Si son acte a été minimisée, je vous laisse imaginer ce que cela aurait donné si Tory Lanez avait tiré sur Kylie Jenner dans ses deux pieds, on est sûr à 100% que cette histoire aurait une médiatisation entièrement différente.

Parce que Megan est une femme noire, l’industrie du divertissement et les réseaux sociaux ont tourné la situation en dérision ou sont complètement silencieuses.

Ce traitement méprisant de la souffrance d’une chanteuse noire vient de ce mythe de la femme noire invincible, résistante à la douleur. Pourtant les femmes noires sont comme tout le monde, avec des émotions et ressentant de la douleur.

Sauf qu’en il s’agit de trauma porn, les tribulations et peines des femmes noires sont moquées ouvertement car ce qu’elles ressentent ne comptent pas, tout en bas dans l’échelle de valeur de la vie, elles doivent sauver tout le monde sauf elles-mêmes.

Pour toutes ces raisons, les médias ont laissé tomber cette femme. C’était déjà le cas à l’époque de Malcom X, et c’est toujours à l’ordre du jour. Les femmes noires sont les êtres les moins protégés du monde en général. Leurs larmes sont sujets de meme chez tout le monde, parfois même chez les hommes noirs.

Oui, les médias ont laissé tomber cette femme noire, tout comme la communauté noire, ma communauté en général. Il nous est devenu si courant de faire des blagues sur tout que nous oublions de protéger les femmes noires de la société. Si tout ça arrive à une femme qui avec le hot girl Summer a mis le feu à l’été 2019, imaginez donc ce que vivent les femmes noires grandes invisibles dans une société patriarcale et raciste.

Profil type en misogynoirie

Peu importe le sujet quand il s’agit de mépriser et afficher sa haine de la femme noire il y’a du monde mais en vrai ce sont toujours les mêmes profils qui se dessinent.

Quand on parle de misogynoir en France en tout cas on en distingue trois types. Ici je vais vous les présenter exemple à l’appui en analysant leurs interactions avec LA femme noire qui les dérange tous les trois pour ce qu’elle symbolise : Aya Nakamura.

Le Misogyne Noir

Cet homme noir français qui fait partie de la team « tout est noir sauf nos meufs » a une sacré habitude : celui de dénigrer les femmes noires régulièrement sur Twitter pour amuser la galerie.

En semaine 1 leur cible c’est Aya Nakamura. Comme en semaine 2 et 3,4 vous me direz si vous traînez sur le net. Car la chanteuse de tous les records ne trouve jamais grâce à leurs yeux. En cause : sa beauté et sa féminité souvent remise en cause. C’est d’ailleurs à cela qu’on reconnaît le nec plus ultra du misogyne Noir. Il a tendance à être adepte de la comparaison de la femme noire à un mec. Car voyez-vous sa haine de soi est tellement forte qu’il en oublie être lui-même le fils d’une femme noire.

Le Négrophobe notoire

La deuxième place en misogynoirie revient au négrophobe notoire. Sa haine du Noir trouve racine dans ses préjugés racistes. Souvent racisé lui-même, vous le verrez cette semaine afficher Uyghur lives matter plutôt que Black lives matter car faut pas déconner😡.

Et Free Palestine pendant qu’on y est. Car bon… le négrophobe veut bien parler d’injustice tant que ça ne concerne pas les Noirs.

Le tabou entourant le fait qu’on ne veuille pas questionner la négrophobie rampante dans les autres communautés racisés l’aide à prospérer dans le plus grand des calmes. Il passe son temps à critiquer Aya sur son physique , sur son maquillage , ses wigs. Si la chanteuse le dérange pour ce qu’elle représente en tant que femme noire prospère, ce spécimen déteste toutes les femmes noires de façon obsessionnelle.

La négrophile random

Ne vous fiez pas à sa place de petite dernière ! Souvent à la recherche de l’approbation de l’homme noir dénigrer la femme noire c’est son passe temps favori, la misogyne intériorisée qu’est la négrophile random est une femme blanche souvent (mais pas que) cherchant à se faire mousser tout en prouvant sa supériorité sur la femme noire. Pas de sororité qui tienne pour cette négrophile random 😩

Meme inconnu

Fétichiste de la bite noire, elle n’aime pas Aya Nakamura puisqu’elle voit toute femme noire comme une rivale à éradiquer.

Voilà maintenant quand vous les verrez passer humiliant fièrement Aya Nakamura souvenez-vous de ce qu’elle représente pour elleux, une femme noire avant tout.

Vous aimez mes écrits, vous pouvez me soutenir ici

Pour plus d’infos Pop Culture suivez-moi sur Instagram et Twitter : @miladytay

Le colorisme dans les séries afro-américains

Et si on parlait du colorisme dans les séries afro US ?
Beaucoup en manque de représentations du côté de la France doivent se demander je veux en venir. Critiquer les seules séries où on pouvait voir des familles noires peut paraître de trop…
Sachez cependant que pour chacune des séries afro américaine les plus mythiques, il suffit de comparer le traitement du rôle féminin lightskin vs le rôle féminin darkskin pour se rendre compte que le colorisme finit toujours par se mêler de la partie .
Prenons par exemple la série Martin datant des années 90. Dans le sitcom, Pam est stéréotypée dès le début comme une angry black woman, Martin la comparant souvent à un animal. Au contraire de Gina rôle féminin principal (comme de par hasard à la peau plus claire) qui a « le bon rôle » de la femme sympathique et aimante.
Comme si cela ne suffisait pas, on ne compte plus les actrices darkskin qui se sont fait remplacer par des actrices lightskin au fil des ans.
La preuve : toujours dans les années 90, le succès de la série le Prince de Bel Air n’empêche pas le départ de Janet Hubert jouant le rôle de Vivian Banks. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais pour la remplacer iels auraient pu choisir une actrice ressemblant à Janet Hubert mais non , le choix se porte sur une lightskin et c’est la raison pour laquelle cette action parle d’elle-même.
Rebelote dans Ma famille d’abord datant des années 2000. On sait que l’actrice qui jouait Claire, la jeune fille du couple a dû quitter la série pour des raisons familiales. Mais pourquoi elle a été remplacée par une jeune fille la plus claire de peau possible ?
Parce que les femmes noires ressemblant à Zozibini Tunzi la nouvelle miss Univers sont peu mises en avant.
Je me pose donc la question : les hommes noirs sont-ils les seuls darkskin autorisés dans les sitcoms afro américains ?
Si à cela vous me répondez : « ses séries datent de 20 à 30 ans », désolé de vous le dire mais rien n’a vraiment changé. Et pour vous le prouver, une image valant mille mots, que direz-vous de non pas une, mais deux photos de cast récent de shows afro sur Netflix ?

Vous aimez mes écrits, vous pouvez me soutenir ici

Pour plus d’infos Pop Culture suivez-moi sur Instagram et Twitter : @miladytay

Mon regard de femme noire sur le sacre de Zozibini Tunzi Miss Univers 2019

Je ne suis pas une grande fan des concours de beauté. Vivant dans une société eurocentrée, je les fuis à cause de ce fameux mot « beauté » qui me rappelle tout ce que je ne suis pas (selon les critères de la dite société).

Je vous arrête tout de suite ce n’est pas que je ne suis pas fière de mon identité. Mais en tant que femme noire aux cheveux courts et crépus, je sais que je suis en bas de l’échelle de la « beauté ».

Alors ce que j’en pense de la victoire de Zozibini Tunzi à Miss Univers c’est que : ça ne changera probablement pas ma vie mais qu’est ce que ça fait du bien !

année 2 après mon deuxième big chop

J’ai 30 ans, j’en suis à mon troisième big chop et pourtant j’ai encore beaucoup de mal à accepter à 100% mes coupes à la garçonne.

Parce que pour la société mon capital beauté semblait augmenter quand j’avais les cheveux longs et défrisés.

C’est un fait ; et surtout ne venez pas me parler de vos goûts perso, quand je vous parle d’expérience.

Ajoutons à ça que Mon 3ème big chop s’est fait à cause de ma maladie (syndrome de Sezary) et le fait que je perdais mes cheveux, on a là le cocktail gagnant pour que je sois remplie de complexes capillaires.

Moi à ce jour

En anglais il y’a un mot qui est utilisé pour décrire ce dont je vous parle

Texturism: The idea that certain types of natural hair patterns are more beautiful than others

Dans notre société cette idée que le cheveu court et crépu c’est moins beau a la dent dure. Donc oui j’exècre ce que représente les concours de beauté, mais je suis humaine et voir quelqu’un qui me ressemble être Miss Univers, je ne peux qu’être heureuse pour elle car je sais ce qu’elle a vécue toute sa vie.

Vous aimez mes écrits, vous pouvez me soutenir ici

Pour plus d’infos Pop Culture suivez-moi sur Instagram et Twitter : @miladytay

Il y’a t-il de la place que pour un seul noir dans le judo en France ?

Émilie Andeol vient de faire un témoignage poignant dans Le Parisien concernant sa traversée du désert sur le plan professionnel.

« Aucun sponsor n’est arrivé, aucune proposition n’a été faite.

« On me disait : Tu comprends, il y a Teddy Riner. Et alors ? Je suis une femme, j’ai mon histoire… »

Traduction : il y’a de la place pour un seul noir.

Comme si l’existence même de Teddy Riner suffisait à balayer d’un revers de main ce que pourrait accomplir une femme noire et ronde, en insufflant l’envie à des adolescentes qui peuvent se projeter sur elle par exemple !

Émilie Andéol le dit d’ailleurs dans l’interview :

« Pas simple adolescente d’être pas très grande, ronde et noire, le sport m’a donné confiance en moi.

J’aimerais que mon parcours aide des jeunes…»

Dans l’article c’est d’ailleurs la seule fois où il est fait mention de sa couleur de peau.

Et c’est bien une partie du problème en France où ce jeu de dupes nous empêche de nous questionner vraiment sur les dynamiques de race. Car soyons sûr qu’une championne olympique blanche aurait déjà trouvé un emploi. Soyons honnêtes !

En substance ce qu’on comprend du message envoyé par les sponsors et entreprises français c’est que :

  • Il y’a déjà un noir de service dans le judo (Teddy Riner)

Et ce, peu importe qu’une femme noire ne vive pas exactement la même expérience qu’un homme noir.

Riverdale, 13 Reasons Why : Quand la misogynoir est au cœur des fandoms de séries teens US

Cette semaine on a eu droit à la sortie d’une troisième saison pas nécessaire sur Netflix de 13 Reasons Why ; l’une de leurs séries phares pour ados. L’actrice Grace Saif, qui joue une certaine Ani dans la série a supprimé tous ses réseaux sociaux. La raison ? Des fans ont essayé de l’intimider en écrivant des commentaires sur Internet car iels sont racistes, iels n’aiment pas son personnage.

L’actrice Grace Saïf

Le but de la série est de sensibiliser sur le harcèlement, on pourrait donc penser que les fans y réfléchiraient à deux fois. Et ben non ! Avouez que c’est quand même le comble pour une série censée lutter contre le harcèlement (lol) mais ça ne nous surprend plus l’harcèlement quotidien d’actrices noires.

Sur Twitter l’actrice de Riverdale (encore un teen show Netflix décidément) Ashleigh Murray a confié avoir elle aussi été victime d’insultes à caractère raciste.

Des gens m’ont traitée de singe, de trash, dit que j’étais une ratée, une noire sans classe, et m’ont dit de sauter dans un four parce que… Josie a embrassé Archie » écrit-elle

Le problème avec cette misogynoir qui s’étale sur les réseaux, c’est qu’elles ne sont pas vu comme des actrices mais plutôt des objets d’une haine qui font que toutes les raisons sont bonnes pour les renvoyer à des comparaisons douteuses et racistes.

On a pu le voir à maintes reprises dans la Pop Culture que ce soit avec des jeunes chanteuses comme Normani ou des actrices noires, en particulier à l’ère des réseaux sociaux. Pour ne citer qu’elles : la façon dont les fans ont traité Candice Patton (Flash), Anna Diop (Titans), Grace Saif (13 Reasons Why) et Ashleigh Murray (Riverdale) nous prouvent que peu importe le talent, le jeu d’acteur, c’est bien le racisme qui est à la base de leur harcèlement en ligne.

N’hésitez pas à me suivre sur Instagram et Twitter : @miladytay

Super Megan

Megan thee Stallion est la meilleure chose qui pouvait arriver au monde du rap et à la pop culture. Sa capacité à fédérer autour d’elle plein de femmes du milieu et sa fan girl attitude font d’elle une personne vraiment spéciale.

En plus de son talent, sa capacité à tisser des liens avec les autres femmes de sa catégorie (Lizzo, SZA, Nicki Minnaj) nous en dit long sur sa personnalité.

Voir les femmes noires exceller, être aimée, heureuses et avoir du succès peut-être irritant pour beaucoup de gens. Rien que le fait de s’assumer en étant bien dans sa peau dérange les mysoginoirs. Mais le bonheur des jeunes femmes noires qui voient en elle un role model suffit à me rendre le sourire.

https://www.instagram.com/p/B04pW_JhYK9/?igshid=c6q4liovyspu

Lizzo & Megan Thee Stallion

Un vent de fraîcheur texan on vous dit ! Droite dans ses bottes et sans chichi, elle refuse de prendre part aux polémiques futiles que tout le monde cherche à créer entre elle et Minnaj par exemple.

Son truc c’est l’empowerment de la femme noire ; elle veut juste qu’on profite de sa musique en ayant un hot girl summer et nous avions clairement besoin de ce genre d’énergie !

Son authenticité me parle tellement. De la même manière que le succès d’Aya Nakamura m’avait touchée. Une brown skin girl de la nouvelle génération qui dit non à la politique de respectabilité et donne de l’amour à ses consœurs, c’est tellement émouvant 💕