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Patriarcat internalisé : le cas Maïwenn

Est-ce qu’on peut en toute conscience en vouloir à Maiwenn d’avoir complètement internalisé le patriarcat et les pratiques éphébophiles de la société française ? C’est la question que je me pose depuis que j’ai lu son interview du 22 octobre 2020 dans Paris Match. Pour celleux qui n’ont pas suivi, en voilà un extrait :

Polanski a reçu un prix pour un film formidable, où est le problème? (…) Adèle Haenel doit avoir un gros bobo quelque part, pour être partie comme elle l’a fait. Le politiquement correct dans ce milieu exige de se déclarer pour elle. Eh bien moi je ne le suis pas..

Pour moi c’est typiquement un exemple de conditionnement social. Et c’est toujours les gens qui sont les plus grandes victimes du patriarcat qui vont succomber par réflexe à ce conditionnement.

À 15 ans Maiwenn épousait Luc Besson, un an plus tard elle a eu un enfant, à 16 ans. Si on prend tout ceci en compte, les pratiques ephebophiles représentent sa norme, c’est même ce qui l’a construit en tant que femme. Et personne n’a rien trouvé à redire à l’époque. Personne ne l’a protégé.

Par contre qu’elle ne puisse comprendre qu’Adèle Haenel a subi des attouchements de la part de Christophe Ruggia entre ses 12 et 15 ans. Parler de « bobo quelque part » quand il y’a eu tellement plus c’est d’une violence. Ne pas comprendre qu’il est donc logique qu’elle ne supporte pas de voir un pédophile récompensé. Qu’elle ne comprenne pas ça c’est une tout autre histoire.

Voyez-vous on a souvent deux réactions face au patriarcat. Celle Adèle Haenel ou de Maiwenn. Dans le cas de Maiwenn, elle a subi ce qui s’apparente clairement à un grooming, sa réaction est donc tout à fait…logique. Quelqu’un va donc enfin m’expliquer pourquoi on fait tous les choqués devant ses propos ?

Tu m’étonnes qu’elle est du côté de Polanski. Si c’était elle à la place de Samantha Geimer à 13 ans, elle aurait probablement épousé Polanski.

Eiffel : Illustration du male gaze au service du patriarcat

Avez-vous remarqué ce besoin dans le cinéma d’assoir la domination des hommes en romançant leurs relations avec des femmes à peine sortie de l’adolescence dont ils auraient pu être le père ? Il y’a d’ailleurs cette liste sur Sens Critique sur :

« Tous ces films où les vieux beaux finissent par se faire la jeunette et où la question de la différence d’âge ne se pose (presque) jamais … »

C’est ce à quoi on assiste avec le film Eiffel. Cette production française de Pathé qui a coûté la modique somme de 26 millions d’euros s’intéresse à l’histoire d’amour entre Gustave Eiffel et Adrienne Bourgès.

Sauf que… dans la vrai vie, le couple avait en réalité douze ans d’écart. Les acteurs Emma Mackey et Romain Duris qui interprètent leurs rôles ont vingt-deux ans d’écart soit un rajout de dix ans à l’écran.

Emma Mackey 24 ans, Romain Duris 46 ans.

On peut penser que c’est anodin mais ça ne l’est pas. Si le but était de respecter à la lettre la différence d’âge entre Eiffel et sa conjointe on aurait plutôt eu droit à une actrice trentenaire et non une Emma Mackey âgée de 24 ans face à un Romain Duris quand à lui âgé de 46 ans. Tout ce que cela nous prouve c’est qu’en 2020 on continue à banaliser ce genre de relation sans penser aux conséquences réelles dans un monde régi par le patriarcat.

Car, on est en pleine manifestation du male gaze. Dans ces films souvent dirigés par des hommes, la culture visuelle dominante impose au public d’adopter une perspective d’homme hétérosexuel.

Si maintenant je vous révèle que le film Eiffel est dirigé, réalisé par un homme êtes-vous étonné ?

Après peut-on s’étonner qu’un acteur connu ai commencé à fréquenter sa femme quand celle-ci était âgée d’à peine dix-sept ans.

Après peut-on également s’étonner de voir un pédophile comme Polanski récompensé aux Césars ?

Si on retrouve systématiquement des couples à l’écran avec une forte différence d’âge et toujours dans le même sens il ne faut s’étonner de rien.

Et la team « Romain Duris est trop beau🥺 » en vrai on s’en fout, suivez un peu. C’est bien enrobé mais ce qu’on vous sert avec ce film c’est un fantasme masculin. Bienvenue en patriarcat !

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