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De Green Leaf à Montero : l’histoire de l’homophobie dans le christianisme

Il faut qu’on parle des églises noires. Et de la façon dont ils ont créé le rejet de beaucoup de jeunes queer noir en utilisant l’homophobie comme rempart. Il s’agit dans cet article d’analyser la façon dont les identités Queer ont été sans cesse, rejetées et condamnées au nom de Jésus en s’appuyant sur des œuvres dans la Pop Culture. Je peux comprendre que cet article choque certains donc je vous invite à ne pas continuer si vous ne souhaitez pas lire des critiques sur l’église.

Si vous me suivez sur Twitter (@miladytay) vous savez sûrement que j’ai été élevé dans la foi catholique et chrétienne. J’ai de la famille adventiste du septième jour, pencotiste et ma mère m’a fait faire toute ma scolarité chez des sœurs. 18 ans à baigner dans un univers où la foi prévaut sur tout, je peux vous dire que la première chose qu’on m’a dit à propos de l’homosexualité c’est que c’est un péché. Déconstruire une homophobie qu’on m’a littéralement transmise, j’ai dû le faire seule. Grâce à mon amour de la Pop Culture et le fait de rencontrer des Queer via Twitter. Je vous mets le contexte pour comprendre de quel point de vue je pars mais en fait cet article n’est je vous assure pas par rapport à moi. Mais enfin me direz-vous c’est quoi ton point alors ?

De ce que j’ai lu, il y a de nombreuses preuves anthropologiques et sociologiques sur le fait que l’homosexualité a été présentée par les premiers explorateurs et missionnaires européens comme une preuve du bien-fondé de l’évangélisation des peuples africains. C’est donc une double sanction que subisse les queer afro descendants. La série Greenleaf offre l’occasion d’interroger la position discriminatoire de l’Église sur l’homosexualité. Greenleaf mesure le coût de la piété et du silence pour les personnes LGBT, et jette un regard sérieux et mûr sur les tensions et l’héritage des noirs queer dans l’église noire.

Parce que de nombreuses fois j’ai vu passer le débat de l’homophobie dans nos communautés sans jamais faire le lien entre cette haine et la religion. Je vous invite à regarder la série juste pour ça en vrai, car je peux vous assurer que la haine des homosexuels dans beaucoup de pays avec une communauté afro est intimement lié à la religion qu’ils pratiquent et cet œuvre le montre avec franchise. Mon intérêt pour le vaudou sur le tard me l’a confirmé. Tout ce qui est mal étant rattaché au vaudou, en Haïti les LGBTQ+ ont toujours su qu’ils pouvaient retrouver refuge dans la religion de leurs ancêtres. Le vaudou, parfois associé à un culte obscur, est réprimé par une partie de la population en Haïti. Mais parce que la culture vaudoue fait peu de cas des questions de genre, elle est accueillante pour les personnes queer, homosexuelles ou trans, confirme Mario LaMothe, professeur au département d’anthropologie de l’Université de Chicago et auteur de plusieurs livres sur les rituels religieux afro-caribéens.

Nous avons toute cette conversation à cause de Call me by your name, Montero de Lil Nas X. La vidéo est symbolique dans le sens où il s’intéresse à la façon dont les membres du christianisme ont diabolisé l’existence des personnes LGBTQ + sur une idée fausse du «péché». Comme un goût de réclamation d’identité, reflétant toutes ces années à se faire dire «Tu vas en enfer!» pour simplement aimer et exister ! On stan #LilNasX qui réussit à aborder un sujet pas facile au prime abord en moins de 3 minutes ! Je vous invite à regarder la vidéo sur YouTube et bien sûr faites-vous vos propres idées. Mais il faut clairement que la communauté noire change sa façon de traiter les personnes queer. Car cette vidéo ou tout autre œuvre de noir queer littéralement «c’est ainsi que vos croyances et vos pratiques m’ont traumatisé. C’est comme ça que j’ai choisi de gérer ça »et pourtant les chrétiens ont réussi à tourner cette conversation sur le manque de respect et la fin des temps, au lieu d’écouter avec amour et d’être poussé à faire mieux. Moi la question que je me pose, c’est de savoir quand on sera amené à faire passer le bien être de nos sœurs et frères avant une religion. Il est temps un peu.

The One Netflix est une série écrite par un homme et ça se voit

ATTENTION SPOILERS – Tu sais cette impression tu as quand tu es une femme et que tu sais qu’une œuvre est écrite par un homme ? C’est exactement ce que j’ai ressenti en regardant la série The One de Netflix.

Toujours en tête des séries les plus vues en ce moment sur Netflix France, j’ai maté The One en deux jours et je ne comprends pas la hype.

The One suit la découverte révolutionnaire d’une équipe de chercheurs. Celle-ci met au point un test ADN qui permet d’identifier celui ou celle qui vous est réellement destiné : votre âme sœur. Cette trouvaille représente un réel espoir de trouver l’amour pour les célibataires, et se révèle très lucrative. Elle va aussi mettre en péril d’anciens couples »

Control freak, manipulatrice, menteuse compulsive : la série nous a tout fait et on le comprend vite : les anti-héros se sont les femmes. Ou plutôt les méchantes c’est selon. Disons les choses : Je n’ai rien contre les anti-héros mais la perso principale Rebecca Webb, qui est celle qui est à la tête de l’entreprise The One m’a crispée à chaque décision qu’elle a prise.

À ce stade je ne sais toujours pas si Howard Overman qui a écrit la série a voulu en faire une femme forte, pour moi ce qu’on nous dépeint est trop proche de la caricature. « Espèce de pétasse » lui lancera d’ailleurs James, le chercheur brillant à qui on doit la découverte à un moment. Lui pauvre âme pris dans les filets d’une manipulatrice. Les hommes sont tout le long les grandes victimes de cette histoire. Le plus improbable c’est le couple Mark et Hannah Bailey. Une femme jalouse à l’excès qui au lieu de chercher son âme sœur, va chercher celui de son mari et s’attirer bien évidemment bien des problèmes. Mais qui fait ça ?

Dans une société patriarcale, le fait d’écrire une telle série même si c’est basé sur un livre (écrit par un homme) est un choix artistique fait par un esprit masculin et ça se voit. En 2021 j’attends mieux de Netflix, de notre société, des séries qui buzzent.

La seule femme du côté des bons (la police lol) fera littéralement tout son possible pour combattre la seule femme de l’équipe des méchants (la dirigeante de The One). Parce que combattre des hommes n’est pas une option dans l’œuvre. Y’a pas moyen, les hommes sont tous des victimes dans tous les cas.

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Le racisme, cette longue tradition de la famille royale britannique

Trois jours après la diffusion de l’interview événement du prince Harry et de Meghan Markle par Oprah Winfrey du 7 mars 2021, la famille royale est toujours en train de se foutre de notre gueule. Au cours de cet entretien, Meghan Markle a notamment révélé que certains membres de la Couronne s’inquiétaient de la couleur de peau que pourrait avoir son premier enfant avec le prince Harry. Meghan Markle n’est même pas noire, elle est « biracial » donc imaginez comment c’est du grand n’importe quoi.

Le traitement de Meghan par la famille royale est le dernier exemple d’une tradition séculaire de sexisme dans une famille où les princesses étrangères servent de boucs émissaires (RIP Lady Di), mais dans le cas de la duchesse de Sussex c’est aggravé à l’infini par le racisme et le colonialisme britanniques. Il est difficile de comprendre pourquoi tant de gens refusent de croire qu’un membre de la famille royale s’inquiète de la couleur de la peau d’Archie. On est en train de parler de la couronne britannique qui a directement bénéficié du colonialisme et de la traite des esclaves. Arrêtez d’être choqué par un racisme systémique profond qui est tout à fait leur normalité. On parle d’une famille 100% blanche depuis la fondation de leur dynastie il y a 103 ans. Vous imaginez à quel point cela doit être une volonté, qu’une famille ne se mélange pas pendant une centaine d’années ? À la question « Y a-t-il du racisme dans la famille royale?» que j’ai vu passer dans plusieurs médias, je n’ai qu’une seule réaction : je suis morte de rire.

La famille responsable du colonialisme, de la violence de masse et de l’assujettissement de plus de 450 millions de non-blancs à travers le monde, qui porte des bijoux en provenance d’anciennes colonies, baignant dans le sang des opprimés est donc pour vous plus blanc que neige ? En quoi est-ce même une discussion ?

On pourrait parler d’un seul membre de cette famille, le prince Philip par exemple. Alors celui-là c’est un raciste de haut rang si bien que c’est un secret de polichinelle. Tout le monde le sait. Vous n’avez qu’à Google, c’est votre meilleur ami. Prenez n’importe lequel de ses voyages diplomatiques dans un pays non blanc et c’est le festival de petits commentaires. La BBC parle de « gaffes » un mot bien politiquement correct pour décrire son racisme.

Alors désolé de vous le dire mais la Firme là elle a toujours été raciste et ce n’est pas demain la veille que ça va changer.

Pourquoi la suspension de Trump par Twitter n’est pas une atteinte à la liberté d’expression

J’ai vu passer toutes sortes de tweets de la part d’élus français (François Ruffin, Aurore Bergé) affirmant que la suspension permanente du compte de Trump est une atteinte à la liberté d’expression ou/et à la démocratie.

Petit rappel : Twitter est une entreprise PRIVÉE et comme nous vivons dans une société capitaliste aux dernières nouvelles, cela signifie que l’entreprise peut faire ce qu’elle veut une fois que vous violez ses conditions de service. Le fait est : Twitter est libre de faire ce qu’il veut sur sa plateforme et quand il le veut.

PERSONNE ne lui interdit d’utiliser ses droits en tant que citoyen à Trump, mais il doit ACCEPTER les conditions de service qui le lient par un contrat.

Si vous enfreignez les règles d’un contrat, ledit accord nul et non avenu. Le droit à la liberté d’expression est PUBLIQUEMENT protégé, c’est-à-dire par le gouvernement. Donc que des élus radotent dessus vraiment.

Si Trump veut créer son propre site Web et publier des billets ou des vidéos, personne ne va l’arrêter c’est son droit. Cependant sur une plateforme PRIVÉE, c’est soit il suit leurs règles ou c’est le ban.

De plus tout ce blabla autour de Trump qui se fait bannir pour quoi faire. Vous savez combien de gens se font bannir des réseaux sociaux tous les jours ? Depuis 4 ans, il enfreignait allègrement les conditions d’utilisation de Twitter. Son poste de président l’avait protégé jusque là de toute sanction.

De plus, TRUMP A VOULU FAIRE UN COUP DETAT AVEC DES SOUTIENS NEONAZI.

Donc tout ça mis bout à bout, non le monsieur ne s’est pas fait «restreindre» dans sa liberté d’expression. Je ne doute pas que ces potes neonazi vont le retrouver déversant sa haine très bientôt sur sa propre plateforme.

Une histoire de fesses

Comme l’a rappelé une twittas le 1 janvier 2021 (Bonne Année en passant) ça fait une décennie qu’on nous a sorti l’une des plus (grosse) arnaques de la pop culture des années 2000. À savoir : les fesses de Pipa Middleton. Vous savez de quoi je parle. Après ce mariage on a plus parlé des fesses de Pippa Middelton que du couple royal lui-même.

Vous devez vous dire : c’est quoi cette histoire de fessier encore ? Si vous restez jusqu’au bout, vous allez comprendre où je veux en venir.

Cette arnaque du cul, il a aussi connu un boom avec des trendsetter pas comme les autres. Je déteste même l’idée de l’écrire parce que ce sont des cultures vulture, elles piochent allègrement dans la culture afro-américaine pour nourrir leurs tendances. Mais c’est ce qu’elles sont des trendsetter.

Vous savez ça m’énerve assez de les voir lancer des «tendances» comme avoir un gros cul et des lèvres pleines. Parce que justement les femmes Noires ont dû dès le début du commerce triangulaire avoir honte de leurs fessiers. Du moins les femmes Noires qui sont soumises au regard blanc.

Les femmes Noires n’ont certes pas inventé d’avoir un gros cul, mais c’est quelque chose qui nous a toujours été associé.

C’est un fait , les Blancs du XXe siècle avaient cette phobie imaginaire de la «grosse femme noire». Tout était bon pour dégrader le corps noir et discipliner les grosses femmes blanches, c’est resté dans l’imaginaire.

Tout ça pour dire : LA BEAUTÉ EST UNE CONSTRUCTION SOCIALE.

Les normes de beauté changent constamment et maintenant la roue tourne tourne. Les femmes Blanches des années 2020 n’ont qu’un rêve : avoir un fessier rebondi.

Si vous êtes assez vieux, vous vous souvenez que les femmes blanches étaient en fait terrifiées par l’idée d’avoir des fesses.

Maintenant on se retrouve avec des articles à la gloire de Kim Kardashian dévoilant enfin le secret de ses grosses fesses.

Y a même pas 10 ans on se retrouvait avec des dialogues dans les séries comme Degrassi à base de « oui ça rend mes fesses trop grosses là, faut cacher ça ».

Maintenant les Blanches qui ont un gros cul sont placées sur un piédestal tandis que les Noires sont encore très fétichisées.

Je me souviens de chaque film ou émission de télévision que j’ai vu en grandissant lorsqu’une femme Blanche disait avec terreur: « Est-ce que ce jeans me fait paraître gros? »

Vous vous souvenez tous de la scène de Mean Girls où Regina s’était énervée parce qu’on lui a dit qu’elle avait un gros cul et elle s’est offensée et tout le monde s’est moqué d’elle 🥴

Je me souviens de Queen Latifah dans Body Shop posant la question : « Est-ce que j’ai un gros cul » mais disant merci ou que c’est ce qu’elle cherchait quand la réponse était oui. C’était clairement une réappropration de la façon dont les femmes Noires avaient honte d’avoir de gros culs (qui n’étaient même pas «gros» pour commencer) et maintenant c’est une tendance…

C’était à la même époque que les créoles, les lèvres pulpeuses, les ongles longs, les tresses, les perruques étaient considérés comme ghetto … mais maintenant que les femmes Blanches les utilisent, c’est devenu un courant dominant.

Donc la prochaine fois que vous verrez un article dans les médias vantant les fesses rebondies d’une énième femme Blanche, pensez à l’arnaque que c’est. Des femmes Noires ont été déshumanisées pendant des siècles pour qu’aujourd’hui on vante les fesses en silicone de femmes blanches.

L’arnaque du siècle.

Cette obsession française du racisme mais seulement aux USA

Ça y est ! Biden est élu 46ème président des États-Unis, on sait pas trop encore ce que ça veut dire pour le monde mais on sait qu’on est débarrassé de l’autre et vu le ras-le-bol général on va dire qu’il était temps.

Il y a eu comme tous les quatre ans une grande couverture des élections américaines et c’est normal je vais pas vous faire un cours de géopolitique, je pense que si vous êtes sur ce blog, vous connaissez déjà les enjeux. Déjà juste pour l’Accord de Paris.

Mais un truc qui m’agace dans cette couverture médiatique c’est bien cet intérêt soudain pour le racisme… que quand ça ne concerne pas la France.

Quand on parle du racisme aux USA, bizarrement tout le monde en France reconnaît volontiers que la société américaine a un sérieux problème de racisme structurel. Pourtant quand il s’agit d’évoquer le même problème en France c’est la dissonance cognitive.

C’est Napilicaio qui en parlait le mieux au micro de Kiffe ta race :

« En France, il y a une dissonance cognitive sur ces sujets. Quand tu parles de racisme, la personne en face va te dire ‘Mais t’es malade, on est au pays des lumières !’ mais quelqu’un n’a pas dû payer la facture depuiiiiis. »

Le racisme est toujours dans un ailleurs…très lointain si possible.

Contrairement à ce que veut nous faire croire les médias français la France n’est pas une zone magique où le racisme n’existe pas. Nous avons également nos propres cas de violences policières, qui comme aux Usa touchent dans sa grande majorité des personnes racisées. Ces violences policières sont le fruit d’un système où le racisme est institutionnel, puisque la France est l’un des pays ayant colonisé et esclavagisé le plus dans le monde. Les seuls qui peuvent battre le pays des lumières c’est l’Angleterre et l’Espagne.

À l’heure où une proposition de loi « sécurité globale » veut bientôt interdire de filmer les policiers, ça ne vous rappelle rien ce genre de lois ?

Il devient donc vital d’arrêter de pointer les États-Unis quand on a déjà beaucoup à gérer en France.

L’histoire oubliée des noirs américains dans la culture biker

Mon mari est passionné de motos, ce qui nous a amené à prendre le bouquet Automoto pour faire passer le temps pendant le confinement partie II.

Nous avons regardé le documentaire Choppers, let’s ride qui est assez instructif. L’on apprend ainsi l’histoire oubliée de deux hommes noirs en pleine ségrégation aux USA. Pourtant si vous écrivez chopper, biker, moto aujourd’hui sur Google, devinez ce qui remonte en premier dans les choix désormais.

le documentaire Choppers, let’s ride. Et figurez-vous que comme d’habitude il y a toujours un Noir caché derrière l’histoire qui a inventé tout un mouvement. Pourtant si on écrit chopper aujourd’hui sur Google, devinez ce qui remonte en premier dans les choix désormais. Le chopper qui représente pour beaucoup de bikers le summum de la liberté à cause de la position de conduite où tu ne fais qu’un avec la moto a été inventé par un homme Noir. Pas étonnant quand on apprend dans le documentaire que le chopper : « C’était l’équivalent culturel du jazz, de l’expressionnisme abstrait et du rock & roll. C’était la quintessence de l’expression culturelle américaine. »

Aujourd’hui, les constructeurs de moto sont plutôt des entreprises blanches.

Il y a eu quelques groupes de filles blanches, une flopée de mecs blancs et un seul mec noir qui sont intervenus tout au long du docu qui nous fait comprendre que dans la pop culture, l’homme blanc cis domine la culture biker ! Comme d’habitude, par l’intervention d’un homme noir, Will Thomas III , producteur et propriétaire du trico store, qu’on apprendra enfin le nom de l’homme noir qui a été à l’origine de tout ça : Ben Hardy.

Benjamin F. Hardy était un constructeur de motos sur mesure afro-américain qui a fait les choppers Captain America et Billy pour le film de Peter Fonda Easy Rider de 1969.

Easy rider : le film

C’est l’une des motos les plus emblématiques jamais construites, qui a capturé l’esprit d’une génération et est devenu un symbole d’anti-conformisme .

En collaboration avec un autre constructeur de motos noir lui aussi nommé Cliff Vaughs, Hardy a construit deux motos Billy et trois Captain Americas, dont l’une a été détruite dans le tournage du film, le reste ayant été volé. Le Billy était typique des motos personnalisées que les motards noirs conduisaient à l’époque.

Cliff Vaughs à gauche, Ben Hardy à droite

Parlons de Cliff Vaughs parce que son histoire est merveilleuse ! Membre du comité de coordination non violent des étudiants, un black Panther donc qui a parcouru toute l’Amérique à moto pour rencontrer des motards noirs et les photographier. C’est lui qui a le mieux vécu l’expérience du biker qui de nos jours marque la pop culture. Il a traversé de Los Angeles à l’Alabama en 1963, en pleine période de tensions raciales seul avec son chopper. On apprendra pendant le documentaire qu’il se faisait tirer dessus par des groupes de blancs parce que « fucking hell » il est un noir sur une moto. Peut-on faire mieux en terme de représentation de la liberté ? Ce mec était un pionnier et une légende.

De nos jours, la seule mention de POC dans la culture biker c’est la marque Indian qui est ce que le capitalisme a fait de pire en terme d’appropriation culturelle.

L’emblème des moto Indian

Ça a pris 35 ans pour que Peter Fonda reconnaisse le rôle de Cliff dans son film qui a changé la culture du biker. Alors la prochaine fois que vous verrez une moto dans la pop culture, pensez à Benjamin F. Hardy et Cliff Vaughs.

Tout ce qui ne va pas avec la couv de Télérama avec Lous & The Yakuza

Vous le savez déjà, mon blog sert à déconstruire la Pop Culture donc ce que je vais vous faire, c’est une critique de la couverture no 3693 de Télérama. Cela ne veut pas dire que je critique l’artiste. Merci de saisir la nuance !

Je vous vois déjà marmonner : « Qu’est-ce qui ne va pas avec cette couv, des années que tu nous bassine pour avoir une couverture en France avec une femme Noire et ça ne va toujours pas . »

La fameuse Couv

Et bah non ça ne va pas. Déjà c’est intéressant de souligner qu’une artiste afro-belge a plus de chance de décrocher une couv en France qu’une artiste afro-française. Oui je pense sincèrement à une Aya Nakamura mais on va pas se mentir elle n’est pas du genre de la maison. Une Aya qui est française ne va jamais intéresser les médias français dans tous les cas. Depuis Joséphine Baker, on nous a habitué à ça. Iels préfèrent donner de la force aux Noir.e.s qui ne sont pas français.e.s. Va savoir pourquoi (moi je dis des bails de colon).

Détrompez-vous, je suis contente pour Lous qu’elle puisse profiter de cette opportunité pour atteindre un plus grand public. La Sis a du talent donc il faut qu’elle soit reconnue pour. Mais le titre déjà nous perd. On a droit à un fade :

Lous and The Yakuza. Et en plus petit caractère (Meryl, Bonnie Banane,Tessae, Tessa B.) L’heure est aux rappeuses.

Déjà Meryl vient d’être nominée aux BET de cette année, elle mériterait une couv à elle toute seule si l’on veut vraiment parler de rap. Mais bon elle est une Noire de France qui rappe vraiment donc pas droit à la couv, en plus elle parle peut-être un peu trop de sujets qui fâchent.

La rappeuse Meryl

Ensuite l’une des premières choses que j’ai apprise sur Lous and The Yakuza puisque je suis en vrai une grande fan c’est que son nom Lous bah c’est juste soul à l’envers. Puis ces journalistes ont-iels eu l’opus ? Parce que Gore son premier album qui vient de sortir, c’est du rnb si vous voulez, un peu de soul et beaucoup de pop. Mais du rap ? Première fois que je la vois sur une étiquette de rappeuse.

Mais bon j’imagine que son aestethic a plu et qu’iels ont voulu faire un gros melting pot.

Si les deux premières sont des femmes Noires. Disons les choses les trois autres noms dans la liste sont des femmes Blanches qui font juste de l’appropriation culturelle.

Tout ceci traduit de l’importance d’avoir des journalistes Noires dans votre rédaction @ Télérama.

Parce que la photo également ça ne va pas DU TOUT comme si cela ne suffisait pas. Je suis désolé mais la lumière est un désastre. J’aime le style de Lous & The Yakuza et j’ai déjà vu des photos magnifiques d’elle donc je peux vous assurer qu’il y’a un truc qui cloche avec la luminosité de cette photo.

Voyez par vous-même pour la luminosité.

Donc Télérama pour cette couverture si je devais noter à l’américaine, je vous donnerai un E pour Effort.

Repose en paix Chadwick Boseman

Il y a de ses nouvelles que l’on refuse de digérer. Chadwick Boseman que le public connaît surtout pour son rôle de Black Panther (Marvel) est mort. La nouvelle a été annoncé par AFP à 4 : 07 ce matin.

« Chadwick Boseman meurt à 43 ans après 4 ans de lutte contre le cancer du côlon, a déclaré un représentant à AP. »

Étant moi-même malade, j’ai un syndrome de Sezary catégorisé comme un lymphome, je sais très bien ce que c’est de devoir cacher sa maladie aux yeux du monde. J’en parle un peu ici.

Quand j’ai abordé le sujet sur mon compte Twitter devant le malaise des gens j’ai préféré créer un autre compte pour parler juste de maladie. C’est à ce point que notre société ne veut pas parler de maladie au fait. Sur l’autre compte je suis suivi que par des malades et des amies proches.

Être malade, surtout avoir un cancer est une faiblesse qu’il faut cacher. Au début IRL également j’en parlais tout le temps mais face à la gêne des gens j’ai dû le cacher.

Et à Hollywood qui est une industrie tout dans le paraître cette règle de cacher ce qui nous ronge est puissance 1000. Vous avez remarqué les annonces de mort ou l’on apprend que notre star, réalisatrice préférée était malade depuis des années. Croyez-moi surtout depuis que je suis malade je le remarque tout le temps. C’est le risque de ne pas avoir de boulot qui les pousse au silence.

Comme le souligne Muruka sur Twitter :

Quelle société de merde quand même où on doit tout supporter en silence, cacher nos handicaps. S’il avait été ouvert au sujet de sa maladie, il n’aurait pas été en mesure de jouer ce rôle de Black Panther et cette vérité me brise le cœur. Chadwick Boseman a souffert en silence. Qu’il repose en paix

R.I.P 💖

La Kpop et l’appropriation culturelle

À la question « pourquoi les groupes de kpop finissent toujours par s’engager sur le chemin l’appropriation culturelle ? » la réponse est simple : parce que… (roulement de tambours) Iels s’en foutent de piller d’autres cultures.

Si vous êtes fan de Kpop et que vous ne voulez pas déconstruire votre vision de ce genre, passez votre chemin. Car ce que j’ai à dire est pénible à entendre pour les stans.

L’industrie de la Kpop s’en fout de faire de l’appropriation culturelle puisque… les groupes de kpop font volontairement semblant d’être ignorant en la matière, soyez certain que ce n’est pas une erreur de leur part. Pour les avoir vu se faire call out à chaque fois puis s’excuser mollement (parfois), on peut dire que le manque de considération est flagrant.

Ce qu’il y’a d’insidieux avec l’appropriation culturelle c’est qu’on va toujours te riposter que c’est par amour de la dite culture qu’on s’approprie, donc ce n’est rien de bien méchant. Sauf qu’au final on se retrouve dans le cas de la Kpop avec des groupes occupés à se faire de l’argent sur le dos d’autres cultures (afro américaine, desi, hawaïenne ) en mimant ce qui les amuse.

Il faut dire que se grimer régulièrement à coup de blackface et brownface c’est quand même le comble du mépris quand cela vient de gens qui sont de base à fond dans le whitewashing. La culture coréenne est réputée pour son utilisation des produits blanchissants. Pour être beau/belle il faut avoir la peau blanche.

Analysons maintenant le rapport de la Kpop à la danse, la plupart de leurs chorégraphies s’inspire en règle générale du breakdance sans jamais rendre hommage aux créateurs de cette danse ni même les mentionner à aucun moment.

À les voir se l’approprier on pourrait croire que la pop coréenne a inventé le breakdance. Sans jamais donner aucun crédit aux Noir.es qui l’ont rendu populaire.

Maintenant en ce qui concerne les fans : certain.es stans de Kpop sont négrophobe et iels ont toujours quelque chose à dire quand leurs favoris s’approprient d’autres cultures.

J’ai donc peu d’espoir d’une quelconque évolution dans cette industrie. Aujourd’hui la Kpop est devenue tellement incontournable et leur emprise grandissante ne change rien au fait qu’iels continuent à piller la danse, les tenues vestimentaires, les coiffures, ou encore mimer et se moquer d’autres cultures.

Bref iels veulent juste continuer à se déguiser en Noir.e le temps d’une chanson quoi.