Archives du mot-clé pop culture

Mon regard de femme noire sur le sacre de Zozibini Tunzi Miss Univers 2019

Je ne suis pas une grande fan des concours de beauté. Vivant dans une société eurocentrée, je les fuis à cause de ce fameux mot « beauté » qui me rappelle tout ce que je ne suis pas (selon les critères de la dite société).

Je vous arrête tout de suite ce n’est pas que je ne suis pas fière de mon identité. Mais en tant que femme noire aux cheveux courts et crépus, je sais que je suis en bas de l’échelle de la « beauté ».

Alors ce que j’en pense de la victoire de Zozibini Tunzi à Miss Univers c’est que : ça ne changera probablement pas ma vie mais qu’est ce que ça fait du bien !

année 2 après mon deuxième big chop

J’ai 30 ans, j’en suis à mon troisième big chop et pourtant j’ai encore beaucoup de mal à accepter à 100% mes coupes à la garçonne.

Parce que pour la société mon capital beauté semblait augmenter quand j’avais les cheveux longs et défrisés.

C’est un fait ; et surtout ne venez pas me parler de vos goûts perso, quand je vous parle d’expérience.

Ajoutons à ça que Mon 3ème big chop s’est fait à cause de ma maladie (syndrome de Sezary) et le fait que je perdais mes cheveux, on a là le cocktail gagnant pour que je sois remplie de complexes capillaires.

Moi à ce jour

En anglais il y’a un mot qui est utilisé pour décrire ce dont je vous parle

Texturism: The idea that certain types of natural hair patterns are more beautiful than others

Dans notre société cette idée que le cheveu court et crépu c’est moins beau a la dent dure. Donc oui j’exècre ce que représente les concours de beauté, mais je suis humaine et voir quelqu’un qui me ressemble être Miss Univers, je ne peux qu’être heureuse pour elle car je sais ce qu’elle a vécue toute sa vie.

Vous aimez mes écrits, vous pouvez me soutenir ici

Pour plus d’infos Pop Culture suivez-moi sur Instagram et Twitter : @miladytay

Miladytaystudio : entre afro futurisme et pop culture

Coucou, c’est moi Taïna : l’éditrice, la créatrice et narratrice de ce site et j’ai besoin de vous (encore).

Je parles de ma vie privé assez rarement ici (je pense que vous me connaissez maintenant à force) mais quand je le fais, je déballe tout alors c’est parti pour le grand déballage !

Il paraît que tout ce qu’il restera à la fin ce sont nos actions, j’ai donc longtemps réfléchi à ce que je pourrais faire pour laisser ma marque.

Comme vous le savez (ou peut-être pas) j’ai un syndrome de Sezary et le chemin de mon diagnostic à ma prise en charge a été longue et semé d’embûches. Pour vous la faire courte ça fait deux ans que je cherche comment gérer mon statut de malade à temps plein et une activité professionnelle. J’ai d’abord voulu lancer un café, mais je n’ai pas réussi à réunir la somme nécessaire à l’ouverture du lieu. Ensuite je me suis mis en Freelance dans mon domaine ; la communication mais la précarité de ce statut ne me convient pas surtout avec ma santé pardon.

Pour toutes ces raisons j’ai longtemps cherché une activité que je peux mener depuis chez moi, ou je peux exprimer ma créativité tout en ayant un revenu régulier.

J’ai toujours refuser de rentabiliser le blog. Pas de patréon, tipee pour moi, pour le moment en tout cas.

Cependant j’ai décidé de lancer *roulements de tambours* la première marque afro de bijoux et accessoires 3D made In France. Rien que ça

Miladytay studio est une toute nouvelle marque de bijoux fantaisies née de mon amour pour l’afro-futurisme et de ma passion pour la Pop Culture.

J’y ai mis tout mon âme, mes tripes et j’ai besoin de vous pour la faire connaître au plus grand nombre !

À l’approche de Noël n’hésitez pas à offrir une de mes pièces originales à vos proches ou/et en parler autour de vous.

N’hésitez pas à suivre la boutique sur Instagram

Pour acheter sur Vinted c’est ici

Pour acheter sur Etsy, ici

Merci beaucoup les ami.es de me soutenir 🖤

Il y’a t-il de la place que pour un seul noir dans le judo en France ?

Émilie Andeol vient de faire un témoignage poignant dans Le Parisien concernant sa traversée du désert sur le plan professionnel.

« Aucun sponsor n’est arrivé, aucune proposition n’a été faite.

« On me disait : Tu comprends, il y a Teddy Riner. Et alors ? Je suis une femme, j’ai mon histoire… »

Traduction : il y’a de la place pour un seul noir.

Comme si l’existence même de Teddy Riner suffisait à balayer d’un revers de main ce que pourrait accomplir une femme noire et ronde, en insufflant l’envie à des adolescentes qui peuvent se projeter sur elle par exemple !

Émilie Andéol le dit d’ailleurs dans l’interview :

« Pas simple adolescente d’être pas très grande, ronde et noire, le sport m’a donné confiance en moi.

J’aimerais que mon parcours aide des jeunes…»

Dans l’article c’est d’ailleurs la seule fois où il est fait mention de sa couleur de peau.

Et c’est bien une partie du problème en France où ce jeu de dupes nous empêche de nous questionner vraiment sur les dynamiques de race. Car soyons sûr qu’une championne olympique blanche aurait déjà trouvé un emploi. Soyons honnêtes !

En substance ce qu’on comprend du message envoyé par les sponsors et entreprises français c’est que :

  • Il y’a déjà un noir de service dans le judo (Teddy Riner)

Et ce, peu importe qu’une femme noire ne vive pas exactement la même expérience qu’un homme noir.

Vous allez adorer détester The Politician

Il y’a quelque chose de troublant dans The Politician. Plus que le côté irrévérencieux dont on s’habitue facilement avec Ryan Murphy (toutes ses œuvres ont à mon sens pour but de choquer), sa nouvelle série sur Netflix m’a pourtant touchée.

Et puis y’a Jessica Lange ! Et rien que ça…

Décomplexer le cancer et les discriminations je ne suis pas sûr que ce soit du goût de tout le monde. Mais en tant que meuf noire avec un lymphome, vous ne vous imaginez pas combien c’est rafraîchissant de pouvoir rire indirectement de la maladie.

Peu de séries s’y risquent. Le cancer c’est THE sujet touchy de notre époque. Il y’a toujours une telle lourdeur quand on aborde le sujet. Ce n’est pas le cas dans The Politician.

Vous pourrez croire que je suis fan de la série à me lire. J’ai plein de trucs négatifs à dire dessus en vrai. Mais elle va pour sûr devenir fournisseur de meme et ça je vis pour !

Pour cette première saison, ce que j’en dis, si vous avez un peu de temps à tuer, donnez une chance à la série, qui aborde sans langue de bois les questions politiques, cancer et co.

Qui sait ? Elle pourrait peut-être vous surprendre…

Pour plus d’infos Pop Culture suivez-moi sur Instagram et Twitter : @miladytay

Je suis une femme noire et je n’ai jamais regardé When They See Us

La victoire de l’acteur Jharrel Jerome aux Emmys me comble de joie, pourtant des mois après la sortie de la série When They see Us sur Netflix, elle me dérange toujours autant.

Oui je sais je suis assez contradictoire mais la vie est ainsi faite. Je n’ai que de l’amour pour Ava Duvernay qui a créé cette mini série.

Le pitch pour celleux qui n’ont pas suivi : Cinq adolescents noirs (c’est important de le souligner) se retrouvent au mauvais endroit et au mauvais moment, et vont être contraints d’avouer un crime qu’ils n’ont pas commis : le viol d’une joggeuse àCentral Park.

Ils seront condamnés et passeront de longues années en prison jusqu’au jour où les aveux du véritable violeur (blanc) permettront enfin de les innocenter.

J’ai décidé que je n’allais pas regarder la série car ça sera sans moi pour l’ère du trauma porn, j’ai déjà donné. Dix ans qu’on romance les violences policières tellement que ça devient de plus en plus de la fiction pour les gens. Tout ce matraquage médiatique autour d’une histoire aussi poignante m’a beaucoup gênée. J’en ai marre que la souffrance noire ne soit légitime que pour nourrir la société du spectacle de nos corps et de nos vies broyés par tout un système.

Voilà en tant que femme noire ce que j’en ai à dire. Ce qui me fait me poser encore la question, qui est vraiment la cible pour ce genre d’histoires ?

Pour plus de critiques Pop Culture suivez-moi sur Instagram et Twitter : @miladytay

Unbeilevable : État policier et traitement des victimes de viol

Avant lecture de ce billet je tiens à le préciser : TW violences policières et viol.

When they see us, Manhunt Unabomber, Mindhunter, 7 secondes : je crois qu’on l’a compris, Netflix veut révolutionner le genre policier.

Et pour cause, le géant californien n’hésite pas à se payer les meilleurs scénaristes ; Ava Duvernay, David Fincher pour ne citer qu’elleux.

Même si de mon point de vue, le trauma porn est omniprésent dans le traitement de leurs séries policières, iels ont au moins le mérite de ne pas idéaliser le système. Pour ça on a déjà les grands classiques : Law & Order, CSI, NCIS qui nous sert à longueur de temps la morale du bon flic prêt.e à risquer sa vie pour protéger et servir.

Dans Unbeleivable les flics sont humains et très souvent faillibles. Ce qui veut dire : chacun.e pour sa pomme ! On apprend d’ailleurs avec la série que plusieurs études montrent que 40 % des policiers auraient été violents avec leur conjointe.

Cette fiction nous mets face à une vérité criante ; non seulement le système est faillible mais en plus les victimes de viol sont les grandes oubliées du système judiciaire.

L’histoire suit une jeune femme accusée d’avoir menti au sujet d’un viol, et deux policières enquêtant sur une vague d’agressions similaires.

Portée par Toni Collette, Merritt Wever et Kaitlyn Dever, Unbelievable est adaptée d’une histoire vraie, qui a fait l’objet de l’article de T. Christian Miller et Ken Armstrong, An Unbelievable Story of Rape, récompensé par un prix Pulitzer.

Ce qui m’a le plus marquée ce n’est pas qu’une victime de viol ne soit pas prise au sérieux par des policiers, ce n’est pas une surprise, des histoires de ce genre on en voit passer plusieurs. Mais plutôt le fait (il faut le préciser car c’est un fait important) que la victime soit tout en bas de l’échelle. Ici elle est orpheline, et le traitement méprisant qu’elle subit par les policiers masculins et le fait que l’enquête sur le violeur en série piétinait jusqu’à ce que deux femmes policières s’en emparent parle de lui-même.

Si on laisse de côté tout le trauma porn, la série nous amène à dires : mais que fait la police ?

Lana Fucking Del Rey

C’est marrant la perception que tout le monde a de Lana Del Rey juste parce qu’elle est blanche. Elle aura beau appeler un album Norman Fucking Rockwell, la presse lui collera toujours une étiquette de sainte nitouche à chaque fois.

Quand Le Parisien titre Lana Del Rey : un nouvel album tout en douceur je me demande vraiment si on a écouté le même album. Parce que bon l’album débute par un : « Goddamn, man-child

You fucked me so good that I almost said, « I love you » ».

Peu importe le nombre de Fuck, shit, bitch par chanson, elle garde pour les médias cette image de blanche pure et douce.

Extrait de la critique du Parisien

À la limite on pourrait dire que ce disque a un vibe nostalgique. Mais c’est le cas pour tout avec Lana Del Rey c’est dans ce qu’elle dégage, on la croirait sorti tout droit d’une gravure des années 60, c’est pas nouveau.

Mais c’est pas parce que Lana Del Rey chuchote à vos oreilles, qu’on doit faire abstraction du fait qu’il y’a rien de délicat dans cet album. Ses lyrics sont assez crus, sa vidéo Doin’ Time a un côté voyeuriste que je ne lui reproche nullement mais qu’on ne peut pas ignorer. Des chanteuses noires comme Rihanna, Normani par exemple se sont fait hyper sexualiser pour moins que ça.

Imaginez le clip de Doin’ Time avec Nicki Minnaj à la place de Lana par exemple et ce serai déjà pas les mêmes éléments de langage.

Ma réaction devant Lana Géante et Dieu sait que je suis une meuf bizarre

Le même journal (Le Parisien donc) soulignait dans la même semaine le style provocateur de la rappeuse américaine pour parler de sa retraite par exemple. Alors qu’on leur a rien demandé…

Quand on vous dit que même en Pop Culture les perceptions sont influencées par la couleur de peau ! La preuve par A + B.

.

.

.

Pour plus de Pop Culture n’hésitez pas à me suivre sur Instagram et Twitter : @miladytay

Le racisme dans la culture du football

Thuram a ouvert une boîte de Pandore en critiquant le racisme lié à la culture du Football. Ses critiques font suite aux cris de singes reçus par Romelu Lukaku à Cagliari.

Il n’est pas si loin le temps où des joueurs noirs recevaient également des peaux de banane dans la gueule. Un supporter de Tottenham entendu par la police pour avoir jeté en 2018 une peau de banane en direction de l’attaquant gabonais d’Arsenal jurait ne pas être raciste pour un sou !

Des faits comme celui là il y’en a à la pelle chaque année.

Mais Pierre Mènes veut nous faire croire que le racisme dans le foot c’est Jean Mi qui ne monte pas sur le terrain parce qu’il est blanc. Même s’il est médiocre.

Vraiment ce ne sont ni les attaques gratuites, ni les cris de singes le racisme dans le foot. Non non, le gros problème du c’est l’absence de Jean Mi.

Si ça c’est pas du grand complexe de supériorité

N’hésitez pas à me suivre sur Instagram et Twitter : @miladytay

Riverdale, 13 Reasons Why : Quand la misogynoir est au cœur des fandoms de séries teens US

Cette semaine on a eu droit à la sortie d’une troisième saison pas nécessaire sur Netflix de 13 Reasons Why ; l’une de leurs séries phares pour ados. L’actrice Grace Saif, qui joue une certaine Ani dans la série a supprimé tous ses réseaux sociaux. La raison ? Des fans ont essayé de l’intimider en écrivant des commentaires sur Internet car iels sont racistes, iels n’aiment pas son personnage.

L’actrice Grace Saïf

Le but de la série est de sensibiliser sur le harcèlement, on pourrait donc penser que les fans y réfléchiraient à deux fois. Et ben non ! Avouez que c’est quand même le comble pour une série censée lutter contre le harcèlement (lol) mais ça ne nous surprend plus l’harcèlement quotidien d’actrices noires.

Sur Twitter l’actrice de Riverdale (encore un teen show Netflix décidément) Ashleigh Murray a confié avoir elle aussi été victime d’insultes à caractère raciste.

Des gens m’ont traitée de singe, de trash, dit que j’étais une ratée, une noire sans classe, et m’ont dit de sauter dans un four parce que… Josie a embrassé Archie » écrit-elle

Le problème avec cette misogynoir qui s’étale sur les réseaux, c’est qu’elles ne sont pas vu comme des actrices mais plutôt des objets d’une haine qui font que toutes les raisons sont bonnes pour les renvoyer à des comparaisons douteuses et racistes.

On a pu le voir à maintes reprises dans la Pop Culture que ce soit avec des jeunes chanteuses comme Normani ou des actrices noires, en particulier à l’ère des réseaux sociaux. Pour ne citer qu’elles : la façon dont les fans ont traité Candice Patton (Flash), Anna Diop (Titans), Grace Saif (13 Reasons Why) et Ashleigh Murray (Riverdale) nous prouvent que peu importe le talent, le jeu d’acteur, c’est bien le racisme qui est à la base de leur harcèlement en ligne.

N’hésitez pas à me suivre sur Instagram et Twitter : @miladytay

Super Megan

Megan thee Stallion est la meilleure chose qui pouvait arriver au monde du rap et à la pop culture. Sa capacité à fédérer autour d’elle plein de femmes du milieu et sa fan girl attitude font d’elle une personne vraiment spéciale.

En plus de son talent, sa capacité à tisser des liens avec les autres femmes de sa catégorie (Lizzo, SZA, Nicki Minnaj) nous en dit long sur sa personnalité.

Voir les femmes noires exceller, être aimée, heureuses et avoir du succès peut-être irritant pour beaucoup de gens. Rien que le fait de s’assumer en étant bien dans sa peau dérange les mysoginoirs. Mais le bonheur des jeunes femmes noires qui voient en elle un role model suffit à me rendre le sourire.

https://www.instagram.com/p/B04pW_JhYK9/?igshid=c6q4liovyspu

Lizzo & Megan Thee Stallion

Un vent de fraîcheur texan on vous dit ! Droite dans ses bottes et sans chichi, elle refuse de prendre part aux polémiques futiles que tout le monde cherche à créer entre elle et Minnaj par exemple.

Son truc c’est l’empowerment de la femme noire ; elle veut juste qu’on profite de sa musique en ayant un hot girl summer et nous avions clairement besoin de ce genre d’énergie !

Son authenticité me parle tellement. De la même manière que le succès d’Aya Nakamura m’avait touchée. Une brown skin girl de la nouvelle génération qui dit non à la politique de respectabilité et donne de l’amour à ses consœurs, c’est tellement émouvant 💕