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Le cas Asap Rocky : see when you do clownery

J’ai une pote qui raconte a qui veut l’entendre comment elle a fumé un joint avec Asap Rocky dans l’un de ces clubs In à Paris, et je me refais à chaque fois le film de comment ça se passerait différemment avec moi à sa place, ou si j’étais dans ce club avec elle. Enfin, remettons en contexte, j’ai eu pendant toute ma vingtaine un crush pour ses talents d’artiste, son génie musical, son style vestimentaire et j’en passe. Sauf que la brown skin girl que je suis n’aurait pas pu approcher Asap Rocky.

C’est bien le mec qui a déclaré darkskin girls shouldn’t wear red lipstick. Et de toute façon ce genre de boites m’aurait même pas laissé entrer.

Je n’aime même pas les boites de nuit et Asap s’en foutait des questions de races (sociales les races calmez-vous) c’est bien le mec qui a déclaré, je cite : I live in Soho and Beverly Hills. I can’t relate quand on lui parlait de morts pour violences policières.

Le mec qui est sorti avec que des meufs blanches, des modèles au corps de rêve si on en croit les diktats de la société. Les deux seules meufs noires dans le lot étaient Badgyal Ririh et Chanel Iman. Je ne suis clairement pas le soutien qu’il souhaite.

Par contre ses potes de la West Coast. Hormis Asap Ferg ; logique vu qu’il fait partie de l’Asap Mob sa clique quoi, bah on a pas non plus vu les soutiens défiler.

Justin Bieber a bien posté la pétition sur son Insta mais on se doute bien qu’en ce moment il a besoin de se faire mousser, surtout après l’épisode Taylor Swift.

Rihanna, Hailey Baldwin Bieber (elle y tient donc je précise) se sont bien fendu d’un seul post, 24h dans leur vie en gros. G-Eazy s’est également fait mousser en faisant le blanc conscient de ses privilèges tout ça parce qu’il a fait un seul jour en prison en Suède pour possession de drogue.

Le pire dans tout ça ? Ces contacts à Calabasas l’ont pas aidé. Kanye West a demandé à Kim Kardashian qui a demandé à Donald Trump d’aider le bougre. Eh ben il aurait pas dû vu le capital sympathie de Trump, les suédois voulaient rien lâcher et ont donc rallongé ses semaines en prison.

Pour conclure je n’ai qu’une seule chose à dire, surtout que tout ce que je lui souhaite avec tout son potentiel c’est d’avoir mûri pendant ces 3 semaines en cage.

Aujourd’hui il est libre et maintient que l’expérience l’a rendu humble. J’ose espérer que c’est le cas. C’est en tout cas tout ce que je lui souhaite !

The Gift de Beyoncé C’est ce qu’on appelle un collab project

Ce billet fait suite à celui sur l’album collab project no.6 d’Ed Sheeran.

Je sais que certain.es auront du mal à comprendre mais la ligne est mince entre appréciation culturelle et appropriation culturel. Ma critique d’Ed Sheeran n’était pas gratuite et je n’ai rien contre les albums de collaboration. Mais celui-ci est le parfait exemple de ce qu’est l’esprit culture vulture au contraire de l’album de collaboration de Beyoncé : the Gift.

Ce project collab est vraiment un cadeau 🎁 et je vous explique en quoi il n’est pas comme les autres.

POURQUOI

Ici on a un thème : Africa Spirit en lien avec la sortie du roi Lion. C’est la voix de Nala qu’on entend, et non celle de Beyoncé.

Parce que oui faire un album méli-mélo sans aucun lien, sans qu’on sache le pourquoi du comment juste pour être dans les charts en tant qu’artiste en 2019 c’est simplement plus possible. Tellement que j’ai honte de comparer les deux projets !

COMMENT

On ressent artistiquement une envie de mettre en avant des sonorités africaines et de les faire découvrir aux novices de l’afro fusion, afrobeat …

Ses choix vestimentaires également ne sont pas à prendre à la légère ; un serre tête qui est une création de la styliste ivoirienne Lafalaise Dion.

Lafalaise Dion

Ses tenues provenant encore de stylistes du continent telle que cette pièce de Tongoro Studio nous révèle également cette appréciation d’une culture africaine plurielle.

Tongoro Studio

Sur certains sons comme JA ARA E de Burna Boy, Keys to the Kingdom de Tiwa Savage & Mr Eazi, Beyoncé s’efface pour nous laisser apprécier et découvrir. Ce que n’a pas du tout fait Ed Sheeran.

Une image vaut milles mots.

Ceci est gênant
Ceci est un hommage

I mean, si vous êtes pas capable après ce billet de voir la différence entre appropriation et appréciation : je peux plus rien pour vous !

Ed Sheeran : portrait d’un culture vulture

Aujourd’hui Ed Sheeran nous sort un collab project : No.6 Collaborations Project et ses Stan pensent qu’il a calmé tout le monde.

Alors même que 3/4 de l’album c’est s’appuyer sur des artistes racisés qui montent : H.E.R, Cardi B, Khalid. Comme ça on fait un album de rap sans être un rappeur et on s’achète une street crédibilité, ce qui est parfait pour être dans les chartes tout l’été. 

Comme nous le rappelle la blogueuse Tanuu , La question n’est pas de savoir si c’était un projet collectif ou pas. La question (rhétorique)est de connaitre la visée de ce projet, les raisons de ce choix. Et ces réflexions sont pertinentes parce que #CultureVulture.

Car un chanteur pop rock ne surfe pas brusquement sur la vague rap/rnb pour nos beaux yeux mais parce que ça marche, en gros pour des raisons monétaires.

En plus c’est tout bénéf, il ratisse large. Niveau public il y’en a pour tous les goûts, on peut pas dire le contraire. Mais à quel prix ?

Car mon gros problème avec cette collab c’est que toute la carrière de ce chanteur s’appuie sur l’appropriation :

– Les irlandais l’accusent régulièrement d’appropriation de leur culture, ses paroles étant vu comme un « mishmash of Irish stereotype« .

– Sa team décrit sa musique comme un mélange de pop acoustique, folk et hip-hop.

– Il a été accusé de plagiat à plusieurs reprises : Marvin Gaye, TLC pour ne citer qu’elleux.

Et malgré tout ça, ses fans continuent à n’y voir que du feu…

Britney Spears, les médias et la santé mentale des femmes

Suivez bien comment la santé mentale de Britney Spears est abordée dans les médias, si une star qui a autant marquée la Pop culture fait l’objet de moqueries dans les tabloïds alors qu’elle a clairement besoin d’aide, ça dit tout de la place qu’occupe la santé mentale des femmes dans ce monde.

Que Britney Spears ai réussi à se relever de 2007 relève déjà d’un miracle. Je n’oublierai jamais cette vidéo où elle est assise par terre, pleurant et câlinant son chien pendant que les paparazzi continuent à prendre photos sur photos malgré son état de détresse émotionnelle. Et toutes les Une avec la photo d’elle se rasant le crâne et spéculant sur « sa folie ».

Dans la lignée des histoires merdiques de femmes ayant bavé à cause de leur santé mentale nous avons également le traitement d’Amanda Bynes qui nous montre la cruauté des médias envers les femmes souffrant de dépression chronique.

Pourquoi préciser le traitement des femmes ? Parce que les médias ont toujours fait choux gras de ce genre de nouvelles lorsque ça concerne une femme tout en continuant à protéger les hommes quand le sujet n’est pas tout simplement tabou.

Un deux poids deux mesures qu’on peut voir avec le traitement de la dépression de Justin Bieber, l’icône pop est soit salué dans plusieurs articles pour avoir eu le courage de faire une thérapie et a pu même en parler en maîtrisant la narration dans un interview dans Vogue ! Soit, tout le contraire sa santé mentale est complètement passée sous silence.

Alors que bon nombre des femmes de la génération 00’s (Demi Lovato, Lindsay Lohan) se font régulièrement basher à cause de leurs thérapies, les commentaires sous les post où Justin Bieber s’épanche sur sa dépression (maîtrisant encore sa propre narration) sont nettement plus complaisantes.

Des be strong Justin pour Bieber quand Britney Spears a droit à des crazy ass bitch

Le Dr Sebi au centre d’une théorie improbable sur la mort de Nipsey Hussle

Est-ce impossible à croire que la mort d’un rappeur peut ne rien avoir avec une énième théorie conspiration ?

La mort du rappeur Nipsey Hussle tué par balles le 31 mars 2019 nous a fait découvrir que beaucoup d’américains ne connaissaient pas du tout le Dr Sebi et ses recherches sur le cancer et le sida. Car sans vouloir faire ma grande connaisseuse, je ne vois pas pourquoi un gouvernement tuerait pour un documentaire concernant une cure qu’on peut déjà trouver sur YouTube ou il y’a des dizaines de vidéos sur la question dont une d’1h du Dr Sebi où il explique tout ce qu’il faut savoir pour se soigner par les plantes. Il y’a également son site Internet où on peut acheter des capsules d’herbes à €800 pour traiter toute maladie en rapport avec les défenses immunitaires. Donc on ne peut pas vraiment dire que ses travaux soient un secret même si le rappeur allait probablement vulgariser auprès d’un public américain.

Au contraire de la mort de 2Pac mise en parallèle avec celle de Nipsey Hussle on a malheureusement bien la preuve avec la vidéo de sa mort que celle-ci a probablement zéro lien avec le documentaire en cours.

Pour des raisons socio-économiques dans un monde où l’on mange en majorité des aliments transformés, la cure du Dr Sebi est composé que de produits naturels ce qui le rend de toute façon impossible à suivre pour tous dans notre société actuelle avec ou sans documentaire.

Il faut savoir que l’artiste vivait une année formidable avec une nomination aux Grammys Awards et qu’il voulait commencer des pourparlers avec la police pour lutter contre la violence des gangs à LA et aider la communauté où il a grandi.

Je ne suis pas détective et je ne sais pas si son combat contre les gangs est la raison pour laquelle il a été tué mais Nipsey Hussle semblait s’attaquer à plusieurs problèmes au sein de sa communauté qui auraient tous plus ou moins eu un impact sur la société. Je ne pense donc pas trop m’avancer en disant que sa mort n’a probablement rien avoir avec le documentaire qu’il préparait sur le Docteur.

En vrai tout ce qu’il y’a à tirer de cette conspiration c’est que je suis contente de voir ces travaux mis en lumière, car on ne vantera jamais assez le pouvoir des plantes. Contente de voir que plus de gens découvrent le Dr Sebi même s’il est assez malheureux que ce soit dans ces circonstances.

Love, death & robots : une vision hétéro blanche de l’animation

À la base ça partait d’une bonne intention, la nouvelle série d’animation de Netflix Love Death & Robots a tout pour plaire mais au fil des épisodes, on se rend compte que cette série a vraiment été écrite pour et par des hommes blancs.

À vrai dire : la plupart des épisodes ont un point de vue sexiste avec une pincée de racisme pour aller avec. Il y’a la femme objet de partout et même quand l’idée de base semble être de l’empowerment, au final les femmes semblent tout droit sortir d’hentaï.

Vous remarquerez par exemple que les deux personnages asiatiques sont à poil pendant la majorité des deux épisodes qui leur sont consacrées.

On a aussi la butch lesbienne qui se fait massacrer dès le premier épisode, on assiste à une scène d’une violence inouïe envers une femme racisée LGBT. Même si au final il y’a une morale à tout ça on se demande si c’est vraiment nécessaire.

Si vous faites le compte, tous les racisé.es semblent destiner à mourir. Donc niveau représentations, cette série pèche par ses clichés et préjugés.

ATTENTION SPOILERS

L’épisode pour moi symbolisant le plus la place qu’occupe les deux réalisateurs dans la société est vraiment celui sur Hitler. Parce que comment vous dire, il y’a qu’un homme blanc pour nous pondre 6 réalités alternatives avec un Hitler en jeune peintre qui meurt et que la morale de l’histoire reste que de toute façon les hommes sont cons donc Hitler vivant ou mort n’aurait rien changé à l’issue de la deuxième guerre mondiale. Violent

En bref des images léchées c’est ça qu’on aime mais pour une série futuriste on tombe dans les mêmes travers parce que le duo de scénaristes se concentre beaucoup trop sur leur vision du monde.

Le problème c’est pas que les hommes blancs que sont David Fincher et Tim Miller ne soient pas doués en animation c’est surtout qu’on se retrouve avec une série heteronormative et colonialiste, en bref de l’animation avec des bons morceaux de misogynie, une obsession aux relents sexistes à peine cachée.

Quand on vous dit que les représentations sont importantes !

8 projets féministes pour ce 8 mars

Pour ce 8 Mars 2019 à l’occasion de la journée internationale des droits de la femme : voici 8 projets Pop Culture à travers le monde à soutenir au nom de la caauuuuse. Toujours mieux qu’un trait de rouge à lèvres, avec du 100% féministe dedans.

Séries à Bingwatcher

4 more shots please !

La série indienne 4 more shots please ! parle féminisme, le patriarcat et les millénials mais en Inde, tout y passe culture du viol, homosexualité et mariage arrangé. Un must à voir

Disponible sur Amazon Prime

Good Girls

Vous cherchez des femmes badass ? Trois mères de famille orchestrent la casse d’un supermarché pour échapper à la ruine et accéder à l’indépendance. Toutes pour une et une pour toutes !

Disponible sur Netflix

Albums à télécharger

Grey Area

Le rap est certes un milieu misogyne mais Little Simz ne se laisse pas faire car elle est LA boss en robe. C’est pas moi qui le dit mais elle ! À écouter Grey Area son dernier album dans laquelle elle fait son autocritique et nous parle de mysoginie, thérapie et estime de soi.

When I Get Home

Si tu veux méditer et te transporter au pays des rêves, l’album de Solange When I Get Home est ce qu’il te faut pour une fin de journée en douceur. Un album inspiré 70’s qui parle à l’âme.

Côté films

Captain Marvel

Selon les critiques, Captain Marvel est un blockbuster enjoué et féministe, qui ne révolutionne pas le genre des super-héros, mais parvient pourtant à être unique.

Et oui ! Captain Marvel le premier Marvel féministe est en ce moment même au cinéma, alors vous savez quoi faire.

Lionheart

Ce film nous directement du Nigeria, une jeune femme reprend la compagnie de son père malade, avec l’aide d’un oncle. Dans ce monde dominé par les hommes, il lui faudra faire ses preuves.

De plus grâce à ce film la scénariste Geneviève Nnaji est devenue la première milliardaire de Nollywood. Netflix aurait acheté son film LionHeart pour 3,8 millions de dollars. À supporter jusqu’au bout !

Disponible sur Netflix

Podcasts en série

Me my sexe and I

Avec Me my sexe and I, Axelle Jah Njiké donne la parole aux femmes noires francophones afin de comprendre leur construction en tant qu’individu et raconter leur réalité, bien loin des clichés. Un podcast qui aborde la sexualité sous un autre angle.

À écouter ici

Quoi de meuf

Quoi de meuf c’est LE podcast avec un point de vue féminin et féministe qui toutes les trois semaines, avec Clémentine Gallot et Mélanie Wanga, et la blogueuse afro féministe ThisisKiyemis offrent un talk féministe, culturel et social à ne manquer sous aucun prétexte pour avoir un point de vue de meufs sur des sujets de société !

À écouter ici

Little Simz est dans la zone

Dans Grey Area son dernier album Little Simz fait son autocritique et nous parle mysoginie, thérapie et estime de soi.

Si la sortie en 2018 des single Offence et Boss nous ont donné un avant goût de ce qu’elle nous concoctait, on peut dire que Little Simz aka Simbi Ajikawo a encore une fois tapé dans le mille.

Grey area c’est 10 sons dont le premier Offence avec lequel la rappeuse pose tout de suite les bails en mode Nene Leakes

« Isaid it with my chest / and I don’t care who I offend”

S’ensuit Boss où elle donne un nouveau sens au mot

« I’m a boss in a fucking dress »

L’un de mes coups de cœur est vraiment Venom où Little Simz s’attaque aux misogynes qui sont légion dans le milieu du rap.

« They would never want to admit that I’m the best from the mere fact that I’ve got ovaries,”Pussy you sour/Never giving credit where it’s due ’cause you don’t like pussy in power/venom.”

L’un des morceaux les plus intéressants pour moi reste Theraphist car ce n’est pas tous les jours qu’on entend une jeune rappeuse noire nous parler de son rapport à la thérapie. À fleur de peau, Little Simz avoue :

« I don’t even know why I invest in the time comin’ to therapy

There’s nothin’ you can tell me that will help me

I do not believe that you’ve got it all figured out »

Pour les crédits de l’album, la plupart des sons sont crédités sous son nom : rafraîchissant ! Et pour celleux qui découvrent Little Simz, la rappeuse londonienne de 25 ans est considérée comme l’une des espoirs de la scène hip-hop britannique. Vous savez donc quel album écouter cette semaine 😉

#FrenchCinemaIsSoWhite

#FrenchCinemaIsSoWhite

Il semblerait que pour Vanity Fair le renouvellement du cinéma français soit un parterre de jeunes filles blanches en basket.

Elles sont bien mises en avant les paires de baskets, on peut clairement pas les rater. Iels ont dû se dire en choisissant cette couv : « si ça ce n’est pas être jeune cool et branché on ne sait plus ce que c’est ! »

Dans ce nouveau numéro de Vanity Fair on peut donc voir l’avenir du cinéma français (selon leur point de vue) et on a qu’une seule question ?

Le fait que le magazine n’ai même pas fait l’effort de chercher quelques actrices françaises noires et asiatiques (l’année même du succès fulgurant de Crazy rich Asians) nous dit tout ce qu’on a à savoir sur la nouvelle vague.

Ce n’est pas une surprise que le cinéma français soit toujours un milieu blanc et sa relève aussi. Rien d’étonnant quand on sait que lors de l’épisode #Oscarsowhite Julie Delpy avait déclaré en interview qu’Hollywood c’était pire pour les femmes. Et de rajouter qu’elle aurai préféré être afro-américain. Rien d’étonnant quand on prend conscience d’une culture anti représentations bien ancrée chez les cinéastes français. Après tout, on voit régulièrement ce que donne le refus systématique d’aborder le sujet des représentations en France. Il y’a un mépris assumé qui pousse à parler de racisé.es sous une seule forme : des comédies infantilisantes et paternalistes comme Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu. On ne peut donc même pas s’étonner que la couv ressemble à ça, Vanity Fair a raison, elles sont bien les révélations du cinéma français.

Karl Lagerfeld était raciste, grossophobe et sexiste : deal with it

Avant de pleurer la mort de Karl Lagarfeld surtout si vous faites partie d’une quelconque minorité, sachez qu’il n’aimait probablement pas ce que vous représentez.

Il se passe en ce moment un truc merveilleux grâce aux réseaux sociaux, le boycott de Gucci et autres marques de mode par des célébrités entre autres pour cause de racisme et blackface. Ce n’est pas une surprise que le milieu de la mode est l’un des plus excluants qui soit, faisant régulièrement la une pour son lot d’attaques racistes, sexistes, grossophobes ou homophobes. Les marques de luxe semblent avoir fait du snobisme des minorités un sport. Et Karl Lagerfeld était l’un des plus dignes représentants de cette exclusion, ce qui n’est un secret pour personne. Sa grossophobie était légendaire et s’il a redoré le blason Chanel, les dommages collatéraux ne sont pas à prendre à la légère. En plein ère de body positivism, il refusait l’idée même de l’existence des mannequins grande taille.

Il y’a à peine deux ans, suite à ces propos racistes sur les migrants et les juifs chez Thierry Ardisson, de nombreux téléspectateurs et internautes avaient saisi le CSA. Sans surprise cela n’a servi à rien.

Karl Lagerfeld a fait la pluie et le beau temps pendant son règne chez Chanel et il serait dangereux de l’encenser en passant sous silence le pouvoir destructeur qu’il a également eu, en reproduisant les mêmes schémas d’une société sexiste, grossophobe et raciste. Non seulement il les reproduisait, mais sa position de force lui a permis par ses actions de continuer à mépriser les mannequins ne correspondant pas à ses critères.

Voilà un homme qui était déjà intouchable de son vivant, plusieurs associations ont demandé sa démission sans l’obtenir, et qui le deviendra encore plus devant un refus généralisé de traiter des questions qui fâchent.

En passant sous silence son pouvoir de nuisance, quel est le message envoyé aux futurs générations de créateur.es ? Que le talent excuse tout et donne le droit de traiter tout le monde avec mépris ?

Il est intéressant de voir comment la mort revêt de sainteté un homme qui ne nous aurait même pas donné l’heure de son vivant.