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Gaslighting du mouvement BLM en France

Tourner au ridicule un mouvement antiraciste en France est monnaie courante. Et BLM n’échappe pas à la règle.

Entre les médias qui veulent nous faire croire que le racisme s’arrête aux frontières des USA et les marques surfant sur la vague #BlackLivesMatter, on est vraiment pas gâté ! On demande que les choses changent et on se retrouve avec du gaslighting à tous les niveaux de la société.

Pourquoi on parle de gaslighting ?

Si vous vous dites « tout de suite les grands mots » sachez que c’est un phénomène assez courant dans notre société.

Là on se retrouve face à une déformation de ce que représente le mouvement Black lives matter. Tout se retrouve faussée afin de nous faire nous noir.es douter de notre perception de l’injustice, de nos convictions.

Oui cela commence à ressembler à du gaslighting quand des grandes sociétés font remettre en question la réalité des événements en fabriquant non seulement des fausses polémiques mais en ridiculisant les Noir.es. À la base l’idée c’était que la police soit tenue pour responsable lorsqu’elle assassine des gens.

Dans les grandes lignes le mouvement BLM s’attaque aux questions suivantes :

Abolition de la police, stop au racisme, #representationsmatter, engagez des Noirs, démanteler le racisme systématique. Et que propose les Blancs ayant le pouvoir de changer les choses en France ?

Au fond qu’une entreprise comme l’Oréal enlève les mots blanchissant et blanche de crèmes qui restent toujours avec des compositions hyper dangereuses pour la peau noire ça nous importe peu.

Car :

1. L’Oréal ne supprime pas les produits blanchissants donc contribue à créer les problèmes engendrés par le blanchiment.

2. La marque en profite pour se faire mousser. « Regardez #BLM on supprime le mot blanc partout ».

Sauf que… personne vous a rien demandé L’Oréal au mieux si la marque voulait vraiment changer les choses, recruter des Noir.es c’est déjà la base.

L’équipe dirigeante de l’Oréal 🤣

On se retrouve également avec des campagnes de communication tellement à côté de la plaque et frôlant l’irrespect. La déshumanisation d’hommes noirs qu’on appelle singe par exemple ne peut avoir comme réponse l’étalage des exploits sportifs.

Mais on le savait déjà que faire une action absurde et performative que personne n’a demandée cela ressemble à une sorte de merde antisociale que pondrait en sale de réunion des hommes blancs en haut de la pyramide pour garder leur statu quo et protéger leurs intérêts.

#FrenchCinemaIsSoWhite

#FrenchCinemaIsSoWhite

Il semblerait que pour Vanity Fair le renouvellement du cinéma français soit un parterre de jeunes filles blanches en basket.

Elles sont bien mises en avant les paires de baskets, on peut clairement pas les rater. Iels ont dû se dire en choisissant cette couv : « si ça ce n’est pas être jeune cool et branché on ne sait plus ce que c’est ! »

Dans ce nouveau numéro de Vanity Fair on peut donc voir l’avenir du cinéma français (selon leur point de vue) et on a qu’une seule question ?

Le fait que le magazine n’ai même pas fait l’effort de chercher quelques actrices françaises noires et asiatiques (l’année même du succès fulgurant de Crazy rich Asians) nous dit tout ce qu’on a à savoir sur la nouvelle vague.

Ce n’est pas une surprise que le cinéma français soit toujours un milieu blanc et sa relève aussi. Rien d’étonnant quand on sait que lors de l’épisode #Oscarsowhite Julie Delpy avait déclaré en interview qu’Hollywood c’était pire pour les femmes. Et de rajouter qu’elle aurai préféré être afro-américain. Rien d’étonnant quand on prend conscience d’une culture anti représentations bien ancrée chez les cinéastes français. Après tout, on voit régulièrement ce que donne le refus systématique d’aborder le sujet des représentations en France. Il y’a un mépris assumé qui pousse à parler de racisé.es sous une seule forme : des comédies infantilisantes et paternalistes comme Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu. On ne peut donc même pas s’étonner que la couv ressemble à ça, Vanity Fair a raison, elles sont bien les révélations du cinéma français.

Aya Nakamura et la marginalisation des femmes noires dans la Pop Culture FR

Le top charts en France ces dernières années ? Julien Doré , Jul, Booba, Maître Gims, Vitaa, Christine & The Queens. Il y en a pour tous les goûts à vrai dire. Mais une femme noire qui bat un record d’Edith Piaf et donc qui s’impose comme chanteuse populaire en France ; il n’y en a qu’une seule.

AYA NAKAMURA.

Bien que ces faits soient irréfutables, une fois que vous en êtes informé, vous réalisez à quel point le succès d’Aya Nakamura est encore plus remarquable. On n’a pas souvent l’habitude de femme noire en boucle à la radio Fr sauf quand le succès vient d’ailleurs. Beyoncé et Rihanna oui, promouvoir les jeunes chanteuses françaises la il n’y a plus grand monde. Je dis pas souvent car loin de moi l’idée d’effacer le travail de chanteuses noires en France : d’Inna Modja en passant par Imany qui ont eu quelques hits au top charts.

Mais le succès d’Aya Nakamura arrive dans un contexte différent où l’on sait mettre un mot (misogynoir) sur le backlash dont elle est victime sur Internet, les commentaires sur son physique et sa couleur de peau.

À chaque jour son message déshumanisant car Aya Nakamura casse les codes de la chanteuse noire française preformaté en ne correspondant pas à leurs critères.

À croire que son succès dérange.

Aya Nakamura est devenue une icône pour plusieurs petites filles et jeunes femmes noires et peut-être de façon assumée ?

Le clip Copines par exemple, ou les plus bonnes de ces copiiiiiines sont tous des femmes noires : Hashtag representation matters.En espérant que le succès d’Aya Nakamura permettra à des petites filles noires en France en quête de représentations d’avoir le courage de vivre leurs rêves et d’y croire !

La Presse Française a un vrai problème avec les cheveux crépus.

Quand on découvre trois articles méprisants en moins d’un mois sur les cheveux crépus peut-on se dire sans paranoïa que la Presse Française a tellement intégrée le racisme lié aux afros, la négrophobie qu’elle ne s’en rend plus compte ? Je pense que Oui !

Tout commence avec les dessous de bras de Solange Knowles

Solange coiffé comme un dessous de bras, rien que ça

 

Ceux qui sont noires et abonnées ou adeptes du magazine Public (pas moi) ont eu la mauvaise surprise de découvrir qu’un afro laché serai donc une coiffure de dessous de bras.

Quand on voit comment il est difficile d’accepter le crépu en entreprise, et dans la vie de tous les jours, ce n’est pas une remarque anodine. L’article a provoqué un véritable tollé sur les réseaux sociaux, et la réponse du magazine Public a été… Une bonne couche de mépris, puisque les femmes noires ne méritent pas une réponse, encore moins une excuse.

Pour ne pas changer, c’est encore Public qui a récidivé avec les cheveux de North West. On parle bien de North  l’enfant en bas âge là sur la photo. Chez Public, se foutre des cheveux crépus c’est un sport qui commence tôt. Leur slogan pourrait être : de 2 ans à 30 ans aidons la femme noire à déprécier sa chevelure.

On apprend donc que les gènes de Kim Kardashian d’origine arménienne sont les bonnes : cheveux de rêves. Kayne West  afro-américain lui a les mauvais gênes, cheveux très frisés et North West semble subir les cheveux afros.

Rien que ça. La question que je me pose étant : la rédaction de Public a-t-elle des noires dans son entourage ? Parce que les cheveux de noires ne sont ni des dessous de bras, ni des mauvais gênes. Le point commun des articles est quand même une bêtise cumulée à une méconnaissance du cheveu crépu.

Enfin puisque jamais deux sans trois, c’est au tour de Voici de nous faire part de son avis sur les cheveux crépus.

Pour Voici, une coiffure afro, frise le ridicule (appréciez le jeu de mots, bravo le titrage, il a fallu creuser pour trouver ça)

La coiffure terrifiante, boule à la Jackson Five. Les réferences y sont. Manque plus que la boule disco et on aura fait le tour.

L’utilisation de jeu de mots comme : terrifiant, mauvais, ne ressemble à rien, nous montre de quoi il s’agit. De négrophobie. Les cheveux noirs font peur, sont mauvais. Devrait être caché comme des dessous de bras.

Pour conclure, les magazines people ont un problème avec les cheveux crépus qui peut se résumer à  : Quand on sait pas de quoi on parle, mieux vaut se taire.