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Misogynoir à l’action : le traitement médiatique de Naomi Osaka

Le traitement de Naomi Osaka par les médias est profondément négrophobe et rien ne me fera changer d’avis sur le sujet. Prenez l’Equipe par exemple. Pour eux, la jeune femme est :

dépassée par la polémique qu’elle a initiée en décidant de boycotter les médias pour ‘préserver sa santé mentale’.

Petite mention pour les guillemets

Le choix des mots est important et dans un monde où Benoît Paire après son craquage médiatique était perçu comme « en détresse psychologique » pour reprendre les mots de RMC Sport, il est important de souligner le mauvais traitement des femmes racisées par les mêmes médias si compatissants envers les hommes. 

Ma principale préoccupation est le bien-être de Naomi Osaka mais nous devons avoir une conversation sur le biais misogynoir dans cette situation… 

Ce n’est pas une première, les femmes athlètes noires sont TOUJOURS mal perçues. Une tendance très claire se dégageant à chaque fois : le biais raciste et sexiste toujours présent. 

La journaliste Douce Dibondo le rappelle d’ailleurs sur Twitter. Cette fois le discours misogynoir est « un zeste coloriste. Osaka est qualifiée de «princesse», «capricieuse», «étoile vacillante » quand Williams était caricaturée en muffle, énervée, caractérielle. L’une incarne une féminité à corriger et renforcer, l’autre… est dénié de féminité parce que noire foncée».

On voit donc que tous les moyens sont bon pour dire à ses femmes de « rester à leur place ». Celle qu’on veut bien leur assigner. Et si elles ont le malheur de ne pas correspondre à l’image que le monde attend d’elles, c’est une descente en flammes.

Serena Williams le comprends d’ailleurs trop bien, « J’aimerais la prendre dans mes bras parce que je suis passée par là aussi », explique -t-elle lorsqu’on lui apprend que sa jeune consœur déclare forfait.

Car elle sait comment les femmes noires sont traitées lorsqu’elles donnent la priorité à leur santé mentale. Ce qui ne change pas avec une société misogynoir c’est que la souffrance des femmes noires (ou perçues comme telles) compte pour du beurre. Toujours minimisée, déshumanisée, telle est la place de la femme noire dans les médias.

Le racisme, cette longue tradition de la famille royale britannique

Trois jours après la diffusion de l’interview événement du prince Harry et de Meghan Markle par Oprah Winfrey du 7 mars 2021, la famille royale est toujours en train de se foutre de notre gueule. Au cours de cet entretien, Meghan Markle a notamment révélé que certains membres de la Couronne s’inquiétaient de la couleur de peau que pourrait avoir son premier enfant avec le prince Harry. Meghan Markle n’est même pas noire, elle est « biracial » donc imaginez comment c’est du grand n’importe quoi.

Le traitement de Meghan par la famille royale est le dernier exemple d’une tradition séculaire de sexisme dans une famille où les princesses étrangères servent de boucs émissaires (RIP Lady Di), mais dans le cas de la duchesse de Sussex c’est aggravé à l’infini par le racisme et le colonialisme britanniques. Il est difficile de comprendre pourquoi tant de gens refusent de croire qu’un membre de la famille royale s’inquiète de la couleur de la peau d’Archie. On est en train de parler de la couronne britannique qui a directement bénéficié du colonialisme et de la traite des esclaves. Arrêtez d’être choqué par un racisme systémique profond qui est tout à fait leur normalité. On parle d’une famille 100% blanche depuis la fondation de leur dynastie il y a 103 ans. Vous imaginez à quel point cela doit être une volonté, qu’une famille ne se mélange pas pendant une centaine d’années ? À la question « Y a-t-il du racisme dans la famille royale?» que j’ai vu passer dans plusieurs médias, je n’ai qu’une seule réaction : je suis morte de rire.

La famille responsable du colonialisme, de la violence de masse et de l’assujettissement de plus de 450 millions de non-blancs à travers le monde, qui porte des bijoux en provenance d’anciennes colonies, baignant dans le sang des opprimés est donc pour vous plus blanc que neige ? En quoi est-ce même une discussion ?

On pourrait parler d’un seul membre de cette famille, le prince Philip par exemple. Alors celui-là c’est un raciste de haut rang si bien que c’est un secret de polichinelle. Tout le monde le sait. Vous n’avez qu’à Google, c’est votre meilleur ami. Prenez n’importe lequel de ses voyages diplomatiques dans un pays non blanc et c’est le festival de petits commentaires. La BBC parle de « gaffes » un mot bien politiquement correct pour décrire son racisme.

Alors désolé de vous le dire mais la Firme là elle a toujours été raciste et ce n’est pas demain la veille que ça va changer.

Une histoire de fesses

Comme l’a rappelé une twittas le 1 janvier 2021 (Bonne Année en passant) ça fait une décennie qu’on nous a sorti l’une des plus (grosse) arnaques de la pop culture des années 2000. À savoir : les fesses de Pipa Middleton. Vous savez de quoi je parle. Après ce mariage on a plus parlé des fesses de Pippa Middelton que du couple royal lui-même.

Vous devez vous dire : c’est quoi cette histoire de fessier encore ? Si vous restez jusqu’au bout, vous allez comprendre où je veux en venir.

Cette arnaque du cul, il a aussi connu un boom avec des trendsetter pas comme les autres. Je déteste même l’idée de l’écrire parce que ce sont des cultures vulture, elles piochent allègrement dans la culture afro-américaine pour nourrir leurs tendances. Mais c’est ce qu’elles sont des trendsetter.

Vous savez ça m’énerve assez de les voir lancer des «tendances» comme avoir un gros cul et des lèvres pleines. Parce que justement les femmes Noires ont dû dès le début du commerce triangulaire avoir honte de leurs fessiers. Du moins les femmes Noires qui sont soumises au regard blanc.

Les femmes Noires n’ont certes pas inventé d’avoir un gros cul, mais c’est quelque chose qui nous a toujours été associé.

C’est un fait , les Blancs du XXe siècle avaient cette phobie imaginaire de la «grosse femme noire». Tout était bon pour dégrader le corps noir et discipliner les grosses femmes blanches, c’est resté dans l’imaginaire.

Tout ça pour dire : LA BEAUTÉ EST UNE CONSTRUCTION SOCIALE.

Les normes de beauté changent constamment et maintenant la roue tourne tourne. Les femmes Blanches des années 2020 n’ont qu’un rêve : avoir un fessier rebondi.

Si vous êtes assez vieux, vous vous souvenez que les femmes blanches étaient en fait terrifiées par l’idée d’avoir des fesses.

Maintenant on se retrouve avec des articles à la gloire de Kim Kardashian dévoilant enfin le secret de ses grosses fesses.

Y a même pas 10 ans on se retrouvait avec des dialogues dans les séries comme Degrassi à base de « oui ça rend mes fesses trop grosses là, faut cacher ça ».

Maintenant les Blanches qui ont un gros cul sont placées sur un piédestal tandis que les Noires sont encore très fétichisées.

Je me souviens de chaque film ou émission de télévision que j’ai vu en grandissant lorsqu’une femme Blanche disait avec terreur: « Est-ce que ce jeans me fait paraître gros? »

Vous vous souvenez tous de la scène de Mean Girls où Regina s’était énervée parce qu’on lui a dit qu’elle avait un gros cul et elle s’est offensée et tout le monde s’est moqué d’elle 🥴

Je me souviens de Queen Latifah dans Body Shop posant la question : « Est-ce que j’ai un gros cul » mais disant merci ou que c’est ce qu’elle cherchait quand la réponse était oui. C’était clairement une réappropration de la façon dont les femmes Noires avaient honte d’avoir de gros culs (qui n’étaient même pas «gros» pour commencer) et maintenant c’est une tendance…

C’était à la même époque que les créoles, les lèvres pulpeuses, les ongles longs, les tresses, les perruques étaient considérés comme ghetto … mais maintenant que les femmes Blanches les utilisent, c’est devenu un courant dominant.

Donc la prochaine fois que vous verrez un article dans les médias vantant les fesses rebondies d’une énième femme Blanche, pensez à l’arnaque que c’est. Des femmes Noires ont été déshumanisées pendant des siècles pour qu’aujourd’hui on vante les fesses en silicone de femmes blanches.

L’arnaque du siècle.

Cette obsession française du racisme mais seulement aux USA

Ça y est ! Biden est élu 46ème président des États-Unis, on sait pas trop encore ce que ça veut dire pour le monde mais on sait qu’on est débarrassé de l’autre et vu le ras-le-bol général on va dire qu’il était temps.

Il y a eu comme tous les quatre ans une grande couverture des élections américaines et c’est normal je vais pas vous faire un cours de géopolitique, je pense que si vous êtes sur ce blog, vous connaissez déjà les enjeux. Déjà juste pour l’Accord de Paris.

Mais un truc qui m’agace dans cette couverture médiatique c’est bien cet intérêt soudain pour le racisme… que quand ça ne concerne pas la France.

Quand on parle du racisme aux USA, bizarrement tout le monde en France reconnaît volontiers que la société américaine a un sérieux problème de racisme structurel. Pourtant quand il s’agit d’évoquer le même problème en France c’est la dissonance cognitive.

C’est Napilicaio qui en parlait le mieux au micro de Kiffe ta race :

« En France, il y a une dissonance cognitive sur ces sujets. Quand tu parles de racisme, la personne en face va te dire ‘Mais t’es malade, on est au pays des lumières !’ mais quelqu’un n’a pas dû payer la facture depuiiiiis. »

Le racisme est toujours dans un ailleurs…très lointain si possible.

Contrairement à ce que veut nous faire croire les médias français la France n’est pas une zone magique où le racisme n’existe pas. Nous avons également nos propres cas de violences policières, qui comme aux Usa touchent dans sa grande majorité des personnes racisées. Ces violences policières sont le fruit d’un système où le racisme est institutionnel, puisque la France est l’un des pays ayant colonisé et esclavagisé le plus dans le monde. Les seuls qui peuvent battre le pays des lumières c’est l’Angleterre et l’Espagne.

À l’heure où une proposition de loi « sécurité globale » veut bientôt interdire de filmer les policiers, ça ne vous rappelle rien ce genre de lois ?

Il devient donc vital d’arrêter de pointer les États-Unis quand on a déjà beaucoup à gérer en France.

L’histoire oubliée des noirs américains dans la culture biker

Mon mari est passionné de motos, ce qui nous a amené à prendre le bouquet Automoto pour faire passer le temps pendant le confinement partie II.

Nous avons regardé le documentaire Choppers, let’s ride qui est assez instructif. L’on apprend ainsi l’histoire oubliée de deux hommes noirs en pleine ségrégation aux USA. Pourtant si vous écrivez chopper, biker, moto aujourd’hui sur Google, devinez ce qui remonte en premier dans les choix désormais.

le documentaire Choppers, let’s ride. Et figurez-vous que comme d’habitude il y a toujours un Noir caché derrière l’histoire qui a inventé tout un mouvement. Pourtant si on écrit chopper aujourd’hui sur Google, devinez ce qui remonte en premier dans les choix désormais. Le chopper qui représente pour beaucoup de bikers le summum de la liberté à cause de la position de conduite où tu ne fais qu’un avec la moto a été inventé par un homme Noir. Pas étonnant quand on apprend dans le documentaire que le chopper : « C’était l’équivalent culturel du jazz, de l’expressionnisme abstrait et du rock & roll. C’était la quintessence de l’expression culturelle américaine. »

Aujourd’hui, les constructeurs de moto sont plutôt des entreprises blanches.

Il y a eu quelques groupes de filles blanches, une flopée de mecs blancs et un seul mec noir qui sont intervenus tout au long du docu qui nous fait comprendre que dans la pop culture, l’homme blanc cis domine la culture biker ! Comme d’habitude, par l’intervention d’un homme noir, Will Thomas III , producteur et propriétaire du trico store, qu’on apprendra enfin le nom de l’homme noir qui a été à l’origine de tout ça : Ben Hardy.

Benjamin F. Hardy était un constructeur de motos sur mesure afro-américain qui a fait les choppers Captain America et Billy pour le film de Peter Fonda Easy Rider de 1969.

Easy rider : le film

C’est l’une des motos les plus emblématiques jamais construites, qui a capturé l’esprit d’une génération et est devenu un symbole d’anti-conformisme .

En collaboration avec un autre constructeur de motos noir lui aussi nommé Cliff Vaughs, Hardy a construit deux motos Billy et trois Captain Americas, dont l’une a été détruite dans le tournage du film, le reste ayant été volé. Le Billy était typique des motos personnalisées que les motards noirs conduisaient à l’époque.

Cliff Vaughs à gauche, Ben Hardy à droite

Parlons de Cliff Vaughs parce que son histoire est merveilleuse ! Membre du comité de coordination non violent des étudiants, un black Panther donc qui a parcouru toute l’Amérique à moto pour rencontrer des motards noirs et les photographier. C’est lui qui a le mieux vécu l’expérience du biker qui de nos jours marque la pop culture. Il a traversé de Los Angeles à l’Alabama en 1963, en pleine période de tensions raciales seul avec son chopper. On apprendra pendant le documentaire qu’il se faisait tirer dessus par des groupes de blancs parce que « fucking hell » il est un noir sur une moto. Peut-on faire mieux en terme de représentation de la liberté ? Ce mec était un pionnier et une légende.

De nos jours, la seule mention de POC dans la culture biker c’est la marque Indian qui est ce que le capitalisme a fait de pire en terme d’appropriation culturelle.

L’emblème des moto Indian

Ça a pris 35 ans pour que Peter Fonda reconnaisse le rôle de Cliff dans son film qui a changé la culture du biker. Alors la prochaine fois que vous verrez une moto dans la pop culture, pensez à Benjamin F. Hardy et Cliff Vaughs.

Tout ce qui ne va pas avec la couv de Télérama avec Lous & The Yakuza

Vous le savez déjà, mon blog sert à déconstruire la Pop Culture donc ce que je vais vous faire, c’est une critique de la couverture no 3693 de Télérama. Cela ne veut pas dire que je critique l’artiste. Merci de saisir la nuance !

Je vous vois déjà marmonner : « Qu’est-ce qui ne va pas avec cette couv, des années que tu nous bassine pour avoir une couverture en France avec une femme Noire et ça ne va toujours pas . »

La fameuse Couv

Et bah non ça ne va pas. Déjà c’est intéressant de souligner qu’une artiste afro-belge a plus de chance de décrocher une couv en France qu’une artiste afro-française. Oui je pense sincèrement à une Aya Nakamura mais on va pas se mentir elle n’est pas du genre de la maison. Une Aya qui est française ne va jamais intéresser les médias français dans tous les cas. Depuis Joséphine Baker, on nous a habitué à ça. Iels préfèrent donner de la force aux Noir.e.s qui ne sont pas français.e.s. Va savoir pourquoi (moi je dis des bails de colon).

Détrompez-vous, je suis contente pour Lous qu’elle puisse profiter de cette opportunité pour atteindre un plus grand public. La Sis a du talent donc il faut qu’elle soit reconnue pour. Mais le titre déjà nous perd. On a droit à un fade :

Lous and The Yakuza. Et en plus petit caractère (Meryl, Bonnie Banane,Tessae, Tessa B.) L’heure est aux rappeuses.

Déjà Meryl vient d’être nominée aux BET de cette année, elle mériterait une couv à elle toute seule si l’on veut vraiment parler de rap. Mais bon elle est une Noire de France qui rappe vraiment donc pas droit à la couv, en plus elle parle peut-être un peu trop de sujets qui fâchent.

La rappeuse Meryl

Ensuite l’une des premières choses que j’ai apprise sur Lous and The Yakuza puisque je suis en vrai une grande fan c’est que son nom Lous bah c’est juste soul à l’envers. Puis ces journalistes ont-iels eu l’opus ? Parce que Gore son premier album qui vient de sortir, c’est du rnb si vous voulez, un peu de soul et beaucoup de pop. Mais du rap ? Première fois que je la vois sur une étiquette de rappeuse.

Mais bon j’imagine que son aestethic a plu et qu’iels ont voulu faire un gros melting pot.

Si les deux premières sont des femmes Noires. Disons les choses les trois autres noms dans la liste sont des femmes Blanches qui font juste de l’appropriation culturelle.

Tout ceci traduit de l’importance d’avoir des journalistes Noires dans votre rédaction @ Télérama.

Parce que la photo également ça ne va pas DU TOUT comme si cela ne suffisait pas. Je suis désolé mais la lumière est un désastre. J’aime le style de Lous & The Yakuza et j’ai déjà vu des photos magnifiques d’elle donc je peux vous assurer qu’il y’a un truc qui cloche avec la luminosité de cette photo.

Voyez par vous-même pour la luminosité.

Donc Télérama pour cette couverture si je devais noter à l’américaine, je vous donnerai un E pour Effort.

La Kpop et l’appropriation culturelle

À la question « pourquoi les groupes de kpop finissent toujours par s’engager sur le chemin l’appropriation culturelle ? » la réponse est simple : parce que… (roulement de tambours) Iels s’en foutent de piller d’autres cultures.

Si vous êtes fan de Kpop et que vous ne voulez pas déconstruire votre vision de ce genre, passez votre chemin. Car ce que j’ai à dire est pénible à entendre pour les stans.

L’industrie de la Kpop s’en fout de faire de l’appropriation culturelle puisque… les groupes de kpop font volontairement semblant d’être ignorant en la matière, soyez certain que ce n’est pas une erreur de leur part. Pour les avoir vu se faire call out à chaque fois puis s’excuser mollement (parfois), on peut dire que le manque de considération est flagrant.

Ce qu’il y’a d’insidieux avec l’appropriation culturelle c’est qu’on va toujours te riposter que c’est par amour de la dite culture qu’on s’approprie, donc ce n’est rien de bien méchant. Sauf qu’au final on se retrouve dans le cas de la Kpop avec des groupes occupés à se faire de l’argent sur le dos d’autres cultures (afro américaine, desi, hawaïenne ) en mimant ce qui les amuse.

Il faut dire que se grimer régulièrement à coup de blackface et brownface c’est quand même le comble du mépris quand cela vient de gens qui sont de base à fond dans le whitewashing. La culture coréenne est réputée pour son utilisation des produits blanchissants. Pour être beau/belle il faut avoir la peau blanche.

Analysons maintenant le rapport de la Kpop à la danse, la plupart de leurs chorégraphies s’inspire en règle générale du breakdance sans jamais rendre hommage aux créateurs de cette danse ni même les mentionner à aucun moment.

À les voir se l’approprier on pourrait croire que la pop coréenne a inventé le breakdance. Sans jamais donner aucun crédit aux Noir.es qui l’ont rendu populaire.

Maintenant en ce qui concerne les fans : certain.es stans de Kpop sont négrophobe et iels ont toujours quelque chose à dire quand leurs favoris s’approprient d’autres cultures.

J’ai donc peu d’espoir d’une quelconque évolution dans cette industrie. Aujourd’hui la Kpop est devenue tellement incontournable et leur emprise grandissante ne change rien au fait qu’iels continuent à piller la danse, les tenues vestimentaires, les coiffures, ou encore mimer et se moquer d’autres cultures.

Bref iels veulent juste continuer à se déguiser en Noir.e le temps d’une chanson quoi.

Est-ce que Black signifie vraiment King ?

J’ai vu Black is King de Beyoncé et visuellement elle a encore une fois fait le taff.

Elle ne nous a pas laissé tomber et le sens artistique est là, les sons qu’on connaissait déjà et qu’on peut donc chanter à tue-tête , les collaborations triées sur le volet, les costumes.

Je sais que je suis faible de succomber à cette vision rêvée et afro-americano centrée de l’Afrique mais on a tellement peu d’œuvres capable d’avoir ce genre d’impact. Certaines sur Twitter appellent ce genre « la wakandification de la pop culture africaine». Vous savez penser qu’on est tous et toutes (nous les Afro-descendant.es de lignée royale.

La blogueuse @Clumsy_Mummy rappelle d’ailleurs sur Twitter :

« chez les Soninkes tout le monde n’est pas roi ou reine ni chef de village … d’où les tensions dernièrement entre les castes des esclaves et les nobles.»

Dans mon pays d’origine (Haïti) on a également cette mentalité « Royale». Beaucoup de généraux disaient descendre de prince, royauté. C’est le cas de Toussaint Louverture qui est pour nous un Prince. Je ne sais toujours pas si on avait la preuve qu’il l’était vraiment… On raconte, au sujet de ses origines, qu’il aurait été le fils de Gahou Deguénon, un prince africain d’Allada (actuel Bénin). Cette rumeur circulait de son vivant et je pense qu’il n’a rien fait pour le démentir car on en avait besoin justement.

Peut-être que c’est normal qu’on veuille à tout prix être d’ascendance royale. On est juste toujours coincé dans cette phase où on est tellement pas traité comme des êtres humains depuis des siècles qu’on cherche à tout prix à se grandir. Et c’est ainsi qu’on se retrouve avec la réthorique Black is King de Beyoncé.

Pour bien appuyer ses dires, Beyoncé nous sort un film hauts en couleur et fort en symboles.

Brown skin girls est mon préféré 🤎
Oui le majordome est blanc et vous allez rien faire.

Mention spéciale pour tous les servants qui sont blancs. (Ce sont les seuls blancs dans le film.) J’ai éclaté de rire parce qu’elle est petty Bey il fallait le faire.

Celleux qui l’accusent de suprématie Noire et ne sont pas capable de voir que :

1. C’est de l’art ça sert également à faire passer des messages. Dans le cas présent le Noir étant le roi, le Blanc qui nous a esclavagisé nous sert. Oui on exprime notre rage à travers l’art : breaking news.

2. Qu’on vit dans une société tellement inégalitaire que ça n’arrivera jamais.

Je ne peux rien pour vous si vous êtes pas réceptifs chacun son truc, ainsi le monde est fait.

Concernant la production du film en lui même, d’un côté je suis un peu déçue que toutes ces jolies images soient la propriété de Disney mais en même temps c’est un peu hypocrite de ma part vu que je n’ai jamais été intéressée par Tidal. Donc who am I kidding ?

Pour conclure, non on est pas tous/toutes des fils/filles de Roi mais vous savez quoi ça change du trauma porn qu’on nous sert d’habitude. Mais y’a pas à dire Beyoncé elle est la Queen de la Pop Culture et elle nous le prouve encore une fois avec Black is King

Tout le monde s’en fout de la douleur des femmes noires : le cas Megan

Vous avez sûrement remarqué que plusieurs médias ont souhaité un bon anniversaire à Tory Lanez. Ça fait seulement deux semaines qu’il a agressé Megan en lui tirant dans les pieds à plusieurs reprises. Si son acte a été minimisée, je vous laisse imaginer ce que cela aurait donné si Tory Lanez avait tiré sur Kylie Jenner dans ses deux pieds, on est sûr à 100% que cette histoire aurait une médiatisation entièrement différente.

Parce que Megan est une femme noire, l’industrie du divertissement et les réseaux sociaux ont tourné la situation en dérision ou sont complètement silencieuses.

Ce traitement méprisant de la souffrance d’une chanteuse noire vient de ce mythe de la femme noire invincible, résistante à la douleur. Pourtant les femmes noires sont comme tout le monde, avec des émotions et ressentant de la douleur.

Sauf qu’en il s’agit de trauma porn, les tribulations et peines des femmes noires sont moquées ouvertement car ce qu’elles ressentent ne comptent pas, tout en bas dans l’échelle de valeur de la vie, elles doivent sauver tout le monde sauf elles-mêmes.

Pour toutes ces raisons, les médias ont laissé tomber cette femme. C’était déjà le cas à l’époque de Malcom X, et c’est toujours à l’ordre du jour. Les femmes noires sont les êtres les moins protégés du monde en général. Leurs larmes sont sujets de meme chez tout le monde, parfois même chez les hommes noirs.

Oui, les médias ont laissé tomber cette femme noire, tout comme la communauté noire, ma communauté en général. Il nous est devenu si courant de faire des blagues sur tout que nous oublions de protéger les femmes noires de la société. Si tout ça arrive à une femme qui avec le hot girl Summer a mis le feu à l’été 2019, imaginez donc ce que vivent les femmes noires grandes invisibles dans une société patriarcale et raciste.

Gaslighting du mouvement BLM en France

Tourner au ridicule un mouvement antiraciste en France est monnaie courante. Et BLM n’échappe pas à la règle.

Entre les médias qui veulent nous faire croire que le racisme s’arrête aux frontières des USA et les marques surfant sur la vague #BlackLivesMatter, on est vraiment pas gâté ! On demande que les choses changent et on se retrouve avec du gaslighting à tous les niveaux de la société.

Pourquoi on parle de gaslighting ?

Si vous vous dites « tout de suite les grands mots » sachez que c’est un phénomène assez courant dans notre société.

Là on se retrouve face à une déformation de ce que représente le mouvement Black lives matter. Tout se retrouve faussée afin de nous faire nous noir.es douter de notre perception de l’injustice, de nos convictions.

Oui cela commence à ressembler à du gaslighting quand des grandes sociétés font remettre en question la réalité des événements en fabriquant non seulement des fausses polémiques mais en ridiculisant les Noir.es. À la base l’idée c’était que la police soit tenue pour responsable lorsqu’elle assassine des gens.

Dans les grandes lignes le mouvement BLM s’attaque aux questions suivantes :

Abolition de la police, stop au racisme, #representationsmatter, engagez des Noirs, démanteler le racisme systématique. Et que propose les Blancs ayant le pouvoir de changer les choses en France ?

Au fond qu’une entreprise comme l’Oréal enlève les mots blanchissant et blanche de crèmes qui restent toujours avec des compositions hyper dangereuses pour la peau noire ça nous importe peu.

Car :

1. L’Oréal ne supprime pas les produits blanchissants donc contribue à créer les problèmes engendrés par le blanchiment.

2. La marque en profite pour se faire mousser. « Regardez #BLM on supprime le mot blanc partout ».

Sauf que… personne vous a rien demandé L’Oréal au mieux si la marque voulait vraiment changer les choses, recruter des Noir.es c’est déjà la base.

L’équipe dirigeante de l’Oréal 🤣

On se retrouve également avec des campagnes de communication tellement à côté de la plaque et frôlant l’irrespect. La déshumanisation d’hommes noirs qu’on appelle singe par exemple ne peut avoir comme réponse l’étalage des exploits sportifs.

Mais on le savait déjà que faire une action absurde et performative que personne n’a demandée cela ressemble à une sorte de merde antisociale que pondrait en sale de réunion des hommes blancs en haut de la pyramide pour garder leur statu quo et protéger leurs intérêts.