Archives du mot-clé racisme

Vous allez adorer détester The Politician

Il y’a quelque chose de troublant dans The Politician. Plus que le côté irrévérencieux dont on s’habitue facilement avec Ryan Murphy (toutes ses œuvres ont à mon sens pour but de choquer), sa nouvelle série sur Netflix m’a pourtant touchée.

Et puis y’a Jessica Lange ! Et rien que ça…

Décomplexer le cancer et les discriminations je ne suis pas sûr que ce soit du goût de tout le monde. Mais en tant que meuf noire avec un lymphome, vous ne vous imaginez pas combien c’est rafraîchissant de pouvoir rire indirectement de la maladie.

Peu de séries s’y risquent. Le cancer c’est THE sujet touchy de notre époque. Il y’a toujours une telle lourdeur quand on aborde le sujet. Ce n’est pas le cas dans The Politician.

Vous pourrez croire que je suis fan de la série à me lire. J’ai plein de trucs négatifs à dire dessus en vrai. Mais elle va pour sûr devenir fournisseur de meme et ça je vis pour !

Pour cette première saison, ce que j’en dis, si vous avez un peu de temps à tuer, donnez une chance à la série, qui aborde sans langue de bois les questions politiques, cancer et co.

Qui sait ? Elle pourrait peut-être vous surprendre…

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Je suis une femme noire et je n’ai jamais regardé When They See Us

La victoire de l’acteur Jharrel Jerome aux Emmys me comble de joie, pourtant des mois après la sortie de la série When They see Us sur Netflix, elle me dérange toujours autant.

Oui je sais je suis assez contradictoire mais la vie est ainsi faite. Je n’ai que de l’amour pour Ava Duvernay qui a créé cette mini série.

Le pitch pour celleux qui n’ont pas suivi : Cinq adolescents noirs (c’est important de le souligner) se retrouvent au mauvais endroit et au mauvais moment, et vont être contraints d’avouer un crime qu’ils n’ont pas commis : le viol d’une joggeuse àCentral Park.

Ils seront condamnés et passeront de longues années en prison jusqu’au jour où les aveux du véritable violeur (blanc) permettront enfin de les innocenter.

J’ai décidé que je n’allais pas regarder la série car ça sera sans moi pour l’ère du trauma porn, j’ai déjà donné. Dix ans qu’on romance les violences policières tellement que ça devient de plus en plus de la fiction pour les gens. Tout ce matraquage médiatique autour d’une histoire aussi poignante m’a beaucoup gênée. J’en ai marre que la souffrance noire ne soit légitime que pour nourrir la société du spectacle de nos corps et de nos vies broyés par tout un système.

Voilà en tant que femme noire ce que j’en ai à dire. Ce qui me fait me poser encore la question, qui est vraiment la cible pour ce genre d’histoires ?

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Lana Fucking Del Rey

C’est marrant la perception que tout le monde a de Lana Del Rey juste parce qu’elle est blanche. Elle aura beau appeler un album Norman Fucking Rockwell, la presse lui collera toujours une étiquette de sainte nitouche à chaque fois.

Quand Le Parisien titre Lana Del Rey : un nouvel album tout en douceur je me demande vraiment si on a écouté le même album. Parce que bon l’album débute par un : « Goddamn, man-child

You fucked me so good that I almost said, « I love you » ».

Peu importe le nombre de Fuck, shit, bitch par chanson, elle garde pour les médias cette image de blanche pure et douce.

Extrait de la critique du Parisien

À la limite on pourrait dire que ce disque a un vibe nostalgique. Mais c’est le cas pour tout avec Lana Del Rey c’est dans ce qu’elle dégage, on la croirait sorti tout droit d’une gravure des années 60, c’est pas nouveau.

Mais c’est pas parce que Lana Del Rey chuchote à vos oreilles, qu’on doit faire abstraction du fait qu’il y’a rien de délicat dans cet album. Ses lyrics sont assez crus, sa vidéo Doin’ Time a un côté voyeuriste que je ne lui reproche nullement mais qu’on ne peut pas ignorer. Des chanteuses noires comme Rihanna, Normani par exemple se sont fait hyper sexualiser pour moins que ça.

Imaginez le clip de Doin’ Time avec Nicki Minnaj à la place de Lana par exemple et ce serai déjà pas les mêmes éléments de langage.

Ma réaction devant Lana Géante et Dieu sait que je suis une meuf bizarre

Le même journal (Le Parisien donc) soulignait dans la même semaine le style provocateur de la rappeuse américaine pour parler de sa retraite par exemple. Alors qu’on leur a rien demandé…

Quand on vous dit que même en Pop Culture les perceptions sont influencées par la couleur de peau ! La preuve par A + B.

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Le racisme dans la culture du football

Thuram a ouvert une boîte de Pandore en critiquant le racisme lié à la culture du Football. Ses critiques font suite aux cris de singes reçus par Romelu Lukaku à Cagliari.

Il n’est pas si loin le temps où des joueurs noirs recevaient également des peaux de banane dans la gueule. Un supporter de Tottenham entendu par la police pour avoir jeté en 2018 une peau de banane en direction de l’attaquant gabonais d’Arsenal jurait ne pas être raciste pour un sou !

Des faits comme celui là il y’en a à la pelle chaque année.

Mais Pierre Mènes veut nous faire croire que le racisme dans le foot c’est Jean Mi qui ne monte pas sur le terrain parce qu’il est blanc. Même s’il est médiocre.

Vraiment ce ne sont ni les attaques gratuites, ni les cris de singes le racisme dans le foot. Non non, le gros problème du c’est l’absence de Jean Mi.

Si ça c’est pas du grand complexe de supériorité

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Riverdale, 13 Reasons Why : Quand la misogynoir est au cœur des fandoms de séries teens US

Cette semaine on a eu droit à la sortie d’une troisième saison pas nécessaire sur Netflix de 13 Reasons Why ; l’une de leurs séries phares pour ados. L’actrice Grace Saif, qui joue une certaine Ani dans la série a supprimé tous ses réseaux sociaux. La raison ? Des fans ont essayé de l’intimider en écrivant des commentaires sur Internet car iels sont racistes, iels n’aiment pas son personnage.

L’actrice Grace Saïf

Le but de la série est de sensibiliser sur le harcèlement, on pourrait donc penser que les fans y réfléchiraient à deux fois. Et ben non ! Avouez que c’est quand même le comble pour une série censée lutter contre le harcèlement (lol) mais ça ne nous surprend plus l’harcèlement quotidien d’actrices noires.

Sur Twitter l’actrice de Riverdale (encore un teen show Netflix décidément) Ashleigh Murray a confié avoir elle aussi été victime d’insultes à caractère raciste.

Des gens m’ont traitée de singe, de trash, dit que j’étais une ratée, une noire sans classe, et m’ont dit de sauter dans un four parce que… Josie a embrassé Archie » écrit-elle

Le problème avec cette misogynoir qui s’étale sur les réseaux, c’est qu’elles ne sont pas vu comme des actrices mais plutôt des objets d’une haine qui font que toutes les raisons sont bonnes pour les renvoyer à des comparaisons douteuses et racistes.

On a pu le voir à maintes reprises dans la Pop Culture que ce soit avec des jeunes chanteuses comme Normani ou des actrices noires, en particulier à l’ère des réseaux sociaux. Pour ne citer qu’elles : la façon dont les fans ont traité Candice Patton (Flash), Anna Diop (Titans), Grace Saif (13 Reasons Why) et Ashleigh Murray (Riverdale) nous prouvent que peu importe le talent, le jeu d’acteur, c’est bien le racisme qui est à la base de leur harcèlement en ligne.

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Le cas Asap Rocky : see when you do clownery

J’ai une pote qui raconte a qui veut l’entendre comment elle a fumé un joint avec Asap Rocky dans l’un de ces clubs In à Paris, et je me refais à chaque fois le film de comment ça se passerait différemment avec moi à sa place, ou si j’étais dans ce club avec elle. Enfin, remettons en contexte, j’ai eu pendant toute ma vingtaine un crush pour ses talents d’artiste, son génie musical, son style vestimentaire et j’en passe. Sauf que la brown skin girl que je suis n’aurait pas pu approcher Asap Rocky.

C’est bien le mec qui a déclaré darkskin girls shouldn’t wear red lipstick. Et de toute façon ce genre de boites m’aurait même pas laissé entrer.

Je n’aime même pas les boites de nuit et Asap s’en foutait des questions de races (sociales les races calmez-vous) c’est bien le mec qui a déclaré, je cite : I live in Soho and Beverly Hills. I can’t relate quand on lui parlait de morts pour violences policières.

Le mec qui est sorti avec que des meufs blanches, des modèles au corps de rêve si on en croit les diktats de la société. Les deux seules meufs noires dans le lot étaient Badgyal Ririh et Chanel Iman. Je ne suis clairement pas le soutien qu’il souhaite.

Par contre ses potes de la West Coast. Hormis Asap Ferg ; logique vu qu’il fait partie de l’Asap Mob sa clique quoi, bah on a pas non plus vu les soutiens défiler.

Justin Bieber a bien posté la pétition sur son Insta mais on se doute bien qu’en ce moment il a besoin de se faire mousser, surtout après l’épisode Taylor Swift.

Rihanna, Hailey Baldwin Bieber (elle y tient donc je précise) se sont bien fendu d’un seul post, 24h dans leur vie en gros. G-Eazy s’est également fait mousser en faisant le blanc conscient de ses privilèges tout ça parce qu’il a fait un seul jour en prison en Suède pour possession de drogue.

Le pire dans tout ça ? Ces contacts à Calabasas l’ont pas aidé. Kanye West a demandé à Kim Kardashian qui a demandé à Donald Trump d’aider le bougre. Eh ben il aurait pas dû vu le capital sympathie de Trump, les suédois voulaient rien lâcher et ont donc rallongé ses semaines en prison.

Pour conclure je n’ai qu’une seule chose à dire, surtout que tout ce que je lui souhaite avec tout son potentiel c’est d’avoir mûri pendant ces 3 semaines en cage.

Aujourd’hui il est libre et maintient que l’expérience l’a rendu humble. J’ose espérer que c’est le cas. C’est en tout cas tout ce que je lui souhaite !

Qui peut utiliser le terme Niafou ?

Alors c’est quoi le problème avec l’utilisation du terme Niafou par Disiz ?

Niafou qui représente un stéréotype de « la mauvaise noire » en tout cas comment elle est perçue par la société a toujours été utilisé par mépris de la femme noire.

Comme le N Word qui est utilisé par re appropriation par les noir.es, ce terme est utilisé par certaines pour combattre la politique de respectabilité, c’est le le cas des Afrofeministes Amandine Gay et Fania Noël avec le fameux Niafou is the New Punk. Si vous n’êtes pas une femme noire vous ne pouvez donc pas l’utiliser même si vous avez une fille, une femme, une tante noire.

Même si vous êtes un homme NOIR !

Les dingueries qu’on peut voir comme justification sur Twitter.

Ça fait chier non quand des blancs sortent des grands nigga alors que personne leur a rien demandé.

On aurait pu penser que le fait de subir des discriminations liés aux noms par exemple pour beaucoup d’hommes noirs rendraient plus sensibles aux poids des mots mais il semblerait que la mysoginoir ai encore de beaux jours à vivre. Quand c’est pas les moqueries sur le prénom Fatou, c’est du Rhiannon, Niafou.

En conclusion, si vous n’êtes pas une femme noire qui joue la carte de l’emporewment par la réappropriation, Ce mOT n’EsT pAs POUR VOUS.

Karl Lagerfeld était raciste, grossophobe et sexiste : deal with it

Avant de pleurer la mort de Karl Lagarfeld surtout si vous faites partie d’une quelconque minorité, sachez qu’il n’aimait probablement pas ce que vous représentez.

Il se passe en ce moment un truc merveilleux grâce aux réseaux sociaux, le boycott de Gucci et autres marques de mode par des célébrités entre autres pour cause de racisme et blackface. Ce n’est pas une surprise que le milieu de la mode est l’un des plus excluants qui soit, faisant régulièrement la une pour son lot d’attaques racistes, sexistes, grossophobes ou homophobes. Les marques de luxe semblent avoir fait du snobisme des minorités un sport. Et Karl Lagerfeld était l’un des plus dignes représentants de cette exclusion, ce qui n’est un secret pour personne. Sa grossophobie était légendaire et s’il a redoré le blason Chanel, les dommages collatéraux ne sont pas à prendre à la légère. En plein ère de body positivism, il refusait l’idée même de l’existence des mannequins grande taille.

Il y’a à peine deux ans, suite à ces propos racistes sur les migrants et les juifs chez Thierry Ardisson, de nombreux téléspectateurs et internautes avaient saisi le CSA. Sans surprise cela n’a servi à rien.

Karl Lagerfeld a fait la pluie et le beau temps pendant son règne chez Chanel et il serait dangereux de l’encenser en passant sous silence le pouvoir destructeur qu’il a également eu, en reproduisant les mêmes schémas d’une société sexiste, grossophobe et raciste. Non seulement il les reproduisait, mais sa position de force lui a permis par ses actions de continuer à mépriser les mannequins ne correspondant pas à ses critères.

Voilà un homme qui était déjà intouchable de son vivant, plusieurs associations ont demandé sa démission sans l’obtenir, et qui le deviendra encore plus devant un refus généralisé de traiter des questions qui fâchent.

En passant sous silence son pouvoir de nuisance, quel est le message envoyé aux futurs générations de créateur.es ? Que le talent excuse tout et donne le droit de traiter tout le monde avec mépris ?

Il est intéressant de voir comment la mort revêt de sainteté un homme qui ne nous aurait même pas donné l’heure de son vivant.

September Issue : les afro-américaines sont dans la place.

C’est du jamais vu pour une September Issue !

1 couverture par une afro-américaine originaire des Caraïbes.

1 couverture par une actrice africaine.

6 couvertures de magazine par des afro-américaines.

Quand on est une femme noire ne vivant pas aux États-Unis, peut-on vraiment profiter de la couverture médiatique des magazines de mode pour cette rentrée de septembre par des femmes afro-américaines ? Probablement pas.

Entendons-nous bien, je suis toujours de la team #Blackgirlismagic mais je tempère désormais mon enthousiasme, la rentrée de septembre est certes importante et voir autant de femmes noires en couv en 2018 fait toujours plaisir, mais je ne peux m’empêcher de penser que la femme noire en France reste aussi invisible qu’en 2014.

Car en effectuant une recherche rapide sur internet, tout ce que j’ai pu trouvé comme couvertures de femmes noires en France ce sont :

des stars afro-américaines,

des top model afro-américaines bref d’une couverture de Naomi Campbell à celui de Beyoncé en passant par Alicia Keys, in Joséphine Baker name, on sait l’amour que l’on porte ici aux stars noir.e.s. Cela nous a-t-il déjà profité ?

Je ne peux pas vous citer les magazines français ayant mis en couverture une afro-française ou afropolitaine, parce qu’à part Aissa Maiga j’ai du mal à trouver.

Si vous retrouvez des Une de magazines par des noires vivant en France je suis preneuse.

Qui sait ? C’est peut-être l’occasion d’ouvrir un débat.

This is Us et l’adoption interraciale

C’est la série phénomène de la rentrée, la série cumule des scores d’audience impressionnants, ce qui a suffi à attiser ma curiosité.

Synopsis : Il y a en moyenne 18 millions d’êtres humains qui partagent le même jour d’anniversaire à travers le monde. Mais il existe une famille, répartie entre New York et Los Angeles, dont quatre des membres sont nés le même jour ! Voici leur histoire drôle et émouvante…

Sachez déjà que ce drame familial ne se résume vraiment pas à ces deux phrases. Si les personnages m’ont tous un peu séduit, je vais continuer à suivre cette série pour une seule raison : elle parle d’adoption interraciale ce qui est assez rare pour être souligné. On peut suivre en partie la double vie de l’un des personnages principaux : Randall adopté qui navigue entre deux identités. Cette notion de dédoublement est très présente et la série essaie de l’aborder avec franchise. Comme ce moment ou la mère de Randall avoue son désarroi face à cet enfant qui peut parfois lui être étranger .

 

La série ne parle pas de l’adoption en survolant uniquement la question des liens de sang comme c’est fait dans à peu près toutes les séries sur l’adoption mais s’évertue à montrer tout au long des épisodes, certes dans une ambiance assez grand public et romancée, toutes les difficultés de l’adoption interraciale.

Dans un interview pour USA TODAY, l’acteur qui campe Randall  (Sterling K. Brown) le souligne :

« L’adoption, en particulier l’adoption interraciale, n’est pas souvent explorée à la télévision, il sera intéressant de voir la socialisation de Randall, comment il interagit avec la communauté afro-américaine, comment sa femme (Susan Kelechi Watson) le justifie … les luttes de ses parents pour lui présenter sa culture, les choses qu’ils doivent apprendre »

Je ne veux pas vous spoiler mais il y’a des moments de friction assez… intéressant qui permette de soulever des questions « tabous » concernant l’adoption interraciale tout au long de la première saison. young-randall-and-jack-gif

Attention cependant, je le rappelle la série reste bon enfant, ce qui explique son succès en terme d’audiences puis il n’y a pas que Randall comme personnage principal à suivre. On est loin d’une parole déconstruite sur la question mais on est également loin du discours visant à sacraliser le sujet.

*Si le thème de l’adoption interraciale vous intéresse, n’hésitez pas à faire un tour sur la page d’Amandine Gay : Mon adoption, ma narrration.*