Archives du mot-clé Serena Williams

Misogynoir à l’action : le traitement médiatique de Naomi Osaka

Le traitement de Naomi Osaka par les médias est profondément négrophobe et rien ne me fera changer d’avis sur le sujet. Prenez l’Equipe par exemple. Pour eux, la jeune femme est :

dépassée par la polémique qu’elle a initiée en décidant de boycotter les médias pour ‘préserver sa santé mentale’.

Petite mention pour les guillemets

Le choix des mots est important et dans un monde où Benoît Paire après son craquage médiatique était perçu comme « en détresse psychologique » pour reprendre les mots de RMC Sport, il est important de souligner le mauvais traitement des femmes racisées par les mêmes médias si compatissants envers les hommes. 

Ma principale préoccupation est le bien-être de Naomi Osaka mais nous devons avoir une conversation sur le biais misogynoir dans cette situation… 

Ce n’est pas une première, les femmes athlètes noires sont TOUJOURS mal perçues. Une tendance très claire se dégageant à chaque fois : le biais raciste et sexiste toujours présent. 

La journaliste Douce Dibondo le rappelle d’ailleurs sur Twitter. Cette fois le discours misogynoir est « un zeste coloriste. Osaka est qualifiée de «princesse», «capricieuse», «étoile vacillante » quand Williams était caricaturée en muffle, énervée, caractérielle. L’une incarne une féminité à corriger et renforcer, l’autre… est dénié de féminité parce que noire foncée».

On voit donc que tous les moyens sont bon pour dire à ses femmes de « rester à leur place ». Celle qu’on veut bien leur assigner. Et si elles ont le malheur de ne pas correspondre à l’image que le monde attend d’elles, c’est une descente en flammes.

Serena Williams le comprends d’ailleurs trop bien, « J’aimerais la prendre dans mes bras parce que je suis passée par là aussi », explique -t-elle lorsqu’on lui apprend que sa jeune consœur déclare forfait.

Car elle sait comment les femmes noires sont traitées lorsqu’elles donnent la priorité à leur santé mentale. Ce qui ne change pas avec une société misogynoir c’est que la souffrance des femmes noires (ou perçues comme telles) compte pour du beurre. Toujours minimisée, déshumanisée, telle est la place de la femme noire dans les médias.

#Representationmatters Pourquoi real Qai Qai est important dans la Pop culture

Connaissez-vous real Qai Qai ? Oui je parle bien de la poupée de la fille de Serena Williams. Je n’aurais jamais cru que je parlerais d’une poupée ici mais il y’a une première fois à tout.

Et tant qu’à faire, autant débuter avec real Qai Qai ! Si les aventures de cette poupée sur les réseaux sociaux avaient l’air d’un simple jeu à ses débuts, avec 10 000 abonnés sur Twitter et 60 000 sur Instagram, elle est en train de devenir une véritable star.

Pour être juste, les poupées noires ne sont pas une nouveauté contrairement à ce qu’on peut/veut penser. Personnellement j’avais une poupée noire à la fin des années 90 dans le même genre que real Qai Qai. Elle n’a pas fait long feu, et à ma décharge c’était le cas pour toutes mes poupées, j’étais encore plus mauvaise mère qu’Olympia (la fille de Serena Williams)

Real Qai Qai à la plage ne vivant pas sa meilleure vie hashtag mère indigne 🤷🏾‍♀️

Mais Serena Williams apporte une dimension quasi politique à la vie de baby doll de mon influenceuse préférée du moment, la rendant inspirante. Car la poupée a désormais un site de goodies à son effigie et 100% des ventes utilisés pour offrir des poupées noires à des petites filles noires.

On peut se dire que c’est une vaine cause de s’intéresser à la poupée avec laquelle joue un enfant noir. Pourtant je n’oublierai jamais l’expérience télévisuelle où il est demandé à des fillettes noires en bas âge de choisir la plus jolie des poupées entre une poupée blanche et une poupée noire. La blanche a le plus de succès quand la noire est décrite en termes peu flatteurs.

>>> Test black doll

Si ce test n’est pas la preuve que ce monde a besoin de plus de poupées non blanches, je ne sais pas ce qu’il nous faut pour admettre que nous devons réviser nos normes de beauté pour être inclusives.

Pour toutes ces raisons, et parce que Serena Williams est la première à avoir utilisée son influence en tant que personnalité publique pour mettre en avant une poupée noire pour sa petite fille noire, real Qai Qai est pour moi ce qu’il nous manquait dans la culture populaire.