Archives du mot-clé sexisme

The One Netflix est une série écrite par un homme et ça se voit

ATTENTION SPOILERS – Tu sais cette impression tu as quand tu es une femme et que tu sais qu’une œuvre est écrite par un homme ? C’est exactement ce que j’ai ressenti en regardant la série The One de Netflix.

Toujours en tête des séries les plus vues en ce moment sur Netflix France, j’ai maté The One en deux jours et je ne comprends pas la hype.

The One suit la découverte révolutionnaire d’une équipe de chercheurs. Celle-ci met au point un test ADN qui permet d’identifier celui ou celle qui vous est réellement destiné : votre âme sœur. Cette trouvaille représente un réel espoir de trouver l’amour pour les célibataires, et se révèle très lucrative. Elle va aussi mettre en péril d’anciens couples »

Control freak, manipulatrice, menteuse compulsive : la série nous a tout fait et on le comprend vite : les anti-héros se sont les femmes. Ou plutôt les méchantes c’est selon. Disons les choses : Je n’ai rien contre les anti-héros mais la perso principale Rebecca Webb, qui est celle qui est à la tête de l’entreprise The One m’a crispée à chaque décision qu’elle a prise.

À ce stade je ne sais toujours pas si Howard Overman qui a écrit la série a voulu en faire une femme forte, pour moi ce qu’on nous dépeint est trop proche de la caricature. « Espèce de pétasse » lui lancera d’ailleurs James, le chercheur brillant à qui on doit la découverte à un moment. Lui pauvre âme pris dans les filets d’une manipulatrice. Les hommes sont tout le long les grandes victimes de cette histoire. Le plus improbable c’est le couple Mark et Hannah Bailey. Une femme jalouse à l’excès qui au lieu de chercher son âme sœur, va chercher celui de son mari et s’attirer bien évidemment bien des problèmes. Mais qui fait ça ?

Dans une société patriarcale, le fait d’écrire une telle série même si c’est basé sur un livre (écrit par un homme) est un choix artistique fait par un esprit masculin et ça se voit. En 2021 j’attends mieux de Netflix, de notre société, des séries qui buzzent.

La seule femme du côté des bons (la police lol) fera littéralement tout son possible pour combattre la seule femme de l’équipe des méchants (la dirigeante de The One). Parce que combattre des hommes n’est pas une option dans l’œuvre. Y’a pas moyen, les hommes sont tous des victimes dans tous les cas.

.

Karl Lagerfeld était raciste, grossophobe et sexiste : deal with it

Avant de pleurer la mort de Karl Lagarfeld surtout si vous faites partie d’une quelconque minorité, sachez qu’il n’aimait probablement pas ce que vous représentez.

Il se passe en ce moment un truc merveilleux grâce aux réseaux sociaux, le boycott de Gucci et autres marques de mode par des célébrités entre autres pour cause de racisme et blackface. Ce n’est pas une surprise que le milieu de la mode est l’un des plus excluants qui soit, faisant régulièrement la une pour son lot d’attaques racistes, sexistes, grossophobes ou homophobes. Les marques de luxe semblent avoir fait du snobisme des minorités un sport. Et Karl Lagerfeld était l’un des plus dignes représentants de cette exclusion, ce qui n’est un secret pour personne. Sa grossophobie était légendaire et s’il a redoré le blason Chanel, les dommages collatéraux ne sont pas à prendre à la légère. En plein ère de body positivism, il refusait l’idée même de l’existence des mannequins grande taille.

Il y’a à peine deux ans, suite à ces propos racistes sur les migrants et les juifs chez Thierry Ardisson, de nombreux téléspectateurs et internautes avaient saisi le CSA. Sans surprise cela n’a servi à rien.

Karl Lagerfeld a fait la pluie et le beau temps pendant son règne chez Chanel et il serait dangereux de l’encenser en passant sous silence le pouvoir destructeur qu’il a également eu, en reproduisant les mêmes schémas d’une société sexiste, grossophobe et raciste. Non seulement il les reproduisait, mais sa position de force lui a permis par ses actions de continuer à mépriser les mannequins ne correspondant pas à ses critères.

Voilà un homme qui était déjà intouchable de son vivant, plusieurs associations ont demandé sa démission sans l’obtenir, et qui le deviendra encore plus devant un refus généralisé de traiter des questions qui fâchent.

En passant sous silence son pouvoir de nuisance, quel est le message envoyé aux futurs générations de créateur.es ? Que le talent excuse tout et donne le droit de traiter tout le monde avec mépris ?

Il est intéressant de voir comment la mort revêt de sainteté un homme qui ne nous aurait même pas donné l’heure de son vivant.